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mardi 9 juillet 2024

Les mots et les maux en mêlée !

 

Essai dans les recoins de la 'parlure' ovale.





Que des béotiens s'indignent des abus pratiqués par deux jeunes gens en Argentine est des plus naturel ! Pour bien comprendre cette terrible dérive, examinons le lexique du Rugby et ses métaphores lestes. La langue s'y délie, le mot vagabonde et les expressions fusent tout autant que les coups tombent sur le pré comme à Gravelote. Ne donnez pas votre langue au chat, prenez le temps de parcourir ces quelques lignes pour apprécier la langue de chez nous, celle qui se pratique après quelques abus, une langue de gueule de bois, en quelque sorte et éventuellement comprendre sans jamais justifier les horreurs commises par ces deux coqs à jamais déplumés.


C'est à la lumière d'une chandelle, que vous devrez découvrir la chose. Le parler d'Ovalie fait grand raffut, ne riez pas sous cape. Il faut se vêtir d'une combinaison et d'une cravate pour entrer dans la confrérie et surtout ne sauter aucune ligne. Derrière le rideau de vos paupières, vous découvrirez un ballon mort, tué d'un coup de marteau placé entre les deux yeux.


N'ayez crainte, si le combat fait rage, on se restaure aussi. Venez avec fourchettes et cuillères de bois ou non, pour participer à la fête. C'est un jeu de passe de maçons auquel se livrent ces drôles de voyous, déménageurs de piano à la mine patibulaire, le cuir chante quelques chansons paillardes, c'est le rugby champagne qui se consomme sans modération.


Prenez alors un peu de hauteur, l'ascenseur vous tend ses bras, de solides menottes d'étayeurs farceurs, pour éviter que la cabane tombe sur le chien. L'animal a sa place dans ce jeu de mulet, d'ânes supposés et de gros cochons qui n'aiment rien tant que se perdre dans le maïs. Si un mammouth passe par là, méfiez-vous de son coup de pied, seul celui du rossignol ne vaut pas tripette !


Vous aurez alors à relever la mêlée à jolis coups de marteaux pour une belle générale. Vous avez, par mégarde, ouvert la boîte à gifles, une belle salade de phalanges vient vous remettre les pendules à l'heure. Bon prince, vous passerez l'éponge magique sur ces débordements qui ne sont que gentil folklore, ça brasse de l'air plus que tarin !


Vous êtes touchés par la grâce ovale, ne piétinez pas les platebandes ni les arpions de celui qui ratisse la balle. Plongez dans la fournaise, spontanée ou ordonnée, la bataille fait rage, les piliers tiennent la barre avant que de s'installer bien plus longtemps encore au bar, à refaire le match. Ne simulez pas l'enthousiasme, vous joueriez petit bras. Bien vite, on vous renverrait dans votre camp à grand coups de godasses, de chaussons ou de tampons.


Si vous en avez assez, plaquez tout, prenez un carton pour ranger vos abattis, du moins ceux qui sont encore intacts. Ne restez pas dans le couloir, tout ce qui encombre sera impitoyablement déblayé. Vous resteriez en rideau, tout près des perches sans aller à dame ! Pour vos contacts, il est des moments charnières, ne manquez pas le passage de la patrouille et munissez-vous d'un pack solide, la communication est essentielle dans ce jeu si complexe.


Le chat est maigre, c'est qu'il a les oreilles en chou fleur en cherchant à poursuivre une gazelle. Il a ainsi l'avantage de pouvoir passez dans un trou de souris, il pénétrera alors dans le secret des Dieux, assistera médusée à l'éjection d'un œuf pondu par une cocotte magnifique.


Victime d'un coup pas très franc, constatant alors qu'il n'a plus toute sa tête, le pauvre lecteur se trouve sous le joug d'un cerveau diabolique. Il essuie ses crampons, se retire sur la pointe des pieds de cet univers impitoyable et si énigmatique.


