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vendredi 19 juillet 2024

« LES FOUS DE BASSAN »

 

« LES FOUS DE BASSAN »

CHANTS DE MARINS ET DE LA MER







Dimanche 17 décembre, la chorale des Fous de Bassan va se produire dans son fief du Pouliguen avec une nouvelle chanson à son programme. « C’est Nabum » a eu l’agréable surprise d’apprendre que ce groupe avait choisi de prendre un de ses textes : « Le Mousse ». C’est l’occasion de faire un peu mieux la connaissance de ces drôles d’oiseaux de mer et de scène.


Association 1901, le groupe a été fondé en 2003 avec pour objectif de faire revivre les chants traditionnels de marin tout en créant des œuvres contemporaines autour du monde de la mer. Elle participe à de nombreuses manifestations dans une région très touristique. C’est ainsi que nous les avions rencontrés alors qu’ils participaient à une visite chantée du musée du sel puis le lendemain ils chantaient pour animer un podium en front de mer au Pouliguen.


Vingt quatre chanteurs sont répartis en trois pupitres sous la direction d’une maître de chœur qui dirige avec brio la chorale tout en jouant de l’accordéon chromatique. Elle s’appuie encore sur trois autres musiciens qui jouent de différentes guitares, d’un bouzouki, un ukulélé et d’un Djembé pour les percussions ainsi que de cuillères canadiennes.


Les Fous de Bassan ont déjà trois albums à leur actif. Le prochain sortira à cette occasion avec un texte de Nabum. Les précédents datent de 2008, 2011 et 2014. Vous pouvez les contacter en écrivant à leur responsable : jpoirier@club-internet.fr

Leur site vous proposera une agréable balade dans leur univers musical www.lesfousdebassan.fr


C’est au fil des rencontres comme celle de C’est Nabum mais aussi de beaucoup d’autres amoureux des mots et des notes que le programme du groupe a évolué vers des programme original et parfaitement en adéquation avec leur localisation. S’ils conservent quelques chants traditionnels connus de tous, ils ont le soucis de donner à leur chorale une couleur très personnelle en adaptant des textes existants ou en allant quérir des compositions inédites. Dans le groupe, le guitariste est à ce titre le poète et mélodiste de talent de la joyeuse bande.


Leurs chants vous proposent un voyage à travers le monde en s’accordant de belles escales dans différents ports où il se passe toujours quelque chose. Toutes les occasions leur sont bonnes pour chanter et distraire un public toujours enchanté par une prestation de qualité durant laquelle la bonne heure est la règle.


Vous pouvez donc, sans hésiter, faire appel à eux pour animer vos fêtes et soirée. Vous verrez débouler un groupe qui fleure bon l’esprit du large et de la convivialité.


Article


=> https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/le-pouliguen-44510/les-fous-de-bassan-en-concert-le-17-decembre-au-pouliguen-5423595


Vidéos :


=> http://www.dailymotion.com/video/x5lwo1

=> https://www.youtube.com/watch?v=RNeH6eD_Q2k

 




Le mousse



C'est à treize ans que je partis

À l'aventur' loin de chez moi

Mon enfance était bien finie

L'océan m'imposant sa loi

J'ai dû dormir sur le hamac

Mes nuits peuplées de cauchemars

Cherchant tout au fond de mon sac

Un vieux souvenir de Dinard


Pauvre petit mousse éperdu

Au beau milieu des grandes vagues

La terre à tout jamais perdue

Lorsque mes pensées y divaguent


Je me souviens qu' un vendredi

Mon père m'a jeté sur un pont

Moi le cadet de la fratrie

J'étais de trop à la maison

Le capitaine a fait la tête

Il est maigrichon ton garçon

J'espère que dans la tempête

Ne finira pas au bouillon


R


J'ai découvert la vie austère

De nos marins sur un bateau

Le dur labeur en pleine mer

L'enfer et les jours de grand beau

J'ai dû subir de l'équipage

Des moqueries, des sales farces

Des avanies et des outrages

Mais je n'ai pas perdu la face


R


Puis j'ai grandi et à mon tour

Au nouveau mousse sans pitié

J'ai fait subir sans nul détour

Tout ce qui m'avait fait pleurer

Envers tous ces gamins déchus

Et ballottés dans la tourmente

Dont l'enfance est déjà perdue

La mer se fait si violente ...


