Traitement décalé
d'un dossier brûlant
Le conte iconoclaste
La faribole désobligeante
Le récit uchronique
L'humour vache
En chamboulant le temps En bousculant l'histoire En martyrisant la chronologie En travestissant la vérité En défiant la logique Et en grimant les personnages Le bonimenteur vous invite à le suivre Lorsqu'il vous déclare avec gravité : « Il advint une bonne fois pour toute ! Qu'il vous faudra bien accroire »
Traitement décalé
d'un dossier brûlant
Le conte iconoclaste
La faribole désobligeante
Le récit uchronique
L'humour vache
Un chemin de trop
Remontant le chemin de l'eau
J'ai embarqué chargé d'espoir
En souhaitant que les badauds
Écoutent ainsi mes histoires
•
Il me fallut vite déchanter
La fiction n'est pas admise
Puisque la prose déclamée
Fait de la Loire sa devise
•
Point la place pour mes fadaises
En cette noble compagnie
Le parlement tout à son aise
Nous impose sa litanie
•
Des propos doctes et savants
D'un ennui de circonstance
Pour les acteurs et les passants
En cette noble instance
•
Le propos neurasthénique
La posture négligente
Le truisme par barrique
Et la tenue avenante
•
Se penser supérieurs
Mépriser les béotiens
S'approprier tous les honneurs
Se prétendre ligériens
•
La tête dans les nuages
Sans mettre les pieds dans la boue
Point n'est permis d'être sage
En singeant les puissants gourous
•
Quand l'humilité fait défaut
Même les plus nobles causes
Se révèlent en porte à faux
Et toujours nous indisposent
•
Loin d'être un parlementaire
Au sourire toujours béat
Je refuse de me taire
Quand ça ne me convient pas
•
En dépit des apparences
Souvent le petit pot de terre
À la même contenance
Que le vaniteux pot de fer
•••
Hubertine Auclert
Un livre sur les femmes sans la présence d'une militante de la cause féministe eut manqué à son devoir. Il se trouve que l'occasion est belle de rendre hommage à une des pionnières nationale de ce juste combat. Née en 1848 au sein d’une famille aisée de l’Allier, Hubertine Auclert est rapidement envoyée suivre ses études dans les couvents de Montluçon avant que de partir pour Paris.
Marquée profondément par un discours de Victor Hugo en 1872, comparant les femmes à des esclaves tout en déplorant qu'elles n'aient pas accès à la citoyenneté, elle consacre son existence à l'intégration des femmes dans la vie civique ce qui fera d'elle l'une des premières suffragettes.
Elle meurt meurt en 1914 sans avoir jamais vu la concrétisation de sa principale revendication : le droit de vote des femmes. Elle a su néanmoins imposer le sujet des droits civiques et politiques des femmes dans le débat public en France.
Elle est l'une des premières militantes françaises à revendiquer le terme de féministe. Hubertine Auclert ouvre la voie aux combats de ses successeures par l’inventivité et l'opiniâtreté qu'elle met dans ses modes d’action. Elle ne se contente pas de discours et de manifestes, elle se lance dans des gestes militants particulièrement subversifs qui seront les moyens qui finiront pas faire plier plus tard les hommes. Elle se comporte comme une combattante de la cause, effectuant des recours en justice, éditant de timbres promouvant les droits des femmes, renversant les urnes de vote, interromptant de la lecture du Code lors d’un mariage civil. Elle boycote le recensement : « Si nous ne comptons pas, pourquoi nous compte-t-on ? » et refuse de payer les impôts « je ne vote pas, je ne paie pas d’impôts ».
