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lundi 22 juillet 2024

Les Jeux Olympitres

 

Jeux Olympitres





Il avait placé la barre trop haut

Espérant qu'on lui tende une perche

Découvrant qu'il n'est jamais pire sot

Que celui qui nous met dans la dèche


Puis, en bousculant tous les obstacles

Se trouva face à la rivière

Il se rêvait déjà au pinacle

Plongeant ses sujets dans la misère


Quand un terrible retour de flamme

Mis a sec finances et Seine

À ce pauvre banquier infâme

Sa vieille épouse fit une scène


Tant de coups de marteaux lui asséna

Qu'il dut se réfugier sous une haie

Tandis que sa mégère exigea

Que de sa personne enfin il paie


Dut accepter de changer de disque

Prenant alors le pays à témoin

Il s'enhardit à tenter le risque

De satisfaire aussi à nos besoins


C'était pour lui un saut dans l'inconnu

Le péril de tomber dans le sable

Quoique sur la paille c'est bien connu

Nous nous débattions : misérables


Ce virage lui fit quitter la piste

Adieu les promesses de podium

Et même pour tous ceux de sa liste

Ce perchoir devint un triste pensum


Or donc, dépourvu du moindre argent

Se contenta de couler un bronze

Oubliés ainsi ses désirs ardents

Quand les lauriers devinrent des ronces


Avec ses jeux nous étions tous refaits

Y compris ceux qui tinrent la torche

Plus personne pour prendre son relais

C'est la République qu'on écorche

Les dieux de l'Olympe se gaussèrent

Du fiasco d'un pitoyable mortel

Illusionniste et piètre faussaire

Manquant sa farce sacramentelle

•••


 

samedi 14 octobre 2023

Quand le coq défie le springbok

 

Rugby




Qui de l'œuf ou de la cocotte

Enfanta un jour une tortue ?

Ils furent huit dans la cohorte

Unifiant leurs forces en vertu


L'éteuf ainsi prestement pondu

S'offrit un demi sous la pression

Un pilier de bar a confondu

La poussée à la pénétration

 •

Un ouvreur éclaira les débats

D'une lumineuse chandelle

Quand sa réception échoua

Dans les deux bras d'une gazelle


Prenant ses guiboles à son cou

Ainsi qu'une flèche se planta

Le nez dans le gazon, mauvais coup

Qu'une p'tite cuillère lui infligea


Le ballon resta sur le terrain

Bien qu'il ait une drôle de touche

Tout en changeant aussitôt de main

Pour se mettre un bouchon en bouche


Un verre à pied sur les talons

Le centre avait un coup dans l'aile

Par la faute d'un œuf de pigeon

Issu d'un vilaine querelle


Pour ménager ses arrières

Le porteur rejoignit les avants

Faisant de leur corps barrière

Afin d'écarter leurs poursuivants


En une collective poussée

Pointèrent en terre promise

Ils s'aplatirent tous emmêlés

Devant une chambrée conquise


Quand un étrange échassier

Se mit alors à creuser un trou

Prenant la forme d'un coquetier

Afin d'y faire tenir son joujou


D'un formidable coup de chausson

Envoya le ballon tout là-haut

Sous les perches sans nulle façon,

Deux lascars agitaient des drapeaux


S'en retournant au milieu du pré

Le référentiel rebondissant

En un fort aérien coup de pied

Redevint l'enjeu des combattants

•••


 

Le Rugby campagne




La brave mule en avait gros sur le cœur

Son bât, curieusement chargé de poireaux

Subissait une mauvaise passe, pour l'heure

Son maître maçon ayant tâté du poteau


Quand gazelle vint aimablement la consoler

Ayant brouté un trèfle à quatre feuilles

Elle offrit une cravate à l'équidé

Afin de son propriétaire, faire le deuil.


Une tortue sortant alors de sa torpeur

Entreprit de pondre un œuf pour ses amis

S'aplatit sur un lit de roses en douceur

Au cœur d'un formidable match de Rugby


Quand un coq venant de perdre quelques ailes

S'installa au sommet d'une cathédrale

Pour chanter de son aigre voix de crécelle

En brisant les oreilles en chou-fleur du val


La cabane venait de tomber sur un chien

Lorsqu'un cochon ramassa à la cuillère

Un magistral chardon calédonien

Au son d'une cornemuse altière


Un chat maigre qui culbuta sur un torchon

Se saisit dans le mouvement d'une fourchette

Qu'il planta sans ménagement dans un bouchon

Ce prodige faisant de lui une vedette


Kangourou voulut se mettre dans la poche

Monsieur le directeur de cet étrange jeu

Il lui coupa le sifflet, dieu que c'est moche

D'une fougère qu'il lui planta dans les yeux


Les mouches décrétèrent alors de changer d'âne

Quand un ouvreur surgit une cape en main

Tout en zigzaguant dans ce trafic profane

Il expulsa le ballon bien loin du terrain


Mise sur la touche, toute la ménagerie

Transforma sa colère en rébellion

Un juge tenta d'arrêter la mutinerie

En jetant la tumultueuse troupe aux lions


La partie s'acheva dans la confusion

En une terrifiante mêlée ouverte

Mettant en cause, au bas mots, six nations.