Pauvre petit mousse éperdu

Au beau milieu des grandes vagues

La terre à tout jamais perdue

Lorsque ses pensées y divaguent

 


 

samedi 13 juillet 2024

Le prix de la culture.

 

Au chapeau.






De plus en plus de lieux, initialement destinés à tout autre chose, proposent en catimini des spectacles l’information circulant le plus souvent de bouche à oreille ou par la magie des courriels afin d’échapper à l’hydre Sacem. La musique se meurt de ce monstre avide qui réclame sa part pour servir les plus grands et ignorer les petits artisans locaux de la chanson. Beaucoup s’efforcent de contourner ce Racket en agissant ainsi et tendent ensuite un chapeau pour dédommager les artistes.


Nous n’ignorons pas que pour le fisc, cela s’apparente à du travail au noir. C’est un affreux crime contre le Trésor Public, une odieuse dissimulation de revenus, colossaux à n’en point douter. Il est préférable d’en rire avant que de plonger la main dans ledit chapeau pour en compter les pièces. Certains n’ont pas oublié le temps lointain où ils se rendaient à la messe et leur reconnaissance se mesure à l’aulne de quelques piécettes …


Il se joue là, non pas la farce de la pingrerie, je ne me permettrais pas de pointer du doigt cet affreux travers, mais bien la considération que ces gens peuvent avoir pour ceux qui viennent les distraire. Ils ne se rendent nullement compte de la somme de travail et d’investissement humain et financier qui se cache derrière un spectacle, fut-il modeste. Des heures de création, de réflexion, répétition, de mise au point ainsi que l’achat d’un matériel toujours plus onéreux et sophistiqué.


C’est certes pour nombre de ces amateurs éclairés, un plaisir tout autant qu’un loisir. Ils ne désirent ni fortune ni d’en faire un métier, ils souhaitent simplement qu’on reconnaisse à sa juste valeur ce qu’ils font du mieux de leur possible. Il est certain que souvent ils souffrent de la comparaison avec les vedettes exposées sur les écrans, mais de là à penser que ce qu’ils proposent ne vaut que des roupies de sansonnet, il y a un monde.


J’ai eu le déplaisir de découvrir dans un chapeau une somme si considérablement ridicule que j’en tirai deux conclusions diamétralement opposées. Ma prestation était d’une insignifiance et d’une médiocrité rares, ce qui m’interroge alors sur la résistance de ces gens qui sont restés jusqu’à son terme, supportant plus de 90 minutes d’inepties abracadabrantes sans même songer à partir alors qu’il n’avait rien déboursé pour être là ou bien ces braves gens n’avaient strictement aucune idée de la somme à débourser pour un spectacle.


Je penche, sans doute par orgueil et vanité pour la seconde hypothèse. Mettre ainsi dans le chapeau en moyenne un tout petit peu plus de deux euros par personne, cela relève du denier de l’inculte. La somme récoltée ne couvrant même pas les frais de déplacement, la mesure était bien plus pleine que la bourse.


Vous pouvez penser à juste raison que ces spectateurs se sont en agissant ainsi honorés d’une obligation avant que de s’enfuir à toutes jambes. Ce serait légitime tant leur geste semble exprimer un mécontentement profond. Mais il n’en est rien, ils sont restés pour discuter, dire leur satisfaction et le bon moment qu’ils avaient passé en ma compagnie. C’est donc qu’il n’avait aucune conscience de la signification exacte de ce chapeau qui circula dans la salle…


C’était pour l’essentiel un public qui n’avait sans doute pas l’habitude de se rendre dans une salle de spectacle. Dans un petit bistrot très rural, ils étaient venus passer un bon moment, se divertir et prendre une ou deux consommations. Leur geste atteste simplement du peu de crédit qu’ils accordent au spectacle vivant, de l’absence totale de repères qu’ils ont en ce domaine et non d’un mépris ou d’une indifférence désolante. Ironie du sort, le soir-même, j’étais à mon tour spectateur d’un spectacle au chapeau. Il fut formidable et je glissai dans ce réceptacle à obole autant que ce que j’avais laissé à mon partenaire quelques heures auparavant ce qui fit sourire un ami averti de mes déboires et qui m’en fit la remarque.


