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vendredi 3 mai 2024

Le loup et le castor.

 

Le loup et le castor.






Un loup venu de l'arctique

Posa ses valises à Cerdon

Trouva le pays sympathique

Avec cinq de ses compagnons


Ignorait alors le projet

Qui justifiait sa venue

Une stupidité sans objet

Proposée par un parvenu


Pour édifier des compères

De jeunes loups ambitieux

Afin qu'ils devinssent des experts

Des prédateurs consciencieux


Pour cette noble ambition

La malheureux fut opéré

Une bonne castration

Afin de mieux collaborer


Un castor témoin oculaire

De cet odieux crime sanglant

Songea que par un froid polaire

C'était un attentat cinglant


Comment dire qu'il se les gèle

Dans pareille situation

Privé de ses animelles

Honteuse énucléation


Le castor redouta soudain

De subir sort analogue

Sa queue ce n'est pas anodin

Attire les éthologues


Il fit alors grand barrage

Sur son impavide Beuvron

Voulant respecter l'adage

« Sans tarder, noyons ce poison ! »


Les flots submergèrent la zone

De sorte qu'à la queue leu-leu

On puisse évacuer la faune

À l'exception des fielleux


Les séminaristes périrent

Sans que nul ne les regrette

Rien n'est décidément pire

Que des cadres en goguette

•••





vendredi 12 janvier 2024

Voilà que fera date dans le Landerneau culturel

 

Dattes et Data





Voilà qui fera date

Dans le petit monde culturel

On s'y goinfrera de dattes

Lors des entractes éventuels


Celle qui fera la une

Engorgera tous les datas

C'est à sa bonne fortune

Que le trouvère trinquera


Quand elle brûlera le parquet

Ce ne sera que justice

Elle s'invitera aux banquets

Pour trinquer à son calice


Superbe coup de théâtre

Par cette distribution

Réservée aux idolâtres

La vedette fait sensation


Qu'importe ses états de service

Ni son parcours discutable

Toujours fera les délices

De nos chaînes du câble


Héritière de la palme d'Or

Pour le meilleur second rôle

Elle assurera le décor

En y perdant tout contrôle


Première des figurantes

Avec ce metteur en scène

Les actrices sont des plantes

Dans sa vision obscène


Les rôles titres aux favoris

Sémillants jeunes premiers

Pour une piteuse comédie

De ce pouvoir bananier


Simple mesure indolore

N'en faites pas une tragédie

Le rideau tombera alors

Sur la sympathique Dati


Pour les malheureux artistes

La réalité est tragique

Seul le précieux perchiste

Fera les jeux olympiques



 





lundi 8 janvier 2024

Quand la panse éviter de penser

 

De la tempérance.





Pour votre santé, la tempérance s'impose

Hélas, pour satisfaire le consumérisme

Notre calendrier toujours vous propose

L'occasion de parfaire votre épicurisme


Dinde et marrons tout juste sortis du four

Qu'une galette feuilletée se glisse bien au chaud

Pour que dans toutes les mairies des petits-fours

Viennent pimenter du maire le talk-show


Même sans tirer la précieuse fève

Vous deviendrez ainsi le brave couillon

Celui qui vient ici caresser le rêve

De partager l'effort de notre nation


Surviendra alors le temps des restrictions

Une nouvelle version du carême

L'abstinence provoquée par l'inflation

Pour une crise de régime suprême


Puis on sonnera joyeusement les cloches

Car c'est encore vous qui serez chocolat

Après les crottes: la poule, dieu que c'est moche

Fêtera Pâques avec une bonne crise au foie


Ne désespérez pas de brûler vos graisses

La flamme Olympique vaudra régime sec

Pour qui, au nom d'une étonnante largesse

De notre budget, hâtera les obsèques


Contentez vous alors de la vache enragée

Pourvu qu'elle trône en majesté au grand salon

Celui-là où durant toute une matinée

L'on y flattera la croupe des étalons


De nos spécialités régionales

Voulant vous en gaver sans modération

Effectuerez une vaste bacchanale

Afin de faciliter la digestion


Vous retrouvant conséquemment sur la paille

Vous faudra alors racler les fonds de tiroir

Afin de préparer à nouveau ripaille

Pour célébrer sa venue dans la mangeoire


Vous serez forcément en bonne compagnie

Parmi les moutons et l'âne de la crèche

Vous remplissant la bedaine sans parcimonie

Pour accélérer ce qu'on nomme la dèche






jeudi 22 décembre 2022

Mauvais conte de Noël ...