Fallut passer l'éponge après cette alerte !

•••



samedi 30 septembre 2023

Je hais les dimanches

 

Un malaise croissant ...





Voilà l'aveu qui me coûte le plus, je hais les dimanches ! Le mal n'est pas unique, loin s'en faut. Nous sommes ainsi très nombreux à ressentir un vide immense quand cette journée survient. Et pour notre malheur, elle revient avec une fréquence qui ne cesse de m'exaspérer. Le dimanche est le jour le plus vide de la semaine, vide de tout ce qui fait le sel de la vie.


J'ai longtemps échappé à cette « sinistrose » hebdomadaire en me noyant dans le sport. J'avais, pour dérivatif à ce mal étrange, la tension et le stress qui accompagnaient les jours de match. Le Rugby remplaça pour moi la messe dominicale. Je suis un affreux mécréant que rien ici bas ne peut sauver du blasphème !


Ce jour maudit, tout se ferme. Je sais la remarque contradictoire avec la posture politique qui affirme qu'il ne faut pas céder au plaisir égoïste de faire des courses ce jour-là. Rassurez-vous, ce n'est pas là mon intention. Nul magasin ne bénéficiera de ma visite ce jour-là, c'est un principe auquel je ne dérogerai jamais. Je voue même aux gémonies les malotrus qui abusent de cette sortie marchande.


Non, cette fermeture que je ressens, c'est en moi qu'elle doit se produire. Un vide immense, une vacuité visqueuse m'englue à chaque fois que ce jour maudit survient. Je tourne, je vire, je cherche désespérément à remplacer l'émotion, la fièvre qui me prenaient jadis quand arrivait le jour du match.


Je suis un intoxiqué en phase de sevrage. La cure dure depuis bientôt dix mois et aucun signe d'amélioration ne vient éclaircir ce ciel d'orage. Il me faut trouver dérivatif, activité substitutive pour remplacer cette folie qui me prenait alors. Je cherche vainement, je ne trouve que portes closes et opportunités impossibles. Il me faut de l'émotion, de l'angoisse, du stress, de l'exaltation !


 


Ce n'est certainement pas devant mon poste de télévision que je trouverai ce supplément d'adrénaline qui me fait défaut. Drucker et les autres présentateurs soporifiques tiennent l'écran depuis belle lurette. Les médias participent à l'anesthésie générale. Il n'y aurait que l'avalanche de football sur nos écrans qui pourrait me donner satisfaction si ce spectacle n'était à mes yeux pire encore que l'ennui qui m'étreint.


Je cherche et ne trouve rien. J'attends vos conseils. Donnez-moi ma dose de surprise et de colère, d'indignation et de réflexion, d'amitié et de fraternité. Trouvez--moi une seule raison d'aimer le dimanche, je vous en conjure. Je vais devenir fou entre ce repas qu'on veut faire traîner et cette après-midi qu'il faut meubler à tout prix.


Je hais les dimanches et je me berce de l'illusion que le mal est nouveau. Il est durablement installé dans mon esprit retors. Je n'ai jamais, à la vérité, supporté ce jour entre parenthèses, ce temps suspendu où tout semble vivre au ralenti. Alors, j'ai cherché, une grande partie de mon existence à combler ce vide avec des ballons de toutes formes.


Que faire maintenant que j'ai rangé mes chaussures de sport ? Je veux trembler et avoir peur. Je veux être saisi par l'angoisse et la crainte. Je veux surmonter ce mal terrible. Je veux me perdre ensuite dans la convivialité et le plaisir du partage. C'est décidé, il me faut devenir conteur et traîner ma besace de contes et de bonimenteries tout au long de notre Loire.


Sauvez-moi de cette névrose dominicale. Invitez-moi à venir chez vous dire mes menteries vraies et mes vérités fausses, vous prendre par la main pour vous conduire auprès d'une Loire de légende. Je suis votre homme et tant pis si j'ai une trouille immense à cette idée. Je crois bien que c'est ce que je cherche vraiment ! Faites-moi aimer les dimanches !


 


vendredi 30 décembre 2022

Elle a remplacé les doigts

Fourchette




Drôle de prétention que de remplacer les doigts

Pour les humains qui jusque-là mangeaient ainsi

Curieuse volonté de faire comme il se doit

En passant à table avec tous nos amis


Pour moi, il y a quelque chose qui cloche

Puisque la dame se munit de quatre dents

Pour nous glisser dans la bouche, que c'est moche

Ce que nous aimions prendre à pleine main avant.