Qu’en conclure ? J’avoue ne pas trop savoir même si j’ai la ferme intention de ne pas renoncer à me rendre à de tels rendez-vous, fusse au prix de quelques désagréments pécuniaires. Je suis convaincu de la nécessité de me produire là où le conte habituellement ne vient jamais, loin d’un public averti et habitué. Si le risque est de recevoir de tels chapeaux, j’en accepte le prix à payer. À votre bon cœur messieurs dames.


 


vendredi 28 juin 2024

Le prix de la culture.

Il y a de quoi manger chapeau.





De plus en plus de lieux, initialement destinés à tout autre chose, proposent en catimini des spectacles l’information circulant le plus souvent de bouche à oreille ou par la magie des courriels afin d’échapper à l’hydre Sacem. La musique se meurt de ce monstre avide qui réclame sa part pour servir les plus grands et ignorer les petits artisans locaux de la chanson. Beaucoup s’efforcent de contourner ce Racket en agissant ainsi et tendent ensuite un chapeau pour dédommager les artistes.


Nous n’ignorons pas que pour le fisc, cela s’apparente à du travail au noir. C’est un affreux crime contre le Trésor Public, une odieuse dissimulation de revenus, colossaux à n’en point douter. Il est préférable d’en rire avant que de plonger la main dans ledit chapeau pour en compter les pièces. Certains n’ont pas oublié le temps lointain où ils se rendaient à la messe et leur reconnaissance se mesure à l’aulne de quelques piécettes …


Il se joue là, non pas la farce de la pingrerie, je ne me permettrais pas de pointer du doigt cet affreux travers, mais bien la considération que ces gens peuvent avoir pour ceux qui viennent les distraire. Ils ne se rendent nullement compte de la somme de travail et d’investissement humain et financier qui se cache derrière un spectacle, fut-il modeste. Des heures de création, de réflexion, répétition, de mise au point ainsi que l’achat d’un matériel toujours plus onéreux et sophistiqué.


C’est certes pour nombre de ces amateurs éclairés, un plaisir tout autant qu’un loisir. Ils ne désirent ni fortune ni d’en faire un métier, ils souhaitent simplement qu’on reconnaisse à sa juste valeur ce qu’ils font du mieux de leur possible. Il est certain que souvent ils souffrent de la comparaison avec les vedettes exposées sur les écrans, mais de là à penser que ce qu’ils proposent ne vaut que des roupies de sansonnet, il y a un monde.


J’ai eu le déplaisir de découvrir dans un chapeau une somme si considérablement ridicule que j’en tirai deux conclusions diamétralement opposées. Ma prestation était d’une insignifiance et d’une médiocrité rares, ce qui m’interroge alors sur la résistance de ces gens qui sont restés jusqu’à son terme, supportant plus de 90 minutes d’inepties abracadabrantes sans même songer à partir alors qu’il n’avait rien déboursé pour être là ou bien ces braves gens n’avaient strictement aucune idée de la somme à débourser pour un spectacle.


Je penche, sans doute par orgueil et vanité pour la seconde hypothèse. Mettre ainsi dans le chapeau en moyenne un tout petit peu plus de deux euros par personne, cela relève du denier de l’inculte. La somme récoltée ne couvrant même pas les frais de déplacement, la mesure était bien plus pleine que la bourse.


Vous pouvez penser à juste raison que ces spectateurs se sont en agissant ainsi honorés d’une obligation avant que de s’enfuir à toutes jambes. Ce serait légitime tant leur geste semble exprimer un mécontentement profond. Mais il n’en est rien, ils sont restés pour discuter, dire leur satisfaction et le bon moment qu’ils avaient passé en ma compagnie. C’est donc qu’il n’avait aucune conscience de la signification exacte de ce chapeau qui circula dans la salle…



C’était pour l’essentiel un public qui n’avait sans doute pas l’habitude de se rendre dans une salle de spectacle. Dans un petit bistrot très rural, ils étaient venus passer un bon moment, se divertir et prendre une ou deux consommations. Leur geste atteste simplement du peu de crédit qu’ils accordent au spectacle vivant, de l’absence totale de repères qu’ils ont en ce domaine et non d’un mépris ou d’une indifférence désolante. Ironie du sort, le soir-même, j’étais à mon tour spectateur d’un spectacle au chapeau. Il fut formidable et je glissai dans ce réceptacle à obole autant que ce que j’avais laissé à mon partenaire quelques heures auparavant ce qui fit sourire un ami averti de mes déboires et qui m’en fit la remarque.


