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mardi 21 mai 2024

Tout au fond d’une chopine

 

Morsures vipérines







Tout au fond d’une chopine

Il y a les monstres de mes nuits

Les illusions qui se débinent

Dans tous les tourments de ma vie


Tout au fond d’une chopine

M’attendent de pauvres catins

Que sans plaisir je lutine

Miteux amours sans lendemain


Tout au fond d’une chopine

Surgissent d’étranges fantômes

Aux morsures vipérines

Quand l’enfer m’ouvre son royaume


Tout au fond d’une chopine

Arrive un vieux loup de mer

J'ai le cœur qui s’illumine

Promesse d’un départ pour Cythère


Tout au fond d’une chopine

Je noie mes ultimes espoirs

D’une vie qui se ratatine

Derrière ce maudit comptoir


Tout au fond d’une chopine

La tempête m’emporte alors

Souvenir des Malouines

Sans jamais dépasser le port


Tout au fond d’une chopine

À chaque fois que je me noie

C’est ma vie qui dégouline

D’une affreuse gueule de bois


Quand au fond de ma chopine

L’ultime lampée devient fatale

Moi le buveur qui tombe en ruine

Je gis au pied de mon fanal

•••


 

vendredi 19 avril 2024

J'aime le vin d'ici : notre bon petit gris ...

 

Que bois-tu Chalandier ?





Que bois-tu Chalandier ?

Ton verre est tout vidé

Quel est ce doux délice

Qui te met en supplice ?


J'aime le vin d'ici

Notre bon petit gris

Tout autant les blancs

Qui viennent d'Orléans

Les rosés au pichet

Les rouges pour trinquer


Je bois pour le plaisir

Tu n'as qu'à me l'offrir

Je trinque par passion

De la dégustation

Je goûte la douceur

De ces vins les meilleurs


Je chante des chansons

Qui sortent du bouchon

Ces airs sont si joyeux

Que nous sommes heureux

De boire un autre verre

La tête à l'envers


Je m'endors en chemin

Quand je cuve mon vin

J'ai dormi tout mon saoul

D'avoir été trop saoul

Avec d'autres trimards

Qui aiment le pinard


Quand je boirai de l'eau

Je ne s'rai pas très beau

Tout au fond de la Loire

Au bout de mon histoire

Avec la gueul' de bois

Et les deux bras en croix 

•••


 

lundi 8 avril 2024

Tout au fond d’une chopine

 

Tout au fond d’une chopine





Tout au fond d’une chopine

Il y a les monstres de mes nuits

Les illusions qui se débinent

Dans tous les tourments de ma vie


Tout au fond d’une chopine

M’attendent de pauvres catins

Que sans plaisir je lutine

Miteux amours sans lendemain



Tout au fond d’une chopine

Surgissent d’étranges fantômes

Aux morsures vipérines

Quand l’enfer m’ouvre son royaume


Tout au fond d’une chopine

Arrive un vieux loup de mer

J'ai le cœur qui s’illumine

Promesse d’un départ pour Cythère


Tout au fond d’une chopine

Je noie mes ultimes espoirs

D’une vie qui se ratatine

Derrière ce maudit comptoir



Tout au fond d’une chopine

La tempête m’emporte alors

Souvenir des Malouines

Sans jamais dépasser le port


Tout au fond d’une chopine

À chaque fois que je me noie

C’est ma vie qui dégouline

D’une affreuse gueule de bois


Quand au fond de ma chopine

L’ultime lampée devient fatale

Moi le buveur qui tombe en ruine

Je gis au pied de mon fanal

•••


 

jeudi 28 mars 2024

Les « tailleux de douzils »

 

Les « tailleux de douzils »






