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vendredi 28 juin 2024

Le prix de la culture.

Il y a de quoi manger chapeau.





De plus en plus de lieux, initialement destinés à tout autre chose, proposent en catimini des spectacles l’information circulant le plus souvent de bouche à oreille ou par la magie des courriels afin d’échapper à l’hydre Sacem. La musique se meurt de ce monstre avide qui réclame sa part pour servir les plus grands et ignorer les petits artisans locaux de la chanson. Beaucoup s’efforcent de contourner ce Racket en agissant ainsi et tendent ensuite un chapeau pour dédommager les artistes.


Nous n’ignorons pas que pour le fisc, cela s’apparente à du travail au noir. C’est un affreux crime contre le Trésor Public, une odieuse dissimulation de revenus, colossaux à n’en point douter. Il est préférable d’en rire avant que de plonger la main dans ledit chapeau pour en compter les pièces. Certains n’ont pas oublié le temps lointain où ils se rendaient à la messe et leur reconnaissance se mesure à l’aulne de quelques piécettes …


Il se joue là, non pas la farce de la pingrerie, je ne me permettrais pas de pointer du doigt cet affreux travers, mais bien la considération que ces gens peuvent avoir pour ceux qui viennent les distraire. Ils ne se rendent nullement compte de la somme de travail et d’investissement humain et financier qui se cache derrière un spectacle, fut-il modeste. Des heures de création, de réflexion, répétition, de mise au point ainsi que l’achat d’un matériel toujours plus onéreux et sophistiqué.


C’est certes pour nombre de ces amateurs éclairés, un plaisir tout autant qu’un loisir. Ils ne désirent ni fortune ni d’en faire un métier, ils souhaitent simplement qu’on reconnaisse à sa juste valeur ce qu’ils font du mieux de leur possible. Il est certain que souvent ils souffrent de la comparaison avec les vedettes exposées sur les écrans, mais de là à penser que ce qu’ils proposent ne vaut que des roupies de sansonnet, il y a un monde.


J’ai eu le déplaisir de découvrir dans un chapeau une somme si considérablement ridicule que j’en tirai deux conclusions diamétralement opposées. Ma prestation était d’une insignifiance et d’une médiocrité rares, ce qui m’interroge alors sur la résistance de ces gens qui sont restés jusqu’à son terme, supportant plus de 90 minutes d’inepties abracadabrantes sans même songer à partir alors qu’il n’avait rien déboursé pour être là ou bien ces braves gens n’avaient strictement aucune idée de la somme à débourser pour un spectacle.


Je penche, sans doute par orgueil et vanité pour la seconde hypothèse. Mettre ainsi dans le chapeau en moyenne un tout petit peu plus de deux euros par personne, cela relève du denier de l’inculte. La somme récoltée ne couvrant même pas les frais de déplacement, la mesure était bien plus pleine que la bourse.


Vous pouvez penser à juste raison que ces spectateurs se sont en agissant ainsi honorés d’une obligation avant que de s’enfuir à toutes jambes. Ce serait légitime tant leur geste semble exprimer un mécontentement profond. Mais il n’en est rien, ils sont restés pour discuter, dire leur satisfaction et le bon moment qu’ils avaient passé en ma compagnie. C’est donc qu’il n’avait aucune conscience de la signification exacte de ce chapeau qui circula dans la salle…



C’était pour l’essentiel un public qui n’avait sans doute pas l’habitude de se rendre dans une salle de spectacle. Dans un petit bistrot très rural, ils étaient venus passer un bon moment, se divertir et prendre une ou deux consommations. Leur geste atteste simplement du peu de crédit qu’ils accordent au spectacle vivant, de l’absence totale de repères qu’ils ont en ce domaine et non d’un mépris ou d’une indifférence désolante. Ironie du sort, le soir-même, j’étais à mon tour spectateur d’un spectacle au chapeau. Il fut formidable et je glissai dans ce réceptacle à obole autant que ce que j’avais laissé à mon partenaire quelques heures auparavant ce qui fit sourire un ami averti de mes déboires et qui m’en fit la remarque.


Qu’en conclure ? J’avoue ne pas trop savoir même si j’ai la ferme intention de ne pas renoncer à me rendre à de tels rendez-vous, fusse au prix de quelques désagréments pécuniaires. Je suis convaincu de la nécessité de me produire là où le conte habituellement ne vient jamais, loin d’un public averti et habitué. Si le risque est de recevoir de tels chapeaux, j’en accepte le prix à payer. À votre bon cœur messieurs dames.





vendredi 15 mars 2024

Étrange compagne ma Loire

 

Compagne des jours noirs !