Qu’en conclure ? J’avoue ne pas trop savoir même si j’ai la ferme intention de ne pas renoncer à me rendre à de tels rendez-vous, fusse au prix de quelques désagréments pécuniaires. Je suis convaincu de la nécessité de me produire là où le conte habituellement ne vient jamais, loin d’un public averti et habitué. Si le risque est de recevoir de tels chapeaux, j’en accepte le prix à payer. À votre bon cœur messieurs dames.





jeudi 27 juin 2024

Il espérait qu'on l'écoute

 

Ça te play ?





Il espérait qu'on l'écoute

Drôle d'exigence sans doute

Se contente d'être filmé

Illusoire notoriété


Son tour de chant en public

Provoque un effet magique

Tout au bout d'une main tendue

L'écran pour qui a la berlue


Saltimbanque se réjouit

Des œilletons braqués sur lui

Sa musique immortalisée

Lui promet la célébrité

•••

Si l'appareil enregistre

L'opérateur quel cuistre

Au beau milieu du refrain

Bavarde avec son voisin


Et le chanteur de s'étonner

Qu'on puisse ainsi lui dérober

Tout une part de lui même

Sans récolter ce qu'il sème

•••

Le petit extrait oublié

Un autre sera enregistré

Le repoussant dans le néant

De cette mémoire sans présent


L'artiste ne fut qu'un décor

Pour ces trop nombreux pécores

Un misérable prétexte

Sans se soucier de ses textes

•••

Quand se présente le chapeau

Les téléphones sont fardeau

Pour qui a pris sans demander

Et surtout n'entend rien donner


L’intermittent que c'est navrant

A grand besoin de cet argent

Que lui refuse désormais

Qui ne dispose plus de monnaie

•••

Pourtant ce maudit portable

Pour payer carte sur table

Facilite opportunément

Tous les nombreux autres paiements


Le musicien n'a pas accès

Au petit boîtier qui permet

De recevoir rétribution

Pour sa belle prestation

•••

Il espérait qu'on l'écoute

Drôle d'exigence sans doute

Se contente d'être filmé

Illusoire notoriété


mardi 25 juin 2024

Je brasse du vent

Je brasse du vent

Rohan Le Barde






Je brasse du vent car je suis un penseur

Je pense les mots, je pense les sons

Je pense le verbe et pense le ton,

Je suis un penseur,  je brasse du vent.



Je brasse du vent, car je suis un rêveur

Je pense la forme, je pense le fond

Je pense les couleurs, pense les dimensions,

Je suis un rêveur,  je brasse du vent.



Je brasse du vent, car je suis un chanteur

Je pense la rime, je pense le temps

je pense l'harmonie, je pense l’accent

Je suis un chanteur,  je brasse du vent.



Je brasse du vent, car je suis un conteur

Je pense l’histoire, je pense la clameur

Je pense la fable, je pense la rumeur

Je suis un conteur,  je brasse du vent.


jeudi 13 juin 2024

Elles ne coulent pas de source.

Mes fariboleries





N'est pas La Fontaine qui veut, il convient de savoir rester à sa place d'autant plus que je n'ai guère la réputation d'être un individu affable. Partant de ces constats qui poussent à l'humilité et la prudence, il était hors de question de prétendre écrire des fables même si la tentation de la morale et le goût exacerbé de dépeindre notre société peuvent donner l'illusion que le maître demeure source d'inspiration.


Comme il est plus raisonnable de ne jamais affirmer : « Fontaine, je ne boirai jamais de ton eau ! » il a fallu biaiser et trouver niche littérale pour y glisser quelques sornettes animalières à visée éducative et plaisante. Singeant le grand homme, le manichéisme y est de bon aloi tandis que la faune y conserve la part du lion.


Ainsi donc sont nées des fariboleries qui ne resteront pas dans les annales tant il n'est plus permis de se gausser de nos travers et plus encore de ceux des canailles qui se pensent les maîtres du monde. Le genre est d'autant plus obsolète qu'il se prive des deux mamelles du succès de l'époque : grossièreté et vulgarité tout en empruntant le chemin escarpé et totalement délaissé de la rime et de la métrique.