Notre Vardiaux, beau et fier bateau

Oh grand jamais ne transportait de l'eau

Rien que des tonneaux et des barriques

Qui embarqueront pour l'Amérique


De Roanne jusqu'à Nantes nous descendions

Sans mettre en perce le moindre muids

Tous ces nectars dont nous nous régalions

Du soleil levant jusqu'à la minuit


Avalant la Loire et ses vins à boire

Par une astuce qu'il vous faudra croire

Nous grugions les marchands et les clients

Grâce à un astucieux faux-fuyant


D'un très vigoureux coup de son poinçon

Le toutier creusait un orifice

Laissant couler agréable boisson

Dont nous faisons notre délice


Pour effacer ce très vilain forfait

Fallait colmater c'que nous avions fait

C'était facile sur un bateau de bois

Un tenon bouchait la mortaise, ma foi


Les « Tailleux de douzis » pour vous servir

Rien qu'un petit pourboire prit sans façon

Un doux plaisir sans jamais en pâtir

En vidant toujours le même cruchon


Pour nos tonneaux, une meurtrissure

Tout juste une discrète blessure

Que les aléas d'la navigation

Servaient facilement d'explication


Conscience professionnelle

Ou bien alors coupable addiction

Personne ne nous traita de criminels

Pour n'avoir jamais payé l'addition


Dans toutes les tavernes du pays

Nous nous constituions un alibi

Pour disculper notre appétence

La chopine prouvait notre innocence


Dur labeur que celui de marinier

En succombant à la tentation

Sans débourser le moindre denier

Pour vérifier notre cargaison

•••

 
https://blogs.mediapart.fr/c-est-nabum/blog/140914/les-tailleurs-de-douzilles


 

jeudi 21 septembre 2023

L'eau de là

 

Le vin d’ici





J’aime à gouter le vin d’ici

Que je préfère à l’eau de là

Grâce à lui j’ai beaucoup amis

Quand je débouche un Saint Nicolas


Je danse sur des verres à pieds

Enlace tendrement le goulot

Déguste à grandes gorgées

Un délicieux vin au bistrot

Je me délecte d’un godet

Tiré d’une grosse barrique

C’est un gouleyant muscadet

Servi avec des berniques

 •

J’aime à gouter le vin d’ici

Que je préfère à l’eau de là

Je n’ai jamais plus de soucis

Le vin accompagne mon repas


Je m’offre une ou deux chopines

Un sauvignon bien de chez nous

Pour attirer cette coquine

À qui je faisais les yeux doux

La verdeur de ce breuvage

Lui permettant vite d’oublier

Que ce n’est plus à mon âge

Qu’on peut remettre la tournée


J’aime à gouter le vin d’ici

Que je préfère à l’eau de là

C’est ainsi que toute la nuit

je ronflerai dans de beaux draps


Je me dégrise à la bonne heure

Le soleil pointe à l’horizon

Je dois me remettre en labeur

Bien loin de ce tendre jupon

J’en ai l’air hélas à quoi bon

Se faire du mal en affirmant

Je ne suis qu’un vulgaire pochtron

Un gougnafier, un sacripant

 •

J’aime à gouter le vin d’ici

Que je préfère à l’eau de là

Et toute ma chienne de vie

Je resterai un vieux gars


J’aime à gouter le vin d’ici

Que je préfère à l’eau de là

C’est hélas à cause de lui

Que j’ai le foie dans cet état 

••


 

mercredi 14 juin 2023

Les « tailleux de douzils »

 

Les « tailleux de douzils »

 

 