Étrange compagne ma Loire


Du sable plein mes chaussures

J'avance vers elle ce soir

Un murmure qui me rassure

Une rencontre que je veux croire

 



Tendre complice ta Loire


C'est à elle que tu confies

Du fond de ton désespoir

Tes problèmes ou tes soucis

Tes angoisses dérisoires

 



Patiente interlocutrice sa Loire


Elle l'écoute sans nul doute

Celle qui se passe de mémoire

Avant de poursuivre sa route

En le regonflant d'espoir

 



Douce médiatrice notre Loire


Le courant emporte alors

Nos maux confiés dans le noir

Sans le moindre remord

Nous repoussons nos déboires

 



Bienveillante confidente votre Loire


Repartant du bon pied

Votre cafard va sursoir

Ces chagrins à expier

Qui se noient dans sa gloire

 



Étrange compagne cette Loire

Nous prend tous par le cœur

Lorsque nous voyons tout en noir

Chacun revit dans sa douceur

Puis y retrouve l'espoir

En admirant ses splendeurs

 

Tableaux de

 Louis SOUTTER



 


jeudi 15 février 2024

Un curieux don de soi.

 

Le don de soi





Un livre dans l'espoir d'adoption

Faisait sans vergogne le pied de grue

Lui, privé d'une maison d'édition

Se désolait ardemment être lu



Mais comment se révéler au public

Plombé par l'anonymat de l'auteur ?

La notoriété est viatique

Pour nombre de nos falsificateurs


Car la sincérité de son récit

Devrait lui attirer de nombreux cœurs

Pourvu que les éloges de ses amis

Évoquent ses pages intérieures



Hélas, oublié sur une table

Sans attirer le plus petit regard

Le bibliophile incapable

De lui accorder le moindre égard.


Le livre ignorait qu'en son revers

S'affichait un détestable fardeau

Un message ô combien pervers :

Un nombre perdu parmi tous ses mots



Ce prix n'ayant rien de littéraire

Mais considération d'argentier

Une indication qui désespère

Celui qui se donnerait volontiers


Se résolut promptement à séduire

La lectrice particulière

Qui transmettra la passion de le lire

Mission des bibliothécaires



Se trouva propulsé dans un rayon

Avec un numéro d'identité

Il y côtoya bien des compagnons

Qui illuminèrent sa destinée


Gommant le statut de marchandise

Se considéra alors emprunté

Pour encourager la convoitise

De l'immense cohorte des abonnés



Endossant une nouvelle fonction

Qui fit de lui un ouvrage public

Se retrouvait dans l'obligation

De paraître à tous sympathique


Acceptant ce curieux don de soi

Libéré des affres de l'intime

Se consola en toute bonne fois

De passer pour un succès d'estime !

•••




lundi 8 janvier 2024

Quand la panse éviter de penser

 

De la tempérance.





Pour votre santé, la tempérance s'impose

Hélas, pour satisfaire le consumérisme

Notre calendrier toujours vous propose

L'occasion de parfaire votre épicurisme


Dinde et marrons tout juste sortis du four

Qu'une galette feuilletée se glisse bien au chaud

Pour que dans toutes les mairies des petits-fours

Viennent pimenter du maire le talk-show


Même sans tirer la précieuse fève

Vous deviendrez ainsi le brave couillon

Celui qui vient ici caresser le rêve

De partager l'effort de notre nation


Surviendra alors le temps des restrictions

Une nouvelle version du carême

L'abstinence provoquée par l'inflation

Pour une crise de régime suprême


Puis on sonnera joyeusement les cloches

Car c'est encore vous qui serez chocolat

Après les crottes: la poule, dieu que c'est moche

Fêtera Pâques avec une bonne crise au foie


Ne désespérez pas de brûler vos graisses

La flamme Olympique vaudra régime sec

Pour qui, au nom d'une étonnante largesse

De notre budget, hâtera les obsèques


Contentez vous alors de la vache enragée

Pourvu qu'elle trône en majesté au grand salon

Celui-là où durant toute une matinée

L'on y flattera la croupe des étalons


De nos spécialités régionales

Voulant vous en gaver sans modération

Effectuerez une vaste bacchanale

Afin de faciliter la digestion


Vous retrouvant conséquemment sur la paille

Vous faudra alors racler les fonds de tiroir

Afin de préparer à nouveau ripaille

Pour célébrer sa venue dans la mangeoire


Vous serez forcément en bonne compagnie

Parmi les moutons et l'âne de la crèche

Vous remplissant la bedaine sans parcimonie

Pour accélérer ce qu'on nomme la dèche






samedi 2 décembre 2023

Je hais les dimanches

 

Le destin sans foi ni loi !