Pour ce dernier point, votre auteur, loin d’être un homme de plume, s'émancipe largement de la rigueur versificatrice qu'il convenait autrefois à nos chers fabulistes. Ces petits textes ne sont que pauvres fariboles, misérables sornettes, humbles facéties qui ne prétendent ni à la postérité, ni même à un lectorat de masse. Quant aux enfants, il est fort improbable qu'un enseignant s'aventure à leur offrir de telles âneries. Il a bien mieux en rayon en ce domaine, dans la littérature destinée à la jeunesse.


Il ne reste donc plus qu'une poignée d'irréductibles dinosaures antédiluviens pour prendre le risque de perdre leur précieux temps à décrypter des textes qui sont écrits en français, handicap suprême, avec pour ne rien arranger, des mots écrits dans leur entièreté. S'il faut ajouter à ce triste tableau, des formulations alambiquées, des mots compliqués, des verbes qui sont conjugués sur tous les modes et vous comprendrez que seul un public averti et en voie de disparition pourrait faire l'effort de lire une Faribolerie.

 Article

République du Centre
 


Si jamais vous êtes du nombre des élus, prenez donc la peine d'en parcourir quelques-unes. Il convient cependant d'ajouter une réserve supplémentaire et de taille. La pratique m'a administré terrible constat et j'ai grand souci de vous épargner pareille déconvenue. Mes fariboleries mettant en scène des animaux, j'ai eu la fort mauvaise idée de les illustrer de photographies animalières. La facilité tout autant que l'usage désormais habituel m'a valu des encouragements, des appréciations et parfois des commentaires de la part de cossards qui n'avaient regardé que les illustrations, s'épargnant le pensum de la lecture. J'en fus à chaque fois fort marri tout autant qu'exaspéré que ces gens se permettent une telle facilité.


Autre curiosité, le nombre de ces fameux pouces bleus pointant le ciel, forme la plus élaborée de la pensée contemporaine, ne sont nullement en relation avec le compteur des petites vidéos accompagnant la faribole. Ceci démontre à l'évidence, que l'appréciation est désormais une aimable preuve de politesse, sans que ce fut une réaction subséquente. L'absence de fondement à l'opinion étant naturellement la marque de fabrique de notre société.


Vous disposez désormais de l'information utile à votre venue éventuelle dans l'univers de mes fariboleries. Si l'épreuve vous parait insurmontable, je ne peux vous en tenir rigueur à la condition que vous n’en veniez pas troubler mon onde pure. Épargnez-vous donc toute forme de flagornerie illusoire, mon misérable ramage n'a pas à se mesurer à l'aulne de votre plumage.

 


 


mardi 11 juin 2024

Ne peut être La Fontaine qui veut

 

Fariboles à Bou ...




Ne peut être La Fontaine qui veut

Surtout au bord de la rivière

Il est prudent de marcher sur des œufs

Pour le singer à sa manière …


Pour qui cherche la petite bête

Le modèle ouvre bien des portes

Quand les animaux sont à la fête

Afin que la morale l'emporte


Prenant alors moult précautions

C'est un piètre versificateur

Qui d'un bestiaire, a l'ambition

De suivre les pas du fabulateur


Quand l'âne bâté tiendra la plume

Les manants auront le mauvais rôle

La tête posée sur une enclume

Ils ne le trouveront pas si drôle


À proximité d'une binette

Bien des fables feront alors leur trou

Les amis de la bibliothèque

Sont conviés à en venir à bout


Sans nulle prétention un sacripant

Déclamera quelques fariboles

Pour amuser les petits et les grands

De métaphores en paraboles


Au terme de ce curieux pensum

Lors d'un moment plus récréatif

On bâillonnera alors C''Nabum

Afin de jouir d'un apéritif


Toutes ces bouches enfin déliées

La convivialité à l'honneur

Un repas froid sortira des paniers

Pour le plus grand plaisir des spectateurs


Qui fut contraint de tendre l'oreille

Aime ensuite à se remplir le gosier

La bouche n'a jamais son pareil

Pour satisfaire le bêtisier


Les vers se griment alors en verres à pied

La rime se boit à petite gorgée

Une conclusion qui à tous sied

Sans que la morale en soit écornée

•••


 



lundi 3 juin 2024

Certains savonnent la planche

 