Notre Vardiaux, beau et fier bateau

Oh grand jamais ne transportait de l'eau

Rien que des tonneaux et des barriques

Qui embarqueront pour l'Amérique


De Roanne jusqu'à Nantes nous descendions

Sans mettre en perce le moindre muids

Tous ces nectars dont nous nous régalions

Du soleil levant jusqu'à la minuit


Avalant la Loire et ses vins à boire

Par une astuce qu'il vous faudra croire

Nous grugions les marchands et les clients

Grâce à un astucieux faux-fuyant


D'un très vigoureux coup de son poinçon

Le toutier creusait un orifice

Laissant couler agréable boisson

Dont nous faisons notre délice


Pour effacer ce très vilain forfait

Fallait colmater c'que nous avions fait

C'était facile sur un bateau de bois

Un tenon bouchait la mortaise, ma foi


Les « Tailleux de douzis » pour vous servir

Rien qu'un petit pourboire prit sans façon

Un doux plaisir sans jamais en pâtir

En vidant toujours le même cruchon


Pour nos tonneaux, une meurtrissure

Tout juste une discrète blessure

Que les aléas d'la navigation

Servaient facilement d'explication


Conscience professionnelle

Ou bien alors coupable addiction

Personne ne nous traita de criminels

Pour n'avoir jamais payé l'addition


Dans toutes les tavernes du pays

Nous nous constituions un alibi

Pour disculper notre appétence

La chopine prouvait notre innocence


Dur labeur que celui de marinier

En succombant à la tentation

Sans débourser le moindre denier

Pour vérifier notre cargaison

 



samedi 13 mai 2023

Des tonneaux et du vin

 

Des tonneaux et du vin


Samedi 13 mai




Veillée contée et chantée

Au musée de la Tonnellerie de Chécy


18 heures et 20 heures


Dans le cadre de la nuit des musées


Des tonneaux et du vin

mise en bouche


 


 



Contes et chansons à boire sans modération

 


 

 



lundi 2 janvier 2023

En Carafe ...

 

En carafe




Si le bon vin y retrouve de la vigueur

Le quidam ne goûte guère de s'y voir plonger

La situation provoque bien des aigreurs

Même si nul bouchon ne vient le contrarier


Qu'il se retrouve à pied ou bien embouteillé

Abandonné au milieu de nulle part

De la circulation, pauvre naufragé

Il ne rêve de que reprendre le départ


Grève des trains ou encore des avions

À moins que ce ne soient les aléas du temps :

Neige, pluie verglaçante, inondation

Le voyageur immobile maudit l'instant


Se retrouver en carafe ça va de soi

Malheureusement, vous laisse décontenancé

Impossible alors de retourner chez soi

Ou pire encore de vous rendre à vos congés


La panne sèche donne le même résultat

Lorsque de partout les pompes sonnent le creux

Pour vos gourmandes batteries même constat

La coupure d'électricité ne vaut guère mieux


Faisons tous comme les verres de la carafe

Préférons le pied à l'ivresse de la vitesse

La marche demeure pour le cartographe

La plus sûre manière de bouger ses fesses


Sans réservoir ni une source d'énergie

Le randonneur va toujours d'un excellent pas

Pourvu qu'il conserve un solide appétit

Dans sa gourde de l'eau de source pas de soda


De ces élucubrations jaillit une idée

Une suggestion venue du fond du cruchon

Et si de nos tonneaux surgissait la clarté

Bien loin des barils de tous ces émirs ronchons


Roulons avec des grands crus ou des piquettes

Sans passer par la pompe et ses taxes fiscales

Les vignerons nous donneront une poussette

Pour relancer l'économie nationale

 


 

•••

Le pommard dans la jaguar

Du pinard pour l'autocar

Du Chenin en chemin

Du Savagnin au matin


Avec du rosé en été

Du gamay toute l'année

Et du blanc au printemps

Le crémant tout le temps


 

vendredi 23 décembre 2022

Message personnel

 

Si tu me payes un verre.






Si tu me payes un verre, je n'te demand'rai pas
Où tu vas, d'où tu viens, si tu sors de cabane
Si ta femme est jolie ou si tu n'en as pas
Si tu traînes tout seul avec un cœur en panne
Je ne te dirai rien, je te contemplerai
Nous dirons quelques mots en prenant nos distances
Nous viderons nos verres et je repartirai
Avec un peu de toi pour meubler mon silence


Si tu me payes un verre, tu pourras si tu veux
Me raconter ta vie, en faire une épopée
En faire un opéra... J'entrerai dans ton jeu
Je saurai sans effort me mettre à ta portée
Je réinventerai des sourir' de gamin
J'en ferai des bouquets, j'en ferai des guirlandes
Je te les offrirai en te serrant la main
Il ne te reste plus qu'à passer la commande


Si tu me payes un verre, que j'ai très soif ou pas
Je te regarderai comme on regarde un frère
Un peu comme le Christ à son dernier repas
Comme lui je dirai deux vérités premières
Il faut savoir s'aimer malgré la gueul' qu'on a
Et ne jamais juger le bon ni la canaille
Si tu me payes un verre, je ne t'en voudrai pas
De n'être rien du tout... Je ne suis rien qui vaille