Au loin, le coq, la crête altière, fait une étrange fixation. L'animal veut, c'est pas très malin, manger une fougère. Soudain, une horde en noir aux danses guerrières se jette sur le volatile afin de mettre un point final à ce délire en ce goinfrant d'un joli coq au vin et en condamnant les agissements de ces deux garçons perdus


 


dimanche 23 juin 2024

Je veux vous offrir quelques mots

Quelques mots





Je veux vous offrir quelques mots

Pour qu'ils deviennent de belles chansons

Des mots tendres qu'on dit sans façon

Des mots doux qui donnent des frissons


Les mots salés venus du large

Les mots copiés remplissant la marge

Les mots chantés sur un air joyeux

Les mots priés le regard aux cieux


Les mots pourris, envoyés à la face

Les mots gentils, brisant la glace

Les mots vomis blessant la bouche

Les mots bannis parfois si louches


Les mots composés d'un seul trait

Les mots avalés quand on bégaie

Les mots fléchés, pour aller plus loin

Les mots croisés perdus dans un coin


Les mots gourmands dans un festin

Les mots troublants pour un destin

Les mots savants tombant des nues

Les mots brigands, surgis de la rue


Les mots brisés quand on s'effondre

Les mots soudés qui nous confondent

Les mots crachés qui vous reviennent

Les mots oubliés, quelle déveine !


Les mots douteux qu'on nous impose

Les mots heureux sentant la rose

Les mots frileux dans une flamme

Les mots vicieux pour quelques larmes


Les mots clarté chantés dans la nuit

Les mots bonté pour toi mon ami

Les mots enchaînés par notre peur

Les mots aimés qu'on dit en douceur


Les mots certains de leur puissance

Les mots malins qui ont confiance

Les mots gredins qu'il faut corriger

Les mots lointains aimant voyager


Les gros mots qu'on lâche dans la peur

Les petits mots, offerts pour un cœur

Les vilains mots qu'on lâche à son insu

Les vieux mots qui ne sont pas perdus


Je vous adresse tous mes mots

Pour briser les laideurs du moment

Des mots durs qui deviennent tourments

Des mots forts qu'on hurle dans le vent



jeudi 20 juin 2024

Le mystère de la langue.


La Loire source de toute chose.





Il était un temps si lointain que nul ne peut en témoigner de nos jours. Le monde n'était pas soumis aux mêmes forces que celles qui animent notre planète aujourd'hui. Les lois de la physique ne répondaient pas aux mêmes règles. Ainsi, les eaux ne coulaient pas sous les ponts qui d'ailleurs n'existaient pas. Seuls les mages, les fées, les sorcières et les elfes vivaient alors au bord de notre rivière nourricière.


Nous sommes en un lieu que l'on nommera par la suite le Val d''Or. Les hommes pour y commémorer ce que je vais vous conter y bâtirent ensuite la Basilique de Fleury. Des forces mystérieuses y célèbrent le mariage de la lumière et des eaux de la Loire.


Mais alors, en cette époque reculée, bien au-delà des hommes, nul mouvement dans les eaux comme dans le ciel. Un paysage figé, une immobilité parfaite de carte postale. Merlin ne pouvait plus supporter ce qu'il prenait pour une absence de vie, une image factice. D'autres prétendaient vivre au paradis, c'est sans doute parce qu'on n'y manquait de rien. Mais la vie suppose des envies et des frustrations, des désirs et des refus. Il fallait mettre un peu de mouvement dans ce décor figé.


Merlin eut alors géniale intuition. Rien ne bougeait en cet Éden magnifique car les choses n'étaient pas nommées. Il prit alors sa baguette magique et d'un geste solennel entreprit de donner un nom à tout ce qu'il voyait. Chaque partie du décor ainsi désigné se mettait à se mouvoir au gré du vent et des eaux. Car, en bon ligérien qu'il était, c'est la Loire que Merlin baptisa en premier.


De ce jour mémorable d'entre tous, des noms désignent toutes les plantes, les animaux et les idées qui venaient à notre mage en regardant son œuvre. Arbres, fleurs, insectes, poissons, nuages, paysage, chacun avait son appellation et tout semblait prendre de la vie.


Pourtant bien vite, Merlin comprit qu'il manquait encore quelque chose. Que s'il y avait mouvements et variétés dans ce décor en évolution, il semblait lui manquer un peu de fantaisie, un souffle de volupté. Rien de nouveau n'apparaissait. Après quelque temps, quand il eut finit de constituer son lexique initial, il ne se passait plus rien de neuf et de surprenant.