Voilà l'aveu qui me coûte le plus, je hais les dimanches ! Le mal n'est pas unique, loin s'en faut. Nous sommes ainsi très nombreux à ressentir un vide immense quand cette journée survient. Et pour notre malheur, elle revient avec une fréquence qui ne cesse de m'exaspérer. Le dimanche est le jour le plus vide de la semaine, vide de tout ce qui fait le sel de la vie.


J'ai longtemps échappé à cette « sinistrose » hebdomadaire en me noyant dans le sport. J'avais, pour dérivatif à ce mal étrange, la tension et le stress qui accompagnaient les jours de match. Le Rugby remplaça pour moi la messe dominicale. Je suis un affreux mécréant que rien ici bas ne peut sauver du blasphème !


Ce jour maudit, tout se ferme. Je sais la remarque contradictoire avec la posture politique qui affirme qu'il ne faut pas céder au plaisir égoïste de faire des courses ce jour-là. Rassurez-vous, ce n'est pas là mon intention. Nul magasin ne bénéficiera de ma visite ce jour-là, c'est un principe auquel je ne dérogerai jamais. Je voue même aux gémonies les malotrus qui abusent de cette sortie marchande.


Non, cette fermeture que je ressens, c'est en moi qu'elle doit se produire. Un vide immense, une vacuité visqueuse m'englue à chaque fois que ce jour maudit survient. Je tourne, je vire, je cherche désespérément à remplacer l'émotion, la fièvre qui me prenaient jadis quand arrivait le jour du match.


Je suis un intoxiqué en phase de sevrage. La cure dure depuis bientôt dix mois et aucun signe d'amélioration ne vient éclaircir ce ciel d'orage. Il me faut trouver dérivatif, activité substitutive pour remplacer cette folie qui me prenait alors. Je cherche vainement, je ne trouve que portes closes et opportunités impossibles. Il me faut de l'émotion, de l'angoisse, du stress, de l'exaltation !


Ce n'est certainement pas devant mon poste de télévision que je trouverai ce supplément d'adrénaline qui me fait défaut. Drucker et les autres présentateurs soporifiques tiennent l'écran depuis belle lurette. Les médias participent à l'anesthésie générale. Il n'y aurait que l'avalanche de football sur nos écrans qui pourrait me donner satisfaction si ce spectacle n'était à mes yeux pire encore que l'ennui qui m'étreint.


Je cherche et ne trouve rien. J'attends vos conseils. Donnez-moi ma dose de surprise et de colère, d'indignation et de réflexion, d'amitié et de fraternité. Trouvez--moi une seule raison d'aimer le dimanche, je vous en conjure. Je vais devenir fou entre ce repas qu'on veut faire traîner et cette après-midi qu'il faut meubler à tout prix.


Je hais les dimanches et je me berce de l'illusion que le mal est nouveau. Il est durablement installé dans mon esprit retors. Je n'ai jamais, à la vérité, supporté ce jour entre parenthèses, ce temps suspendu où tout semble vivre au ralenti. Alors, j'ai cherché, une grande partie de mon existence à combler ce vide avec des ballons de toutes formes.


Que faire maintenant que j'ai rangé mes chaussures de sport ? Je veux trembler et avoir peur. Je veux être saisi par l'angoisse et la crainte. Je veux surmonter ce mal terrible. Je veux me perdre ensuite dans la convivialité et le plaisir du partage. C'est décidé, il me faut devenir conteur et traîner ma besace de contes et de bonimenteries tout au long de notre Loire.


Sauvez-moi de cette névrose dominicale. Invitez-moi à venir chez vous dire mes menteries vraies et mes vérités fausses, vous prendre par la main pour vous conduire auprès d'une Loire de légende. Je suis votre homme et tant pis si j'ai une trouille immense à cette idée. Je crois bien que c'est ce que je cherche vraiment ! Faites-moi aimer les dimanches !


 


mardi 20 juin 2023

Vos gueules les baffles

Rien qu'un soupir  ...

 

 


Comment taire un silence éloquent ?

Une personne superficielle peut-elle s'accorder un silence profond ?