Savonner la planche




Certains savonnent la planche

D'autres coupent l'herbe sous le pied

Pour lui, même un dimanche

Le risque existe du contre-pied


Celui qui entend décoller

Prendra une course d'élan

Une scène comme marche-pied

Une grange c'est épatant


Un parterre bien disposé

Sans poulailler pour faire le coq

Une date obtenu d'arrache-pied

Dans cette vieille bicoque


Une scène ouverte pour commencer

Le plaisir du partage, vraiment

La poésie, de plain-pied

Ouvre la séance, c'est charmant


Le tremplin pour continuer

Un habitué venu de loin

Une sorte de comique troupier

À qui l'on offre un « rabicoin »


Le succès paiera sa tournée

Les spectateurs rient aux éclats

Lorsque arrive à cloche pied

Celui qui met fin aux débats


Maintenant ferme ton clapet

Et cesse ici de faire l'âne

Un bien vilain coup de pied

Pour cet artiste qu'on profane


Tu n'es ici qu'un hors-d'œuvre

Préambule ridicule

Pour celle qui a pied-d'œuvre

Offre un numéro majuscule


Place à la grande vedette

Son tour de chant doit débuter

Car c'est au pied de la lettre

Que s'achèvent tes simagrées


Et sans même se retourner

Range ses cliques et sa claque

Met alors le pied au plancher

Pour sortir de ce cloaque

•••

 

mercredi 28 février 2024

Une veillée contée …

 

Quand le Bonimenteur s'invite à votre table !





Les journées s'étiolent comme peau de chagrin, la nuit enveloppe toutes nos soirées de son manteau d'étoiles. Les fêtes des villages ont cessé de nous donner la parole, les grands moments passés en bord de rivière à festoyer au son de nos musiciens ne me font guère de place. Je me sens bien triste à l'idée de ne plus conter ; l'envie étant trop grande pour accepter ce silence forcé.


J'ai décidé de voler de mes propres ailes pour aller rencontrer de petits groupes qui auraient envie de s'associer à ce bonheur simple : le partage d' histoires. Le conteur frappe à votre porte, il entre sur la pointe des pieds pour participer à un repas entre amis. Les présentations sont faites, évasives, pour ne pas briser l'effet de surprise. Je serai un des leurs et j'aurai bien des choses à apprendre d'eux



Nous entrons alors dans le merveilleux des soirées impromptues. Les conversations se font et se défont : magie du « chapeau de paille – paillasson » qui a enchanté notre enfance. Dans mes interventions parfois je glisse la Loire, cet amour que j'ai pour son histoire et ses légendes. Les hôtes m'ont présenté comme une relation amicale, rencontrée un jour de fête ligérienne. J'écoute surtout pour mieux les connaître, prendre plaisir à ce contact et trouver matière à glisser quelques parts d'eux dans les futurs contes.


Le repas se termine, les ventres repus ont toujours bien plus d'oreilles que ceux qui gargouillent. Il faut retenir ce sage précepte au risque de ne pas être écouté. Rien n'est d'ailleurs plus fugace que l'attention de nos amis à l'heure de l'apéritif : moment le moins propice aux récits comme aux confidences.



Plus tard dans le repas, il est possible parfois de faire une pause, de se lever et de partir au pays des songes. Tout dépend alors de la qualité du vin qui repose dans les verres. Certains permettent de devancer le moment du récit, surtout quand ils sont de Loire. Ils deviennent prétexte à une anecdote qui, de cuve en fût, fait son chemin jusqu'au verre à pied …


Mais c'est toujours après le dessert, quand les ventres sont enfin repus, que les esprits sont disponibles. Le convive qu'on ne connaissait pas s'éclipse alors ; qui sait : il a peut-être quelques petits problèmes de rétention urinaire ; personne ne s'étonne de le voir ainsi se lever. Il met un peu plus de temps que nécessaire, semble-t-il. Tiens, il a changé de tenue ; celle-ci est drôle : le voici pieds nus et la tête couverte d'un béret.