Merlin réfléchit longuement. Il fallait apporter un petit brin de folie, un désir qui venait du plus profond de chaque chose. C'est une petite fée friponne qui lui souffla dans le cou ce petit frisson qui le mit dans le droit chemin. Il créa alors des petits mots qui, placés devant les noms, leur donna un genre et un nombre. Voilà une idée fort singulière et si déterminante. Il y avait des garçons et des filles, du désir et des attirances. La vie pouvait prendre un tout autre essor.


Une fois encore, après une longue période d'euphorie et de volupté, Merlin comprit que sa création manquait encore de vérité. Si les mouvements et les amours étaient désormais partie intégrante du décor, il lui semblait que rien ne changeait, que tout restait en l'état. Il manquait des différences, des variations, des débuts et une fin. Mais comment s'y prendre ?


C'est en observant la Loire qui n'est jamais tout à fait pareille, tout à fait la même qu'il se dit qu'un mot devait se parer de mille et une facettes. Son monde avait besoin de nuances, de couleurs et de caractère. Il créa, pour notre plus grand bonheur l'immense troupe des adjectifs. Il y avait des plus jeunes, des plus vieux, des moins gros, des plus grands, des lestes et des balourds, des gentils et des méchants …. La vie était désormais pleine de surprises comme de déceptions.


Encore une fois Merlin n'était pas encore tout à fait satisfait de son œuvre. Si de ses yeux, il assistait à un merveilleux spectacle, il ne parvenait pas trouver tous ses mots. Il lui fallait une autre catégorie de termes pour décrire le mouvement. Contrairement à ce que prétend la bible, c'est Merlin qui inventa le verbe bien après avoir donné un nom à chaque chose de la création.


Il pouvait désormais jouir du spectacle qu'il avait créé tout en ayant le bonheur de pouvoir le traduire en mots pour en faire part aux autres mages. Les eaux roulaient, grondaient, s'endormaient, se réveillaient, brillaient. Le vent soufflait, tombait, tempêtait. Le soleil pouvait enfin se lever ou se coucher et le ciel s'empourprait. La vie était devenue cette merveille pour laquelle la Loire constituait un écrin.


Merlin était fier de ce qu'il avait accompli. Il prit grand plaisir à se raconter des histoires, à s'inventer des aventures merveilleuses qui se passaient en bord de Loire. Il s'arrêta pourtant au milieu du gué. Il n'avait pas inventé les adverbes et les prépositions, les pronoms et les conjonctions. Mais c'était là besoins bien trop complexes pour nos mages. Il lui semblait en avoir assez fait ! Tout le monde n'écrit pas des bonimenteries ...


Grammaticalement sien.

mercredi 19 juin 2024

Avoir quelqu'un dans le nez.

 

Normal c'est un morveux.




Depuis plusieurs années, je ne cesse à chaque instant d'avoir quelqu'un dans le nez, un locataire insupportable, un être détestable qui a élu domicile dans mon tarin. Une véritable obsession car pas un jour ne passe sans que je n'essaie de l'en déloger et ceci sans le moindre succès. Je pensais jusqu'alors être le seul dans ce cas, le seul à vivre ce calvaire de souffrir d'un locataire nasal que personne ne peut contraindre à expulser.


Les lois sont mal faites et ne protègent pas les propriétaires d'un nez ordinaire qui ne peuvent jouir à loisir de leur cher appendice. C'est vraiment la crotte comme le diraient mes enfants qui voient le loup partout. J'en viens parfois à penser qu'ils sont de mèche avec cet indésirable, ce parasite qui m'irrite, me tourmente, m'exaspère, me rend la vie impossible.


Qui plus est, ce squatteur est un petit morveux. C'est sans doute la raison qui lui fit porter son choix sur mon nez plutôt que sur son palais. Il est vrai que dès que je le vis se pointer dans le paysage, je le gratifiai d'un pied de nez irrespectueux. Attitude enfantine que je ne cesse de regretter. L'autre profita de ce geste pour me couper l'herbe sous le pied afin de pouvoir aisément s’incruster dans mes narines.


Curieusement, cet indésirable, ce parasite nasal, ne manque pas d'air si bien qu'il ne cesse de me gonfler à longueur de temps. J'aimerais tant qu'il prenne la poudre d'escampette au lieu de quoi, c'est une toute autre poudre qu'il m'introduit de force dans mes naseaux. J'étouffe, je perds contenance devant ses comportements douteux, ses marques de mépris.