Un silence pudique vous évite-t-il de vous mettre à nu ?

Faut-il instaurer des corvées spéciales pour garder le silence ?

Un silence de mort ne vous fait-il froid que dans le dos ?

 

Le canon fait-il un bruit qui se répand comme une traînée de poudre ?

Comment dépasser un bruit qui court ?

Une petite rumeur peut-elle faire grand bruit ?

Se fait-on souvent rouler par un bruit qui circule ?

La pompe funèbre est-elle consubstantielle au bruit des bottes ?

 

Perçoit-on des ondes négatives quand le silence radio se fait ?

Si le silence est d'or, le bruit serait-il de plomb ?

La minute de silence permet-elle de tuer le temps ?

Acheter le silence, est-ce plus efficace que de couper la parole ?

Peut-on aimer en silence quand on a une relation tapageuse ?


Comment taire un bruit intempestif ?

Pourquoi le bruit de nos entrailles n'est-il pas en odeur de sainteté ?

La nuit, tous les tapages sont-ils bruit ?

Ceux qui font grand bruit ne feraient pas mieux de se taire ?

Le vacarme nocturne est-il un bruit qui ne peut pas fermer l'œil ?


Comment briser le silence sans faire de bruit ?

Le fisc impose-t-il le silence ?

Un mime Marceau a-t-il été condamné au silence ?

Les nonnes ne font-elles vœu de silence qu'à la Saint Sylvestre ?

Est-il possible de franchir le mur du silence en avion à réaction ?


Faire du bruit est-il désormais la seule manière de se faire entendre ?

Quand le silence dort, le bruit est-il insomniaque ?

Le bruit du canon peut-il faire long feu ?

Le bruit des armes nous fichera-t-il un jour la paix ?

 

Un compositeur facture-t-il aussi ses silences ?

Quand le garçon présente un note trop salée, doit-on garder le silence ?

Un silence en or est-il encore à ma portée ?

La carpe a-t-elle été condamnée au silence ?

Peut-on souffrir en silence d'une douleur sourde ?

 

Un bruit sourd peut-il être considéré comme un malentendu ?

Les bruits de couloir ne mènent-ils nulle part ?

Le bruit du vent est-il incongru ?

Peut-on faire rentrer dans la catégorie des soupirs nos bruits intestins ?

Le premier cri du nourrisson est-il un cri primal ?

 

Qui sont les conspirateurs du silence ?

Un long silence peut-il dépasser la minute ?

Pour demander le silence, faut-il le commander ?

Dans nos villes, le silence peut-il être considérer désormais comme une nuisance sonore ?

Si le Silence se fait, pourquoi cherche-t-on une multitude d'occasions pour le défaire ?

 


Peut-on étouffer un bruit avec un bâillon ?

Un bruit du tonnerre peut-il déclencher la foudre ?

Un bon tuyau est-il en passe de devenir un bruit éventé ?

Peut-on retenir le bruit et l'odeur ?

Après le bruit de la chute, il y a-t-il un silence de mort ?

 

Peut-on rester sans voix devant un silence absolu ?

En Corse, nul n'est-il pas censé ignorer la loi du silence ?

Faut-il lever le doigt pour demander le silence ?

Le droit au silence est-il un acquis sur lequel il faut maintenant se coucher ?

Sur quelle citée lointaine le silence continue-t-il à régner ?

 

Un bruit de casserole peut-il être mélodieux ?

Peut-on laisser filtrer le bruit d'un flirt ?

Comment couvrir un bruit gênant en toute discrétion ?

Pourquoi fait-on souvent beaucoup de bruit pour rien ?

Le bruit des vagues vous met-il du vague à l'âme ?

 

Peut-on passer l'arme à gauche dans un silence de mort ?

Le prix de silence est-il coté en bourse ?

Le tympan des cathédrales est-il destiné à mieux écouter le silence de la prière ?

Peut-on se permettre de dire « Silence » quand on tourne deux fois la langue dans sa bouche ?

Qu'elle est la durée d'un silence reposant ?


Faut-il lancer bien haut un bruit pour faire tomber le silence ?

Faut-il casser de la vaisselle pour rompre avec grand bruit ?

Peut-on localiser avec certitude un bruit confus ?

Un bruit étouffé manque-t-il d'air ?

Est-ce un tic d'entendre des bruits parasites ?

 

Le maçon finit-il par se murer dans son silence ?

Le fossoyeur doit-il garder le silence avec ses clients ?

Peut-on aimer une cantatrice en silence ?