Si tu me payes un verre, on ira jusqu'au bout
Tu seras mon ami au moins quelques secondes
Nous referons le monde, oscillants mais debout
Heureux de découvrir que si la terre est ronde
On est aussi ronds qu'elle et qu'on s'en porte bien
Tu cherchais dans la foule une voix qui réponde
Alors, paye ton verre et je t'aimerai bien
Nous serons les cocus les plus heureux du monde


Paroliers : Bernard DIMEY / Christiane Kauffmann


mardi 13 décembre 2022

Au pays de Rabelais, le vin de Taffetas.

 

Édouard aux vins d'argent.



Texte pour rendre hommage à notre ami Édouard






Édouard est un personnage sorti plus sûrement d'une bade dessinée que d'une école d'œnologie. Il y a du pied nickelé chez ce petit fils d'un amiral de la Navy. Né en Amérique, sa famille le destine à une brillante carrière de financier. Édouard n'a pas la fibre malhonnête, il se déplait profondément dans ce métier de requin. L'eau n'est pas son domaine, c'est dans le vin qu'il va trouver sa voie.

L'aventure débute bien avant son inflexion professionnelle. Le grand-père marin a acheté en 1947 un magnifique château en Touraine, au pays de Rabelais. Sur les coteaux qui dominent la Vienne, à quelques encablures de la confluence avec la Loire, sa gentilhommière dissimule bien des trésors dans ses entrailles. On en trouve trace dans les archives dès 1750.

Ces secrets vont rester ainsi endormis durant de longues années jusqu'à ce qu'un jour de 1994, Édouard décide de tout laisser tomber pour découvrir le métier de vigneron. Il a déjà de la bouteille, notre malicieux bonhomme. Son œil pétille lorsqu'il raconte cette aventure insensée qui mènera sous le regard goguenard et quelque peu dubitatif des autochtones.

Qu'importe les sourires en coin, Édouard à de la suite dans les idées et une envie chevillée au cœur. Il y a sous son vieux châteaux des galeries souterraines creusées dans le tuffeau. Dorment là des centaines de tonneaux, moisis, couverts de champignons. Il y a encore des cuves creusées dans la roche et des installations d'un autre temps qui attestent qu'ici, autrefois, on faisait du vin.

Il fit venir un sourcier, un homme capable de ressentir les vibrations de la terre. Ils arpentèrent tous deux le haut du coteau, juste au dessus des ces caves oubliées depuis si longtemps. Le sorcier ressentit un message, c'est un clos pour le Chenin, ce cépage arrivé en Touraine en 945. Tout autour, on se gausse, le cabernet a pris la place depuis belle lurette … Édouard s'en moque, Bacchus lui a envoyé un signe, le grand amiral s'appelait Le Breton, nom qu'on donnait justement à son cépage autrefois.

Édouard se fie à l'intuition de l'enchanteur. Il plante un peu plus de trois hectares de Chenin et pendant que ses vignes grandissent, il retourne à l'école suivre quelques cours au Lycée agricole de Montreuil Belay. Il avoue qu'il ne fut pas un excellent élève puisqu'il n'a jamais rien compris à la taille. Je doute qu'il dise la vérité, nous sommes fait pour nous entendre.

De la théorie à la pratique, il y a cependant un monde qui transformera les premières récoltes en aventure épique. Édouard ne va pas se décourager, il a deux certitudes qu'il veut pousser jusqu'au bout. Son domaine est fait pour le Chenin et c'est dans les fûts de chêne que sera élevé son vin, patiemment, longuement, naturellement, comme c'était jadis pratiqué en ce lieu.

Son obstination finit par produire ses fruits. Il lui faut trois années pour que l'alchimie mystérieuse du Tuffeau, des caves obscures et de l'élevage exclusif dans les tonneaux produisent des trésors. Ses vins ne ressemblent à aucun autre. Chaque année, une nouvelle surprise, un résultat radicalement différent du précédent. Édouard n'est pas là pour dupliquer d'année en année, le même produit standardisé, il laisse faire la magie d'une nature si généreuse.

