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mardi 31 juillet 2018

Le coq et l'âne


 
Quelques digressions absurdes !
 

    Le brave gallinacé se sent parfaitement chez lui en ce doux pays de France. Il profite comme tous ses semblables de ce   détail oiseux : les Romains  ne disposaient que d'un seul mot : « gallus », pour désigner à la fois l'homme de Gaule et le coq. Ce manque de vocabulaire fut un prétexte sans doute à moquerie, même s'il faut lui reconnaître le mérite d'avoir placé sur le clocher de nos églises un emblème qui avait fière allure.

    Le coq aime la France et se noyait aisément dans un litre de vin rouge. Le coq au vin : existe-t-il un plat plus divin ? Bien sûr, il a perdu de sa superbe, il est jugé trop rustique, campagnard et quelque peu calorifique. Le citadin pince le bec devant autant de sincérité gustative. Il n'est guère enchanté de déguster pareil festin. Mais revenons à notre larron.

    Le coq se venge et joue l'emblème à deux pattes quand il vagabonde librement sur une pelouse lors d'une rencontre internationale. J'évoque encore au présent ce plaisant moment alors que la grippe aviaire et les fouilles au corps ont depuis quelque temps rendu caduque cette aimable manifestation patriotique. Vous risquez qu'on vous vole dans les plumes si vous souhaitez faire pénétrer dans l'enceinte le noble animal emplumé.

    Le coq s'empâte, il est soumis à des contraintes qui le poussent à rester au lit le matin. Le lever du jour est souvent trop précoce lors de la période estivale. Les voisins voient d'un mauvais œil et , plus encore, d'une oreille sourcilleuse, le chant claironnant du mâle en goguette. Le coq doit veiller à ne point se réveiller de bonne heure ; le monde est désormais procédurier, il doit se taire tout comme ses commères les cloches ….

    Le coq se sent châtré d'être ainsi réduit au silence. Plus de cocorico joyeux. Plus de tas de fumier non plus pour prendre de la hauteur et monter sur ses ergots. Il peut tout juste se satisfaire du composteur, espace clos qui lui ôte tout désir de s'égosiller la crête au vent. Les temps sont durs pour le bel animal ; sa fierté en prend un sacré coup ; le combat est inégal devant les mauvais coucheurs qui ont tous tendance à faire la grasse matinée.

    Le coq en a assez de faire la cour à ces pauvres femelles qui jouent les cocottes. Elles deviennent de plus en plus délicates, exigent des présents de valeur, se parfument et s'emplument. La poule se fait de luxe, aime à être entretenue : ce qui n'est pas du tout dans les moyens du garçon. Le coq a viré sa cuti : il a désormais les yeux de Chimène pour son compère l'âne. La théorie du genre a fait bien des dégâts : ici ou dans les basses-cours.

    Le coq se voit en danseuse pour séduire l'animal aux grandes oreilles. Il joue du pédalier, se raffermit le mollet pour lui taper dans l'œil. L'âne, pour bâté qu'il soit, aime à emprunter les circuits et les pistes aventureuses. À voir les jambes de coq se dandiner devant lui, il se sent pousser des ailes. Une bourrique, un peu jalouse, lui fait quelques remontrances. Devant les moqueries muletières, notre âne devient rouge comme un coq.

    Âne et coq s'en vont bras dessus, bras dessous. Ils laissent ainsi les convenances, se moquent de l'opinion publique. Le coq se fiche désormais de savoir s'il chante mieux que son compagnon ne braie. L'amour entre eux est bien plus fort que de si dérisoires considérations. Aux premières lueurs de jour, ils s'époumonent de concert pour déclarer la bienvenue à l'astre solaire.

    Les poules, totalement perturbées par ce revirement, sautent de l'un à l'autre sans plus de succès. Fort heureusement, les demoiselles n'ont pas mis tous leurs œufs dans le même panier :  un jeune coq, sorti des bruyères, vient se proposer pour remplacer le vieux mâle qui se comporte désormais comme un chapon. La nature ayant horreur du vide, il est embauché immédiatement par les poulettes qui mettent toutes la main au pot pour s'offrir ses services.

    Le coq et l'âne s'en vont, indifférents. Ils s'aiment. Rien n'est plus important à leurs yeux. Il se moquent du qu'en-dira-t-on. Ils avancent fièrement vers un monde plus beau, un monde sans préjugés ni expressions douteuses. Les animaux ne sont pas toujours à la fête, surtout en période de fête. Une dinde se dit qu'il est grand temps pour elle, de partir avec eux. Noël approche, elle risque de se retrouver marron.
   
    Anthropomorphismement leur.

    https://www.youtube.com/watch?v=AQdbBiy-5XE&feature=youtu.be


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