Je voudrais me moucher du nez mais voilà qu'il m'est revenu aux oreilles que je n'avais nulle légitimité à expulser l'immonde personnage. Il serait dans mon nez par la volonté d'un suffrage auquel je n'ai pas apporté ma voix. Je suis donc condamné à le supporter encore de longues années, un calvaire tant mon nez me pique, me gratte, m'insupporte.


J'ai parfois des mouvements d'humeur vite réprimés par mon locataire qui frappe là où ça fait mal. Je saigne alors du nez sans raison apparente, frappé que je suis par son comportement détestable. Je perds mon sang, je me retrouve en situation de faiblesse tandis que la tension monte autour de moi. Je découvre alors, ébahi et circonspect, que nombre de mes semblables se plaignent du même phénomène.


Le même parasite a investi leurs propres nez. Je ne suis donc pas le seul à l'avoir dans le nez. L'indésirable aurait donc don d'ubiquité y compris à travers la planète. Voilà qui me fait une belle jambe. Je ne peux me satisfaire de ce constat sans réagir. L'idée m'est venue de proposer une union sacrée de toutes les victimes de ce ruissellement nasal. Évacuons l'intrus, mouchons-nous du nez et cessons le de le faire du coude comme nous l'ont imposé ses complices.


Je n'avais jusqu'alors pas saisi le but précis de cette absurdité. Se moucher du pli caudal et non du coude (car il s'agit toujours de nous prendre pour des imbéciles) n'avait d'autre intérêt que de laisser en place le petit morveux. Il est grand temps de prendre le taureau par les cornes, de laisser tomber qui plus est le mouchoir en papier à usage unique, incapable d'extirper l'immonde morve. Emparons-nous d'un tire-jus, d'un grand mouchoir à carreaux et évacuons du nez ce pitoyable personnage.


Le laisser sur le carreau, voilà bien la seule perspective réjouissante, pourvu qu'il soit de Cholet, le mouchoir servira de réceptacle à ce triste épisode d'une Raie Publique pestilentielle qui fait son chou gras dans nos appendices. À vue de nez, le temps est venu de se moucher très fort.


 


samedi 15 juin 2024

Calembour et calembredaines

Salon du livre de Nogent sur Vernisson





Si le calembour est selon Victor Hugo la fiente de l'esprit, il n'en a pas moins tiré la quintessence avec cette charade qui fit le tour du pays.


Mon 1er est un oiseau.
Mon 2ème
est ce que disait Alexandre Dumas fils à Alexandre Dumas père pour lui faire remarquer que les domestiques espionnaient par le trou de la serrure alors qu’il était tard et qu’ils auraient mieux fait d’aller se coucher.
Mon tout est ce qu’on dit quand on a perdu sa montre à Nogent-le-Rotrou.
Réponse:

J’ai perdu ma montre à Nogent-le-Rotrou

Explication:
1. Geai
2. Père Dumas, montre à nos gens l’heure au trou.



D'un Nogent à l'autre il est permis de suivre à distance les traces du grand homme pour évoquer un salon du livre qui s'y tient ce jour.



Ce ne sera que calembredaine à l’embonpoint certain, billevesée maladroite ou coquecigrue déplacée écrit à la plume trempée dans un jaune d'œuf. Mais qu'importe, l'essentiel est de jeter l'ancre sur ce petit affluent du Puiseaux dans lequel j'ai puisé mon inspiration désastreuse.





Que peut-on dire à cette occasion littéraire ?



Qu'à Nogent les vers y sont sages

ou bien encore

Qu'à Nogent les vers y sont pages



Faire salon du livre ici suppose de débuter par un vernissage



Car à Nogent c'est sûr, vernissons !



Devant ces piètres propositions, le mieux est de plier bagage

 et de ne pas me montrer en ce lieu.



jeudi 13 juin 2024

Elles ne coulent pas de source.

Mes fariboleries





N'est pas La Fontaine qui veut, il convient de savoir rester à sa place d'autant plus que je n'ai guère la réputation d'être un individu affable. Partant de ces constats qui poussent à l'humilité et la prudence, il était hors de question de prétendre écrire des fables même si la tentation de la morale et le goût exacerbé de dépeindre notre société peuvent donner l'illusion que le maître demeure source d'inspiration.