 

Ce n'est pas un cadeau !





Tout avait commencé de manière insidieuse dans la boîte aux lettres. La période était encore à la cueillette des derniers champignons, la douceur de l'automne ne laissait pas supposer que l'hiver réclamait déjà toute votre attention. Plus tôt encore que l'année précédente, des catalogues, pleins de promesses, étaient arrivés pour tenter tous les petits diables qui sommeillent dans chaque enfant.


Un bon gamin sans doute mais un démon quand même, un enfant qui n'en fait qu'à sa tête, un être de colère et de caprices, tyran domestique et monstre d'exigence reçu ces messages aguicheurs. Dès qu'il consulta ces maudits prospectus de la tentation, il n'y eut plus moyen de le tenir. Il allait d'une page à l'autre en s'exclamant, en cochant tout ce qui lui faisait envie, en découpant ce qu'il désirait avidement.


Il n'était pas fou, il avait compris que l'empressement des grands à satisfaire ses désirs passait par une sélection exhaustive de ces mirages merveilleux. Il voulait tout, réclamait tout dans une fièvre gourmande d'appropriation. Il savait que pour être aimé, il était indispensable d'être gâté. C'était un enfant modèle, un spécimen parfaitement adapté à la société de consommation.


Il distribuait les rôles à qui voulait bien lui accorder un peu d'estime. Père, mère, beau-père, belle-mère, oncles et tantes, grands-parents et voisins, amis et connaissances ; tous avaient droit à une petite requête, une demande précise, référencée, cataloguée. Il y avait de quoi satisfaire ses envies les plus extravagantes : la profusion des cadeaux possibles lui assurait un pouvoir redoutable sur tous ces adultes pris au piège.


Ce pouvoir, il le connaissait parfaitement. Il réclamait sans honte ni modération. L'enfant est roi en ce monde mercantile ; il est désormais impossible de lui refuser quoi que ce soit et point ne sert de prétexter un quelconque argument pour se défiler. Le cadeau de Noël est un passage obligé, une imposition sociétale, la seule marque d'affection qui ait un prix à ses yeux. L'enfant l'avait compris et, de son trône, organisait sa prochaine remise des récompenses.


Pour plus de sûreté, il établit une liste précise et détaillée qu'il expédia par la poste à un mystérieux entremetteur, livreur nocturne des colis espérés, bagagiste de ses envies. Il précisa, pour plus de clarté, le nom de chaque personne sollicitée. Le bon vieillard n'avait plus qu'à faire l'interface. Comme c'était un enfant de son époque, il eut la prudence de doubler la lettre d'un message électronique, ainsi était-il certain de son fait. Il serait comblé le moment tant attendu venu.


Il croisa durant tout le mois de décembre, de curieux personnages grimés dans les magasins et les centres commerciaux, sur les marchés de Noël et les places publiques. Quoique qu'il n’eût jamais affaire aux mêmes, tous ces pauvres comédiens misérables à la barbe postiche lui affirmèrent, tous en chœur, qu'ils avaient bien reçu sa commande et qu'il n'y avait aucune raison qu'elle ne soit pas satisfaite. Devant le pouvoir d'ubiquité de sa quémande, il jubilait qu'un tel pouvoir lui fut accordé !


Quelques atrabilaires rabat-joie venaient bien lui réclamer de petits efforts en contrepartie. Un peu de sagesse, une petite dose de politesse et de bonnes notes à l'école. Les pauvres, ils ignoraient sans doute qu'il y a belle lurette qu'on ne note plus les élèves. Quant aux autres conditions, l'enfant en riait d'avance. Qui oserait le priver de ce dont il avait droit ? Il n'est plus question d'exiger des contreparties à l'enfant roi ou alors il appellerait le 119.


Et le jour tant attendu, il comprit sa toute-puissance, sa force de persuasion et son importance dans la cité. Sous le sapin de Noël, une avalanche de paquets aux mille et une couleurs, enlacés de rubans dorés ou bien argentés. Il y avait là des monceaux de paquets-cadeaux, des colis tous plus gros les uns que les autres. Il était bien le roi de la fête, le prince de la nuit.