« Il n’y aura de bonheur pour l’humanité que dans l’égalité des droits pour tous, et l’équitable répartition des fonctions entre tous, hommes et femmes indifféremment. »
« Beaucoup de femmes, sous prétexte qu’elles n’ont ni domaines, ni maisons de rapport, ni titres de rente, omettent, en se mariant, de passer un contrat. Elles ont cependant, plus encore que les favorisées de la fortune, intérêt à sauvegarder leur modeste mobilier, leurs vêtements et les ressources que produisent leurs dix doigts. Or, pour voir échapper à la confiscation maritale leurs hardes et leur salaire, pour se soustraire à la communauté légale, où tout ce qui appartient à la femme est la propriété du mari, où rien de ce qui appartient au mari n’est la propriété de la femme, elles doivent - n’auaient-elles absolument que le produit de leur travail - elles doivent, en se mariant, passer le contrat de séparation de biens. »
Un caractère bien trempé qui en fait indubitablement une femme de Loire et d'Allier
Légitime défense
Ainsi donc nous voilà tous privés, vilain coup
De notre légitime souveraineté
Et ceux, par un odieux Monarque voyez-vous
Qui foule aux pieds notre citoyenneté
•
Il n'est plus rien à dire pour notre défense
Puisque bâillonnés par la représentation
Laquelle à chaque décision nous offense
Sans que jamais nous obtenions satisfaction
•
Le parlement entérine les caprices du chef
Le débat n'étant que trompeuse apparence
Alors que le 49.3 derechef
Conduit à la motion de défiance
•
Vaines gesticulations de l'opposition
Qui s'exprime au nom du peuple aboli
Pas la plus petite considération
Pour ces piteux rebuts de la démocratie
•
Le souverain ignore cette piétaille
Repousse avec dédain d'un revers de sceptre
Toutes les récriminations de la racaille
N'écoutant que ce qui vient de sa main dextre
•
Alors c'est la rue qui réclame justice
Sans se douter qu'elle n'a plus droit à la parole
Pour asséner cette vérité, la police
À coups de matraque joue à carambole
•
Freluquet, perché sur son royal trône
De son souverain mépris prend de la hauteur
Afin d'envoyer sur la foule des drones
Leçon apprise à l'école des dictateurs
•
Les manifestants privés désormais de voix
Profitent de l'hospitalité d'une garde à vue
Réception fort sympathique pour un roi
Refusant que ses désirs soient de la revue
•
Après les gilets jaunes, le confinement
Suivis d'une opportune guerre en Ukraine,
N'ont pas suffit pour anéantir les gens
Le chaos ici naîtra de trop de haine
•
Ce dieu de l'Olympe et de la finance
Investi de sa légitime fonction
Ne cesse par ses incessantes manigances
De semer les graines de la Révolution
•••
Écrevisse
Demoiselle tomba sous le charme d'un écrou
Qui lui fit soudainement tourner la tête
Certains affirment qu'elle en pinçait pour ce voyou
D'autres qu'elle ne voyait en lui qu'un bel esthète
Elle voulait cesser de marcher à reculons
Les gens moquant cette particularité
Ils prétendaient que ça ne tournait pas bien rond
Dans l'esprit de cette charmante écervelée
L'écrou lui permit de resserrer les boulons
De marcher devant, tirée à quatre pinces
Étonnante métamorphose pour de bon
Pour celle qui ne réside qu'en Province
La belle se servit ainsi à la nage
Même si elle ne pouvait montrer patte blanche
Le bon crustacé en dépit de l'adage
Aime à se balancer en faisant la planche
Qu'une cousine venue de Louisiane
Voulut se faire passer pour armoricaine
Prouve bien que même à la sauce castillane
Elle n'était pas native de la Vilaine
Que notre écrevisse désire chasser l'intruse
Apporte également de l'eau à notre moulin
Mettant son grain de sel à nos idées confuses
Elle reprend dans l'instant son destin dans ses mains
En un tour de clef pour fermer le robinet
La p'tite cousine du Homard plonge dans le bain
Se faisant une place dans un cabinet
Elle rugit de plaisir pour le mot de la faim
Partir À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ? Ces éternels prisonniers de leurs entraves Ils ont pour seules v...