Faut-il déchirer le voile du silence ?

Dans les conférences, il y a-t-il des interprètes pour expliquer le silence des négociateurs ?

 

L'acouphène est-il un bruit intérieur ?

Un bruit suspect qui arrive jusqu'à vous est-il en bout de course ?

Les bruits de vaisselles sont-ils couverts par la rumeur des convives ?

Faut-il tirer l'oreille d'un enfant qui fait du bruit ?

Pourquoi les sourds font-ils tant de bruit ?

 

Un surveillant de prison doit-il s'enfermer dans le silence ?

Si en musique il faut avoir l'oreille absolue, faut-il une langue éponyme pour le silence absolu ?

Quelle déclaration à grand fracas parviendra-t-elle à marquer le silence ?

Comment expliquer un silence en peu de mots ?

Quand un silence plane, finit-il par s'écraser sans bruit ?

 

Un bruit suspect peut-il servir d'alibi ?

Puis-je me permettre de dire que la musique militaire ça me botte ?

Le bruit des pas peut-il être feutré ?

Faut-il se retourner pour un bruit discret ?

Faut-il donner sa parole quand on veut démentir un bruit ?


 Chut ...


mercredi 22 mars 2023

Notre légitime souveraineté

 

Légitime défense





Ainsi donc nous voilà tous privés, vilain coup

De notre légitime souveraineté

Et ceux, par un odieux Monarque voyez-vous

Qui foule aux pieds notre citoyenneté


Il n'est plus rien à dire pour notre défense

Puisque bâillonnés par la représentation

Laquelle à chaque décision nous offense

Sans que jamais nous obtenions satisfaction


Le parlement entérine les caprices du chef

Le débat n'étant que trompeuse apparence

Alors que le 49.3 derechef

Conduit à la motion de défiance


Vaines gesticulations de l'opposition

Qui s'exprime au nom du peuple aboli

Pas la plus petite considération

Pour ces piteux rebuts de la démocratie


Le souverain ignore cette piétaille

Repousse avec dédain d'un revers de sceptre

Toutes les récriminations de la racaille

N'écoutant que ce qui vient de sa main dextre


Alors c'est la rue qui réclame justice

Sans se douter qu'elle n'a plus droit à la parole

Pour asséner cette vérité, la police

À coups de matraque joue à carambole


Freluquet, perché sur son royal trône

De son souverain mépris prend de la hauteur

Afin d'envoyer sur la foule des drones

Leçon apprise à l'école des dictateurs


Les manifestants privés désormais de voix

Profitent de l'hospitalité d'une garde à vue

Réception fort sympathique pour un roi

Refusant que ses désirs soient de la revue


Après les gilets jaunes, le confinement

Suivis d'une opportune guerre en Ukraine,

N'ont pas suffit pour anéantir les gens

Le chaos ici naîtra de trop de haine


Ce dieu de l'Olympe et de la finance

Investi de sa légitime fonction

Ne cesse par ses incessantes manigances

De semer les graines de la Révolution

•••

dimanche 15 janvier 2023

Il pleut sur la rivière …

 

Il pleut sur la rivière …




Il pleut sur la rivière

Le ciel est en colère

Les nuages vont se noyer

Au cœur des reflets endeuillés


La pluie nous prend par sa douleur

Le gris pour unique couleur

Quand les arbres dénudés

Couvrent les terres labourées

Dans la nature sommeilleuse

À la morosité pluvieuse

Les flots se perdent là-bas

Dans un décor bien trop las


Il pleut et nous pleurons l'été

La vie qui s'est envolée

Le bel automne tout autant

Aux dégradés chatoyants

L'hiver ne sera que tristesse

Tout en grisaille et détresse

Quand au nouveau printemps

Renaîtra le beau temps


Il pleut sans discontinuer

Le cœur en morosité

La Loire coule en chagrin

Qu'il est triste ce matin

L'eau ne manquera pas

La rivière joue les gros bras

Se gonfle à pleines joues

Nous voilà à ses genoux


Nous naviguons sans redouter

De finir par nous échouer

Son fort courant nous transporte

La rivière est plus accorte

En cette belle saison

Où les mariniers sans façon

Allaient par tous les pays

Pour livrer clients et amis


Il pleut sur notre Loire

Le ciel tout à sa gloire

Les nuages vont arroser

Ses belles eaux en majesté


 

À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

  Partir À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ? Ces éternels prisonniers de leurs entraves Ils ont pour seules v...