Comme il est plus raisonnable de ne jamais affirmer : « Fontaine, je ne boirai jamais de ton eau ! » il a fallu biaiser et trouver niche littérale pour y glisser quelques sornettes animalières à visée éducative et plaisante. Singeant le grand homme, le manichéisme y est de bon aloi tandis que la faune y conserve la part du lion.


Ainsi donc sont nées des fariboleries qui ne resteront pas dans les annales tant il n'est plus permis de se gausser de nos travers et plus encore de ceux des canailles qui se pensent les maîtres du monde. Le genre est d'autant plus obsolète qu'il se prive des deux mamelles du succès de l'époque : grossièreté et vulgarité tout en empruntant le chemin escarpé et totalement délaissé de la rime et de la métrique.


Pour ce dernier point, votre auteur, loin d’être un homme de plume, s'émancipe largement de la rigueur versificatrice qu'il convenait autrefois à nos chers fabulistes. Ces petits textes ne sont que pauvres fariboles, misérables sornettes, humbles facéties qui ne prétendent ni à la postérité, ni même à un lectorat de masse. Quant aux enfants, il est fort improbable qu'un enseignant s'aventure à leur offrir de telles âneries. Il a bien mieux en rayon en ce domaine, dans la littérature destinée à la jeunesse.


Il ne reste donc plus qu'une poignée d'irréductibles dinosaures antédiluviens pour prendre le risque de perdre leur précieux temps à décrypter des textes qui sont écrits en français, handicap suprême, avec pour ne rien arranger, des mots écrits dans leur entièreté. S'il faut ajouter à ce triste tableau, des formulations alambiquées, des mots compliqués, des verbes qui sont conjugués sur tous les modes et vous comprendrez que seul un public averti et en voie de disparition pourrait faire l'effort de lire une Faribolerie.

 Article

République du Centre
 


Si jamais vous êtes du nombre des élus, prenez donc la peine d'en parcourir quelques-unes. Il convient cependant d'ajouter une réserve supplémentaire et de taille. La pratique m'a administré terrible constat et j'ai grand souci de vous épargner pareille déconvenue. Mes fariboleries mettant en scène des animaux, j'ai eu la fort mauvaise idée de les illustrer de photographies animalières. La facilité tout autant que l'usage désormais habituel m'a valu des encouragements, des appréciations et parfois des commentaires de la part de cossards qui n'avaient regardé que les illustrations, s'épargnant le pensum de la lecture. J'en fus à chaque fois fort marri tout autant qu'exaspéré que ces gens se permettent une telle facilité.


Autre curiosité, le nombre de ces fameux pouces bleus pointant le ciel, forme la plus élaborée de la pensée contemporaine, ne sont nullement en relation avec le compteur des petites vidéos accompagnant la faribole. Ceci démontre à l'évidence, que l'appréciation est désormais une aimable preuve de politesse, sans que ce fut une réaction subséquente. L'absence de fondement à l'opinion étant naturellement la marque de fabrique de notre société.


Vous disposez désormais de l'information utile à votre venue éventuelle dans l'univers de mes fariboleries. Si l'épreuve vous parait insurmontable, je ne peux vous en tenir rigueur à la condition que vous n’en veniez pas troubler mon onde pure. Épargnez-vous donc toute forme de flagornerie illusoire, mon misérable ramage n'a pas à se mesurer à l'aulne de votre plumage.

 


 


mardi 28 mai 2024

Aphorisme du drapeau noir

 

