mercredi 1 février 2023

Moi vouloir être chien ...

Cabots




Se promenant en laisse, il s'interrogeait

Sur l'étrange analogie qui court ici

Son maître et ses comparses orléanais

Se targuaient volontiers d'être de ses amis


Sans qu'il lui fut besoin de muselière

Il mordait dans l'existence à pleine dents

Dans la cité, au bord de sa rivière

Être chien passait pour un grand compliment


Soulevant la patte le long d'une porte

D'un caractère aimable, sacré nom d'un chien

Il s'étonnait qu'on l'affubla de la sorte

De tous ces travers n'appartenant qu'aux humains


Qu'il pleuve ou qu'il vente, c'est un temps de chien

Vitupèrent des passants sous un parapluie

Quand à cestui-là, toujours un peu chafouin

C'est un caractère de chien pour la compagnie


S'il se contente d'un panier et d'une niche

Recroquevillé pour supporter les frimas

Il découvre que ceux qui se montrent chiche

Dorment en chien de fusil sur un matelas


Ce n'est sans doute pas qu'une simple histoire

On prétend même ce qui n'est guère sage

Qu'on le jetterait volontiers dans la Loire

S'il survenait une épidémie de rage


S'il se sent contrarié et fait grise mine

La queue basse et les oreilles tombantes

Tout ces curieux qui ramènent leur trombine

Glosent sur ce chien battu qui les tourmentent


Tous ces gens qui, sans cesse, évoquent les chiens

À propos de quilles ou encore de faïence

Changent d'attitude quand ce n'est pas très malin

On affirme qu'ici les chiens font alliance


Si autrefois la guêpe était leur emblème

Les chiens font assurément plus bel oripeau

Les ânes de Meung ne voient pas de problème

Eux qui furent fort mal reçus par ces cabots

 



mardi 31 janvier 2023

Résistance

 

Résistance




Un peuple méprisé s'est mis en marche

Contre celui qui se moque de sa démarche

Refusant cette fois de tendre l'autre joue

Face à monarque Prince des sapajous


Ils sont vingt et mille, la tête haute

Lasser d'enrichir les Argonautes

Banquiers et prévaricateurs

Actionnaires et profiteurs.


La foule entre en résistance

Réclamant droit à l'existence

Sa dignité trop souvent outragée

Le méprisant doit dégager


De par tous le pays ils défilent

En d'interminables files

La sérénité se lie sur les visages

Reprenant des slogans sans ambages


La coupe est désormais pleine

On devine des relents de haine

Pour celui qui n'a eu de cesse

Que de renforcer leur détresse


Ils entendent sauver leur âme

Quitte à devoir verser des larmes

Ils savent que l'odieux tyran

Ira jusqu'à faire tirer dans les rangs


Ils avancent inexorablement

Conscients que dorénavant

Ce sera eux ou bien leurs ennemis :

Les tenants d'un pouvoir honni


La guerre des classes est déclarée

La réforme contrecarrée

La traite et la servitude

Ou la retraite en toute quiétude


La fierté retrouvée dans l'union

Jusqu'à sans doute la sédition

Contre une caste sans humanité

Qu'il convient de court-circuiter


Ils sont mille et beaucoup d'avantage

Ne réclamant nul avantage

Simplement ce qui leur revient

Sacré non d'un chien !

 



Moi vouloir être chien ...

Cabots Se promenant en laisse, il s'interrogeait Sur l'étrange analogie qui court ici Son maître et ses compars...