Je vous laisse découvrir ce personnage. Demandez lui à parler de ces vins, de leur robe, de leur nez. Il est poète, il est alchimiste, il est enchanteur. Un petit passage au château de la Trochoire est une immersion gourmande au pays de Rabelais. Vous gouterez un vin tel que le grand François a du l'apprécier. Vous comprendrez alors l'âme de ce pays de cocagne.


 

Édouard à d'autres talents à son arc. Je l'ai retrouvé le soir même lors d'une petite soirée amicale. J'avais envisager de dire quelques contes pour les amis du pays. Avec sa comparse théâtrale Anne-Marie, il joua un impayable marinier dans une adaptation de Vert-Vert ou le Voyage du perroquet de Nevers, le célèbre poème composé de quatre chants en décasyllabes de Jean-Baptiste Gresset, publié en 1734.

Voilà une bien belle manière de passer délicieuse soirée dans ce pays béni des Dieux. Laissons au maître François la conclusion de ce récit : « Boire est le propre de l'homme, boire vin bon et frais, et de vin, divin on devient. »




Les vins d'argent n'existent plus et leur créateur a rejoint la Voie Lactée

samedi 3 décembre 2022

Que bois-tu Chalandier ?

Un doux délice

 


 




Que bois-tu Chalandier ?

Ton verre est tout vidé

Quel est ce doux délice

Qui te met en supplice ?


J'aime le vin d'ici

Notre bon petit gris

Tout autant les blancs

Qui viennent d'Orléans

Les rosés au pichet

Les rouges pour trinquer


Je bois pour le plaisir

Tu n'as qu'à me l'offrir

Je trinque par passion

De la dégustation

Je goûte la douceur

De ces vins les meilleurs


Je chante des chansons

Qui sortent du bouchon

Ces airs sont si joyeux

Que nous sommes heureux

De boire un autre verre

La tête à l'envers


Je m'endors en chemin

Quand je cuve mon vin

J'ai dormi tout mon saoul

D'avoir été trop saoul

Avec d'autres trimards

Qui aiment le pinard


Quand je boirai de l'eau

Je ne s'rai pas très beau

Tout au fond de la Loire

Au bout de mon histoire

Avec la gueul' de bois

Et les deux bras en croix 

••• 

dimanche 9 octobre 2022

Le temps des vendanges

 

 

Le temps des vendanges





C'est moi le pauvr' hotteux

« La bête de somme » qu'on appelle

Pour ces petits grains juteux

Qu'on jette dans mon escarcelle


J'ai le dos courbé sous l'effort

Mes reins usés me font tant mal

Mais je ne suis plus aussi fort

Qu'au temps où je dansais au bal


Voici le temps des vendanges

La belle fête du coteau

Moi qui ne suis pas un ange

Je vais ployer sous le fardeau

 



Mais jamais je ne manquerai

Ces jours d'un si dur labeur

De tournées en jolis banquets

J'aime retrouver les vendangeurs


Toute la journée j'ai souffert

La charge qu'on m'a imposée

Ma hotte pleine d'un raisin vert

Jusqu'à la cuve je l'ai portée



*

Je me souviens, y'a bien longtemps

J'étais si jeune, autrefois

Pas un sécateur dans les rangs

N'allait aussi vite que moi


Alors j'ai pris la lourde hotte

Serré les poings et les dents

Pour ce plaisir, peu m'importe

Le poids du raisin et des ans

 



*

Chaque année j'attends l'appel

Du bonheur qui me démange

Ce trop petit péché véniel

Le temps béni de nos vendanges


Ma hotte calée sur le dos

Je suis fier et reste digne

En versant dans le tombereau

Les belles grappes de la vigne


Voici le temps des vendanges

La belle fête du coteau

Moi qui ne suis pas un ange

Je vais ployer sous le fardeau

 


 


À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

  Partir À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ? Ces éternels prisonniers de leurs entraves Ils ont pour seules v...