Pirate





Forban, flibustier tout autant que corsaire

Je cours l'Océan en quête d'aventure

Les navires marchands pour unique adversaire

Que je guette tout en haut de la mature



Le butin restera mon objectif ultime

Voleur, truand, pilleur ou encore escumeur

La mort demeure ma compagne intime

Jusqu'à ce qu'elle choisisse de faire mon malheur



Lorsque la mer deviendra mon triste tombeau

Personne dans mon village ne me pleurera

Depuis si longtemps je fus pour eux un fardeau

Mon départ pour tous sera un bon débarras



Depuis le temps qu'on me promettait la corde

Moi le renégat, le gibier de potence

Je fus le sujet d’innombrables discordes

Quand les bonnes gens déploraient mes inconstances



En quittant à jamais ma chère Bretagne

Embarquant pour la lointaine Jamaïque

Je me joignis à mes frères de la castagne

Piteuse troupe aux mœurs archaïques



De ce jour, arborant l'oriflamme noire

Les dés étaient jetés et mon destin scellé

Mon passage engendrait le désespoir

Dans mon sillage des larmes et du sang mêlés



Pour tous ces butins, illusoires richesses

Trésors accumulés sans pouvoir en jouir

J'ai assassiné sans la moindre faiblesse

Contraignant la société à me maudire



Au terme de cet épouvantable chemin

Lucifer m'ouvrira les portes de l'enfer

La damnation pour ce maudit marin

Qui du diable sera le thuriféraire



Puisque le cinéma fait de moi un héro

Ne perdez jamais de vue mes odieux méfaits

Par appât du gain je devins un vil escroc

Et pour l'humanité, un repoussoir parfait



J'ai sabordé ma misérable existence

En embarquant sur c'maudit bateau pirate

Nulle confession n'effacera mes outrances

Lorsque cessera ma sanglante régate


 

mardi 30 avril 2024

Mettre le pied à l'index !


 

Le pied en question




Mettons tout à plat. Qu'est-ce qui cloche dans mon pied ?

Comment un cul de jatte prend-il son pied ?

Les pieds-noirs étaient-ils tout blanc ?

La mode est-elle toujours à la pointe du pied ?

Faut-il laisser ses chaussures au pied de la lettre au père Noël ?


Pourquoi les chefs sont-ils rarement à pied d'œuvre ?

Le pied à coulisse aura-il un jour les honneurs de la scène ?

Les mousquetaires étaient-ils habillés de pied en cap par le roi ?

Peut-on boire un coup dans un verre à pied ?

Combien faut-il de pieds pour que ce verre soit bien rempli ?


Peut-on faire un appel du pied le 18 juin ?

Faut-il être nécessairement sportif pour faire ses courses à pied ?

Le valet de pied est-il à la botte de son maître ?

Faut-il être paysan pour attendre quelqu'un de pied ferme ?

Faut-il arroser la plante des pieds ?


Le pied du champignon a-t-il le cul terreux ?

Peut-on avoir le pied au plancher quand on appuie sur le champignon ?

Faut-il avoir pied quand on prend un bain de pieds ?

Les brodequins sont-ils toujours à pied de guerre ?

La liberté et la fraternité peuvent-ils être traités à pied d'égalité ?


Peut-on rester de marbre au pied d'une statue ?

La prostituée fait-elle souvent le pied de grue ?

Avoir le pied léger vous donne-t-il des ailes ?

Comment remplacer une danseuse de french-cancan autrement qu'au pied levé ?

Existe-t-il des sabots pour pieds bots ?


Faut-il avoir le pied marin pour recevoir les palmes académiques ?

Des pieds qui gonflent peuvent-il finir par crever ?

Les cyclistes doivent-ils avoir les pieds nickelés ?

Un petit pied peut-il mener grand train ?

Peut-on encore se moucher du pied quand on a une crise de goutte ?


Pour passer une rivière à pied sec faut-il se prendre pour Dieu ?

Faut-il avoir un pantalon en pied de poule pour marcher sur des œufs ?

Le pied de lampe a-t-il lui aussi des ampoules ?

Dans quel état est votre paume quand vous avez les pieds en compote ?

Le pied d'une montagne peut-il être gelé ?


Un pied de cochon est-il susceptible de vous faire la tête ?

Un pied de vigne peut-il être pressé ?

Un âne est-il bête comme ses pieds ?

Un marin peut-il garder les pieds sur terre ?

Comment fouler aux pieds un vignerons ?


Peut-on couper l'herbe sous le pied d'une falaise ?

Quelle prière faut-il faire les pieds joints ?

Est-il recommander de s'enfoncer une épine dans le pied au pied de la croix ?

Faut-il les mains pleines pour en avoir sous le pied ?

Faut-il mettre le pied à l'étrier à un gynécologue débutant ?






lundi 1 avril 2024

Langue de vipère et compagnie

La langue en question





Comment faire taire une langue vivante ?

Les langues de vipères font-elles aussi leur mue ?

Existe-t-il un mausolée pour les langues mortes ?