Soudain, le silence se fait. Une douce musique surgit comme par hasard en fond sonore. Les convives s'interrogent, se regardent. Vont-ils se laisser prendre par le bout du cœur, retourner en enfance, au pays des fées et des elfes du temps d'avant, quand les châtaignes grillaient dans la cheminée ? Il est d'ailleurs très recommandé de profiter de l'aubaine pour mettre sur la table un cornet de ces délicieux fruits grillés qui vont embaumer la pièce.


Il était une fois … La formule magique ouvre les portes de l'imaginaire. Il n'y a plus de vie moderne, de téléphone qui sonne, de conversations entrecoupées et jamais tout à fait terminées. Pendant quelques minutes, il ne faut pas être très gourmand ; ce n'est pas un spectacle mais un petit moment au débotté ; le conteur tient la parole, emportant les visiteurs d'un soir dans son monde imaginaire.


 


Parfois, dans le groupe, d'autres révèlent aussi ce délicieux savoir-faire. D'une histoire à l'autre, la soirée peut devenir veillée si la cheminée crépite à deux pas de là. C'est un bonheur rare, un retour aux pratiques ancestrales qui regroupaient les individus autour de la parole et de son expression fabuleuse.


Voilà ce qui s'est passé quelquefois et que j'aimerais encore reproduire si le cœur vous en dit. N'hésitez pas à regrouper des amis autour d'un repas simple, d'un plat qui fleure bon la tradition. Trop de sophistication risque de ruiner l'initiative. Nous avons besoin de simplicité pour nous retrouver en enfance.


Je suis à votre disposition pour ce moment de bonheur. Je vous garde une soirée, un vendredi ou bien un samedi soir ou un autre jour, pour venir frapper à votre porte. Il suffit de me faire signe, de m'offrir le gîte et le couvert si vous êtes un peu loin de ma cité ligérienne. Je serai votre visiteur d'un soir, faites-moi bon accueil ; je me charge du reste.


 Tableaux de Pieter Brueghel le Jeune

 

Vendredi 22 mars Repas du Midi conté 

à Souvigny en Sologne 

La Grange aux oies


jeudi 14 décembre 2023

Lire à haute voix.

La célébration de l’écrit.

 

 




Vous avez dans les mains un livre qui résonne en vous d’une étrange manière. Vous sentez qu’entre lui et vous, se noue une belle amitié, un bonheur qui ne se satisfait pas du silence habituel de vos lectures. Celui-ci réclame un engagement plus fort, une promesse de tendresse, une envie de communion. Vous désirez l’honorer comme il le mérite, lui accorder ce privilège rare d’une lecture à haute voix.


Vous avez néanmoins quelques scrupules. La pratique n’est pas habituelle. Les vôtres s’interrogeraient sur cette folie soudaine. Lire depuis Saint Augustin se fait au plus profond de soi, dans le recueillement presque. Il y a bien longtemps, vous vous souvenez que le grand-père lisait le journal à haute voix d’un ton monocorde. Vous ne goûtiez guère cette curieuse manie qui voulait sans doute donner de la solennité aux informations, ainsi dévoilées à la connaissance de toute la maisonnée.


Vous vous revoyez encore, enfant, en phase d’apprivoisement des lettres, déchiffrant à haute voix le livre d’initiation posé sur la table de la cuisine. La « pie » passait sa vie dans le « nid » ; vous étiez en souffrance devant un exercice alors périlleux. Vous avez eu la chance de dompter cet apprentissage : vous êtes devenu un lecteur quand tant d’autres sont restés sur le bord de la route, lecteurs incertains, malhabiles ou pire encore, sans plaisir.


La lecture vous a accompagné, le livre également. Toujours dans une poche ou bien un sac, il est votre compagnon fidèle et nécessaire. Il vous a suivi en vacances, au travail, dans les transports, durant vos insomnies. Il est surtout le gardien de vos rêves, posé sur la table de chevet, dernier lien avec la vie éveillée avant que vous ne coupiez l’électricité pour vous endormir en fin de chapitre.


Mais cette fois, il vous faut donner de la voix, laisser résonner les mots de l’auteur, les entendre se répandre dans la maison, occupant l’espace comme ils se sont emparés de votre esprit. Alors, profitant d’être seul, vous osez ce que vous n’aviez pas fait depuis l’école : vous lisez à haute voix. Vous êtes envoûté par ces mots qui se répandent insidieusement ...