Il allait pouvoir commencer son cinéma, sa grande scène si souvent répétée. Il allait se montrer injuste, égoïste, capricieux et difficile. Il se savait observé, admiré, scruté. Il allait leur jouer le grand numéro de celui qui reçoit bien trop de cadeaux. Les caméras étaient braquées sur sa personne, la foule admirative n'attendait plus que lui.


Il prit son temps, feignant l'indifférence devant ce tas entièrement dédié à sa gloire. Il tourna autour, cherchant du regard le paquet le plus volumineux. L'amour se mesure en mètres cubes ; il avait compris la nouvelle mesure de la démesure. Il ouvrit ce gros, cet immense paquet. Il l'éventra plutôt, le déchira, martyrisa le carton d'emballage, s'en prit même au contenu qui reçut quelques coups. Autour de lui, on s'exclamait d'une telle énergie. Lui, il brisait pour le simple bonheur d'asseoir son autorité sur cet aréopage de courtisans.

Il abandonna bien vite le premier cadeau sans même remercier ceux qui avaient répondu à sa requête. Il le laissa dans un coin, l'abandonnant à son triste sort, présent inutile et encombrant qui achèverait sa vie éphémère dans une déchetterie quelconque. Seul le plaisir du déballage lui importait. Jouer ? Mais pourquoi diantre s'encombrer de pauvres objets quand l'espace virtuel s'offrait à lui ?


Il se décida à porter son dévolu sur un autre paquet. Il subirait le même sort. Les flashes crépitaient tandis qu'il détruisait méthodiquement cette grosse peluche ridicule. Puis ce serait le tour d'un camion de pompier, une drôle d'idée qu'il n'avait même pas eue. Ainsi, une grande partie de la soirée, il allait ouvrir et abandonner des cadeaux dérisoires, des épaves déjà, sans amour ni désir.


Les adultes boudent maintenant cette cérémonie fastidieuse. Ils se pressent devant le buffet, ils ont payé leur écot en apportant un cadeau pour ce vilain garnement. Ils n'espéraient aucun remerciement ; ça tombe bien, ils n'en auront pas. Ils ont rempli leur devoir de grande personne ; ils ont acheté une babiole, c'est tout ce qu'on leur demandait.


Au pied du sapin, un capharnaüm sans nom, monticule de papiers éventrés, de rubans déchirés, de cartons émiettés, de cadeaux démembrés, d'objets à jamais oubliés. L'enfant est retourné à ses écrans ; il a abandonné ce champ de bataille qui l'a distrait quelques minutes de son monde virtuel. Il est retourné à ses aventures sanguinolentes, ses monstres et ses vies magnifiques.


Pourtant, au pied du sapin, un paquet minuscule, ridicule, reste encore emballé. Celui qui l'a offert, garde le regard dans le vague. Il souffre de la négligence du petit monstre, de son indifférence à ce qui est si précieux à ses yeux. Il ne comprend pas la réaction des autres adultes, il n'admet pas le spectacle auquel il vient d'assister, il réprouve les exclamations de ceux qui ont été piétinés à l'instar de leur offrande.


L'homme reste seul au pied du sapin, là où gisent les reliefs de Noël. Dans son modeste paquet, il avait glissé un livre. Oui, un étrange objet, le grand oublié de la fête, un petit recueil de contes et de fables, un présent qui n'est pas rutilant, un cadeau qui réclame effort et temps, concentration et passion. Il n'a pas compris que les temps ne sont plus à ce genre de présent.


L'enfant n'ouvrirait pas ce cadeau mais le garderait inexplicablement sur une étagère. Des mois durant, il resterait en l'état. Mais un jour, bien plus tard, par ennui et inadvertance, il délivra ce petit ouvrage. Pourquoi avait-t-il fait ça ? Lui-même ne le savait pas. Pire encore, ce jour mémorable, il essaya de déchiffrer quelques mots. Jusqu'au soir, il abandonna ses écrans et ses colères. Il venait de découvrir un monde plus merveilleux encore que ceux, factices, qui occupaient alors ses journées entières.