Comment décrocher une langue bien pendue ?

Peut-on tirer une langue qui se décline ?


Tous les points mènent-ils tous à la ligne ?

Un point final peut-il vous être fatal ?

Un point virgule est-il un indécis ?

Faut-il donner un carton rouge pour obtenir un point de suspension ?

Le point de suspension éclaire-t-il la phrase ?


Peut-on dé-grouper les verbes ?

Peut-on se fier à un verbe irrégulier ?

Pourquoi ce verbe pronominal n'attend-il personne ?

Peut-on avoir le verbe haut dans une messe basse ?

Est-il possible de ne pas être d'accord avec un verbe ?


En grammaire, existe-t-il des accords mineurs ?

Peut-on aisément être en désaccord avec un pronom réfléchi ?

Le facteur est-il aussi un accordeur de mots ?

Accorde-t-on trop d'importance à un objet qui se met en avant ?

Comment accorder un mot qui a mauvais genre ?


Faut-il un topographe pour faire le point ?

Quel est l'article de la mort ?

Pourquoi faire l'article est-il plus simple que de l'apostropher ?

Un nom peut-il être définitif ?

Un mot qui a une bonne nature peut-il vivre plus longtemps ?


Est-ce qu'il se suffixe à lui-même ?

Doit-on respecter une heure d'ouverture pour les parenthèses ?

Le tréma pousse-t-il au bégaiement ?

Fait-on toujours porter le chapeau à l'accent circonflexe ?

Un mot accentué doit-il se découvrir devant une dame ?


Peut-on mettre la majuscule à l'index ?

Est-on condamné à la lettre capitale ?

Quelle est la pointure du pied de la lettre ?

Peut-on faire des prépositions malhonnêtes ?

Qui a délié les pleins ?


Un dictionnaire est-il une réserve naturelle de mots ?

Existe-t-il des mauvais sujets ?

Une subordination peut-elle se plaindre de sa hiérarchie ?

Faut-il aussi traduire ses sentiments ?

Que faire d'un mot dont la racine est cariée ?


Peut-on ordonner par prêtrise ?

La conjonction est-elle toujours favorable ?

Un nom catégorique manque-t-il de classe ?

Comment définir un pronom indéfini ?

Le pronom relatif fut-il découvert par Einstein ?


Quand faut-il faucher le préfixe ?

Doit-on se faire prescrire une analyse grammaticale ?

La préposition a-t-elle manqué d'à-propos ?

Quel médecin vous a-t-il recommandé l'allitération ?

Comment épeler une POMME ?

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vendredi 29 mars 2024

De la cloche au plateau !

 

Le calvaire des tyrophes




Si certains ne peuvent le sentir

D'autres s'en délectent à chaque repas

Hélas, pour les premiers sans mentir

C'est une belle vacherie en tous cas


Quand ils le voient passer sous leur nez

Ils deviennent chèvre dans l'instant

Loin d'être en odeur de sainteté

Il leur provoque nombre de tourments


On exige qu'ils se montrent coulants

Quand on leur apporte sur un plateau

Pas de quartier pour ces pauvres gens

Avant la cerise sur le gâteau


Si chacun peut manger son pain blanc

Pour eux, nul besoin de prétexte

Pour finir leur Pessac Léognan

Et le reste de la baguette


Nonobstant les autres convives

Lorsqu'ils vantent la diversité

D'une production qui avive

La fierté de notre francité


C'est notre belle France affinée

Que rejettent ces mauvais citoyens

Puisque leur aigreur sent le caillé

Avec des fragrances de crottin


Pour cette paille dans la bûche

Cette pyramide de mépris

Ils endurent bien des embûches

En Normandie mais aussi en Brie


Le Penicillium à son tour

Accroît leur terrible calvaire

À Roquefort ou Rocamadour

En Bresse ou à Saint Nectaire


Du petit lait jusqu'au lactose

Quand ils en font tout un fromage

Bien plus qu'une petite névrose

Leur tyrophobie fait outrage


Me traiteront alors de mufle

Pour ces pauvres vers indolores

La Mozzarella et ses buffles

Et nos vins ne seront pas d'accord

•••




 

vendredi 22 mars 2024

J'ai le bourdon !