Se posant à la gauche de votre assiette

Finit souvent par passer dans la main droite

Lorsque les conventions tombent en sucette

Devant une assemblée assez peu adroite


Seul l'usage du couteau la remet en place

Pour couper la viande comme il convient

Elle se plante alors fourche dans la farce

Pour découper la portion qui va bien


Puis elle modifie soudain sa dentelure

En passant alors à un tout autre filet

Car pour le poisson, elle n'a pas la dent dure

Quoiqu'elle nécessite grande dextérité


Petite sœur domestique de la fourche

A déserté l'étable pour la cuisine

Trouvant ainsi en compagnie de la louche

Son rôle avant de finir dans la bassine


Hélas pour elle au rugby se fait vilaine

Lorsque les yeux ne sont plus dans le potage

Le méchant fautif montre alors sa haine

Éborgnant qui a justifié sa rage


Si la fourchette vaut alors l'exclusion

La cuillère au contraire de sa camarade

Mérite alors toutes nos félicitions

Quand elle arrête un joueur d'une bourrade


Remettons de suite les petits plats dans les grands

C'est à la lumière de quelques chandelles

Que même au rugby en troisième mi-temps

Tous les couverts ont toujours la part belle


Mangez couverts est donc sage précaution

Au pays de Rabelais, les gourmands sont rois

Tandis que de la table faisons dévotion

Au risque permanent de la crise de foie


•••

 

 

Petite et fort utile




`

De la fourche à la fourchette, l'humanité a fait soudain un grand pas vers la cuisine. Doit-on considérer que ce fut un progrès décisif ? Je ne m'aventurerai pas sur ce terrain d'autant plus que les usages en sont fort différents.


Mais revenons à l'origine de ce transfert de compétence, de l'étable à la table. La fourche qui soulevait des montagnes de foin et de fumier s'offrit soudain une forme de respectabilité en entrant dans la demeure des gens. Elle débuta timidement la chose, se contentant de deux dents, histoire de devoir le respect à sa grande sœur qui en disposait de trois.


Puis piquant dans le vif ou le gras de la viande, la demoiselle eut la folie des grandeurs, mettant les petits plats dans les écuelles, elle voulut asseoir son emprise en se parant de trois dents. Elle entra ainsi dans les palais comme dans les masures quoique des accidents domestiques firent grand bruit à l'époque sur les réseaux sociaux.


Puis arriva le temps des jacqueries et des révolutions. La fourchette aimait à piquer les mauvaises têtes qu'elles fussent de veau ou de cochon. Le trident fleurait trop l'outil du diable, elle se dit qu'il serait temps de passer à quatre pour ne pas piquer les verres. La mesure eut un succès immédiat !


La fourchette s'imposa et mit définitivement à pied les doigts qui jusqu'alors avaient rempli cet office. Les innocents comme les coupables pouvaient avoir les mains pleines sans qu'elles fussent sales. Le repas prenait de la distinction tandis que l’étiquette imposa un code d'usage. La fourchette dans la main gauche pour que le couteau puisse tailler dans le vif.


Guy Degrenne prétend avoir introduit le beau dans la chose. Si jusqu'à lui, l'ustensile était second quoique parfois en argent, après lui, mettre le couvert c'était afficher son entregent et sa bonne fortune, celle qui ne dépend pas du pot et encore moins de l'impôt. Comme les jardiniers sont tout comme les cordonniers, les plus mal chaussés, la jardinière est réservée aux grosses légumes.


Les mots ont souvent double usage tandis que la fourchette ne s'use que d'une seule manière. L'assertion pour générale qu'elle puisse être, ne tient pas compte de particularismes locaux ou familiaux. Ce n'est pas avec le dos de la cuillère mais bel et bien avec le manche de la cuillère, que chez certains, on mange le fromage blanc ou l'on touille le sucre dans le café.


Les ethnologues noteront cette particularité qui échappe à nombre d'entre vous qui préfèrent la petite cuillère. Si ceci est un détail pour vous, il n'est pas anodin pour qui est ainsi renvoyé à des souvenirs d'enfants, quand l'assiette retournée servait de réceptacle au dessert. J'avoue à ce stade du récit, ne plus savoir comment conclure ce billet indigeste.


La langue me fourche et les mots me manquent pour aller plus loin dans ce défi qui me réclamait de vous imposer un pensum sur un sujet aussi essentiel à la compréhension de notre mode de vie. Je vous abandonne donc, je dois désormais penser au prochain texte sur ces objets essentiels à notre mode de vie à l'occidental. Mais avant, il convient de ne pas omettre la fourchette du Rugby qui, tout comme la cuillère, évoquent des gestes qui laisseront les béotiens sur leur. faim


À contre-emploi.