Au début, vous hésitez un peu : vous murmurez, craignant sans doute que quelqu’un ne vous surprenne et vous juge. Puis, vous prenez de l’assurance, votre voix envahit l’espace, se fait théâtrale, rebondit dans la maisonnée. Vous êtes votre propre auditeur ; vous êtes sous le charme de votre lecture : elle vous grise, vous entraîne vers des contrées lointaines. L’harmonie du style, la petite musique intérieure de l’auteur vous donnent le tempo. Vous êtes son interprète.


Vous aviez oublié que cela était aussi agréable. L’envie vous prend alors de partager ce moment, de l’offrir à celle que vous aimez. Elle trouve étrange cet instant ; elle est un peu jalouse. Cette voix qui susurre des mots qui ne lui sont pas destinés l’intrigue et l’inquiète. Elle ne reconnaît pas votre voix : elle se sent exclue de cette relation par trop intime. Vous vous êtes fourvoyé. Le livre est une autre histoire d’amour ; il ne faut pas éveiller la jalousie de votre compagne.


Vous décidez alors d’inviter des amis à cet incroyable partage. Ils seront plus compréhensifs sans doute, moins impliqués par l’amour que vous vouez à cet écrit. Vous comprenez bien vite que la proposition va surprendre, faire rire ou bien déranger. Les gens ont perdu cette habitude de la veillée et des échanges simples. Il faut du clinquant, du spectaculaire, de l’image et du bruit ; le livre est passé de mode, la lecture plus encore.


Vous repoussez cette idée : elle est trop farfelue. Vous vous promettez alors d’aller lire dans un salon du livre : voilà qui semble plus approprié. N’en faites rien ; je sais par expérience que ces endroits sont peuplés surtout d’auteurs qui désirent vendre et n’ont nulle envie de donner à entendre ce qu’ils ont écrit. Je les soupçonne de ne pas être particulièrement fiers de leur prose. Je les crois aussi incapables de se montrer ainsi : nus devant le lecteur potentiel. Ils me demandent souvent de me taire, lire certes, mais un livre dûment acheté et loin des oreilles curieuses ...


Il ne vous reste plus qu’à vous inscrire dans un atelier de lecture à haute voix, un cercle de doux rêveurs ou bien un club de pauvres nostalgiques des plaisirs d’antan. Vous serez émerveillé des lectures de vos coreligionnaires, emporté par leurs choix puis, à votre tour, vous les entraînerez dans vos secrets frissons. Cela deviendra pour vous une belle et douce assuétude. Le livre ne sera plus un plaisir solitaire. Il se donnera en partage sans aucune pudeur.


Lecture à haute-voix






Ô qu'il est loin le temps du Bé A Ba

Lorsque nous ânonnions à chaque mot

Le déchiffrage prenant alors le pas

Sur la compréhension à fleur de peau


La fierté nous donnait rendez-vous

Avec l'étape ultérieure

Quand, sans hésitation, d'un seul coup

Toute la phrase surgissait par bonheur


Alors, le maître impitoyablement

Reprochait les fautes de liaison

Nous recommencions patiemment

En signalant ces pièges d'un pont


Survenait ensuite la ponctuation

Notre empressement trop souvent fautif

Empêchant de prendre respiration

Nous demeurions approximatifs


L'intonation réclamait son tour

Nous devenions alors des acteurs

Déclamant en de curieux détours

Pour rendre les intentions de l'auteur


Fortes de ces vocalises, nos voix

Nous distrayaient au fil du chemin

Nous égarant loin de la bonne voie

Nous en perdions le sens, c'est pas malin


Il fallut bien des années de labeur

Pour apprivoiser cet art délicat

Qui restitue la magie de l'auteur

Grâce à la lecture à haute-voix


Lorsqu'enfin nous touchions au but

Nous gardâmes en notre fort intérieur

Tous ces sons dans notre seul occiput

Par crainte des moqueries extérieures


La lecture se tut, silencieuse

Pour le seul plaisir de son usager

Oubliant alors que : partageuse,

Elle enchanterait toute l'assemblée !


Enfin, osant rompre le silence,

Pour enchanter tout un auditoire

Nous déclamons devant l'assistance

Ce qui jadis, naquit d'un écritoire

•••


 


À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

  Partir À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ? Ces éternels prisonniers de leurs entraves Ils ont pour seules v...