 

Bourdon




S'il y a quelque chose qui cloche

C'est bien sa mauvaise réputation

Lui qui lutine sans anicroche

Pour polliniser la végétation


On le juge sur son apparence

Et sa grande taille sème l'effroi

Quand les humains avec assurance

Médisent méchamment à son endroit


Qu'on veuille le marier de force

À l'abeille, sa petite cousine

Préfigure déjà le divorce

Entre ces insectes qui butinent


Parce qu'on le découvre hirsute

Passe immédiatement pour un méchant

Une analogie des plus abruptes :

Qu'il soit poilu fait de lui un piquant


Si le mâle demeure inoffensif

Sa femelle pique très rarement

Il faut se montrer trop agressif

Pour la pousser à ce désagrément


Si le bourdons fonde une colonie

À proximité de votre jardin

N'en faites surtout pas une maladie

Il agira toujours pour votre bien


Il aime à travailler sous serre

Pour les tomates et les fraisiers

Ce comportement hélas le dessert

Son bourdonnement est amplifié


Prenez donc la peine de le respecter

Repoussez votre jugement hâtif

Pour vous ne constitue aucun danger

Ce merveilleux hôte de vos massifs


Lorsque vous aurez du vague à l'âme

Il vous régalera de son pardon

Si renonçant à faire l'amalgame

Ne direz plus jamais « j'ai le bourdon !'


À Pâques, en regardant les cieux

Qui se plait à croire, apercevra

Le vol d'un très gros bourdon gracieux

Pour que vous butiniez du chocolat




jeudi 22 février 2024

La musique en questions

Sur un désaccord majeur





Faut-il se creuser la tête pour trouver un accord mineur ?

Parvient-on à s'accorder quand on est brouillés ?

Un chef d'orchestre est-il comparable à une direction assistée ?

Une note peut-elle être salée ?

Le piston a-t-il bénéficié d'un coup de pouce ?

 

La clef des chants est-elle ouverte ?

Est-ce de bon ton de chanter faux dans un chœur ?

Peut-on montrer du doigt un accord majeur ?

Est-on totalement certain d'une oreille absolue ?

Existe-t-il un salaire plancher pour les solistes ?


Une violoncelliste risque-t-il la prison ?

Faut-il sortir le triangle en cas de fausse note ?

Le professeur de tuba a-t-il automatiquement les palmes académiques ?

Le cornet reste-t-il de glace lors d'un fortissimo ?

La portée fera-t-elle des petits ?


Les chansons militaires se chantent-elles toutes en canon ?

Comment ce virtuose a-t-il pu tomber dans ce comma ?

Existe-t-il un trafic sur les cuivres ?

Un chef au piano peut-il être un demi-queux ?

Peut-on provoquer des répercussions en demandant un bis à un groupe de percussions ?


Que collectionnent les ensembles philharmoniques ?

Staline a-t-il vraiment joué de l'orgue ?

Un clairon peut-il se mettre en drapeau ?

Faut-il mettre sa main devant sa bouche pendant une quinte ?

Peut-on jouer une tierce dans le désordre ?


Que fait-on quand la tonalité a été coupée ?

Le timbalier a-t-il de la contenance ?

Faut-il rentrer les hautbois en prévision de l'hiver ?

Peut-on rester dans la mesure quand on est à contre-temps ?

Est-il raisonnable d'avoir un instrument à touches dans un orchestre de chambre ?


Que risque-t-on à jouer de la viole en réunion ?

Peut-on avoir la pêche avec un filet de voix ?

Comment mettre une quarte sur la table de la guitare ?

La valeur attend-elle le nombre des portées ?

Comment se comporter lors du dernier soupir ?


Dans une église, faut-il placer le saxo près de l'autel ?

Peut-on revenir sur scène après une fugue ?

Un musicien débutant peut-il se noyer dans une embouchure ?

L'harmonie supporte-telle la discorde ?

Le canard vient-il de la flute à bec ?


Peut-on faire un pain avec un mi ?

L'opéra bouffe se dirige-t-il à la baguette ?

Le canard préfère-t-il l'orgue de Barbarie ?

Le premier mouvement est-il toujours le bon ?

Est-il facile de se partager des partitions ?


Une toute autre partition 

https://blogs.mediapart.fr/c-est-nabum/blog/230224/le-droit-du-sol



 

 



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