L'enfant avait découvert le livre. Il renonça, le Noël suivant, à tout ce qui faisait alors son pouvoir sur les adultes. Il ne voulut que des livres, des albums, des histoires, des romans. On prétend que bien des donateurs en furent très contrariés. Ils se sentaient humiliés d'offrir un objet de si peu de valeur. Qu'allait-on penser d'eux ?

 

À contre-emploi



jeudi 1 décembre 2022

Virale ou carcérale.

 La Santé.

 


 



    Jamais notre Santé n’aura autant préoccupé ceux dont la principale activité fut jusqu’alors de fermer des lits d’hôpitaux, réduire le nombre de médecins sur le territoire, supprimer les emplois d’infirmières scolaires et de médecins du travail. Soudain, les mêmes ont tellement souci de nous qu’ils nous empêchent de vivre pour que nous puissions survivre sans satisfaire aux statistiques exposées complaisamment chaque jour à longueur d’antennes, absorbant de manière magique toutes les autres formes de décès par maladie.

    La médecine en générale a découvert un nombre incroyable de spécialistes capables de consulter sans porter de blouses blanche sur tous les plateaux médiatiques. Compte tenu des carences en praticiens, les différentes chaînes n’ont fait qu’aggraver une situation de pénurie attestée par de très nombreux témoignages.

    Une branche de la médecine à ce titre n’a pas été à la fête. Les radiologues n’ont pas eu l’honneur des micros, eux qui en toute logique auraient dû monopoliser la modulation de fréquence. Même les cardiologues ont été boudés en ce domaine, tandis que leurs confrères épidémiologistes devenaient les véritables vedettes des ondes.

    D’autres spécialistes furent à l’honneur. Ceux qui émettent des interdits susceptibles de permettre aux réfractaires de retrouver la Santé, non pas la forme mais la prison. Entre le viral et le carcéral, mon cœur balance de manière viscérale. Il y a de quoi y perdre son latin d’apothicaire aurait soufflé Molière s’il avait accepté à cette querelle des Diafoirus et des Carriers même si les personnes en réanimation n’ont malheureusement pas les moyens de jouer les filles de l’air.

    Une poule n’y retrouverait pas ses poussins dans ces batailles de basse-cour pharmaceutique où chacun défend non la science mais le commerce international des grands laboratoires. Nous découvrons alors que notre bien-être est parfaitement secondaire, que les enjeux sont ailleurs tandis que les vraies crapules, qui devraient se retrouver à la Santé, touchent des pots de vin pour mentir sous le serment d’Hippocrate.

    Dans ce jeu de dupes, les patients doivent faire preuve d’encore plus de patience que les citoyens qui quant à eux ont perdu toutes leurs libertés. Nous découvrons ainsi que la contrainte est la clef de notre bien-être. La prison risque fort d’être le nouvel idéal sanitaire quand soignant et surveillant ne feront plus qu’un. C’est la grande farce de cette crise où le pouvoir confie à la Police le soin de nous soigner à coup d’amendes honorables et de régimes draconiens par de nombreuses ponctions sur notre budget.

    Les analyses de mauvais sang se mesurent quant à elles à la terreur qui infuse dans la population à coup d’annonces morbides, de statistiques effrayantes, d’alertes anxiogènes et de faces blêmes ou couvertes. Le mal absolu est devenu le sujet essentiel pour nos journaux, les diffuseurs de mauvaises nouvelles ayant remplacé les chiens écrasés par les vieillards étouffés.

    Pauvres bêtes qu’on a enfermées dans des EHPAD pour engraisser des actionnaires indélicats qui eux aussi mériteraient de faire un séjour à La Santé, celle qui n’assure pas à ceux qui les enrichissent honteusement. Si la fièvre monte, c’est uniquement celle des marchés qui préoccupe notre bon gouvernement qui s’entoure d’une cellule de crise, autre forme de l’option carcérale renforcée par ce conseil de défense qui pue la mort.

    Je sais que tout ceci n’a ni queue ni tête. Pensez-vous que jusqu’alors, la communication officielle a été plus claire que cet exposé délirant certes mais pas plus absurde que ce qui vous est servi quotidiennement. J’ai simplement voulu vous offrir une petite piqûre de rappel avant que la lumière ne vienne, au bout de ce tunnel de la raison, par un vaccin sans garantie qui enrichira ceux qui arrosent nos élus.




À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

  Partir À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ? Ces éternels prisonniers de leurs entraves Ils ont pour seules v...