 

vendredi 2 décembre 2022

Pire que ceux-là, ce n'est guère possible.

 

Le football professionnel : paradigme de la société

 

 





J'avoue ici une étrange perversion, un comportement suicidaire qui me pousse à aimer écouter les experts du football déblatérer sur ce sport que je ne peux supporter. Rassurez-vous, je ne me fais pas alors le thuriféraire du ballon rond, je goûte avec un délice incomparable aux turpitudes d'un monde clos qui n'est que l'expression de tous les défauts d'un système d'une parfaite iniquité.


Car nos joyeux chantres de l'opium du peuple se plaisent à dévoiler les dessous des cartes, les vraies perversions d'un sport entièrement voué à l'argent, à la magouille, aux puissants et à la manipulation des foules. C'est un régal que de constater à quel point ce système pourri, ce monde corrompu, ce sport vérolé par l'égoïsme et la cupidité, est le symbole d'un système économique dénué de toute valeur morale.

 

Ces braves gens évoquent le budget comme le paramètre qui détermine le classement final. L'argent fixe la hiérarchie. C'est la seule loi qui dirige ce monde. Nul n'est besoin de croire aux vertus de la technique collective, de la stratégie, de la volonté et de la glorieuse incertitude du sport, le fric est le seul indice pertinent.

 

Ils dévoilent alors le dessous des cartes, les magouilles des transferts, ce commerce des êtres humains, ce nouvel esclavage. On s'achète et on se vend au plus offrant. C'est un infâme marché de bestiaux. Et les financiers de se délecter de procédures occultes, de ventilation comme ils disent pour échapper au fisc français. Ça pue la magouille, le délit, la fraude et c'est le fait de gens très respectables qui profitent de subventions publiques quand ils utilisent les stades.

 

Ce sport qui parasite les rêves de nos enfants est en fait la plus parfaite négation des valeurs qui furent les siennes. Ce jeu, éminemment collectif, n'exprime que la gloire du plus fort, de l'individu que l'on veut mettre en valeur. Le buteur est adulé, l'individu est toujours préféré au groupe. C'est le règne de l'étoile, de la vedette dans le plus total mépris de ses partenaires. C'est le plus parfait exemple d'une société qui va distinguer quelques-uns pour ignorer tous les autres.

 

Ainsi, des pauvres gamins qui ne pratiquent même pas ce jeu en club sont persuadés d'avoir des destins à la Ronaldo. Ils continuent de croire qu'eux aussi toucheront ces sommes indécentes, auront une vie facile, de grosses voitures et de jolies femmes. Comment voulez-vous leur inculquer les valeurs de l'effort et du mérite quand ils se bercent de telles illusions ?

 

Le football est le relais du système capitaliste pour anesthésier le peuple. C'est l'alibi qui permet de croire que chacun peut accéder aux fortunes des maîtres de ce monde. Plus fort encore, cette opportunité de fortune est offerte à des gamins dénués de la plus petite parcelle de culture et de réflexion. Ils sont à l'image de nos pauvres élèves, incapable d'appréhender le monde mais eux sont riches à millions.

 


Alors, nos joyeux experts nous dévoilent les secrets des vestiaires. Les caprices de ces enfants pourris par les médias et le fric. On découvre alors que ces millionnaires se tirent dans les pattes, se font la gueule, refusent de se faire des passes, traînent les pieds quand ils espèrent obtenir un bon de sortie, une mutation quelconque en dépit d'un contrat signé. Car le football c'est le temple du non respect de la parole et de l'engagement contractuel ! Quel merveilleux modèle assurément…

 

On découvre alors stupéfait qu'ils ne respectent même pas les supporters qui viennent assister souvent à des parodies de match. Des smicards qui se saignent aux quatre veines pour suivre leurs champions sont floués par des capricieux qui font la grève du zèle, qui refusent de « mouiller le maillot » afin d'obtenir une mutation ou une augmentation. Au tarif où ces gens sont rémunérés, c'est pur scandale et misérable comportement d'enfants gâtés.

 

Et ce sont ces individus immatures qui servent de modèles, qui sont adulés par des mômes qui ne voient que l'argent facile et les paillettes. Comment lutter contre ce repère absurde et si loin du monde réel ? J'ai dans mes classes des gamins qui ne vivent, qui ne pensent, qui n'agissent qu'au travers de ces pauvres types sans moralité. Il est impossible pourtant de briser ce rêve improductif.

 

Puis c'est la valse folle du pouvoir et des millions, des hommes d'affaires qui déboursent des sommes folles de leur poche. D'où vient l'argent ? Que signifie posséder tant ? Questions sans réponses et la France entière (ou presque) s'enthousiasme de voir l'argent du Qatar inonder le club parisien avec le regard bienveillant des élus de droite ou de gauche.

 

C'est un monde sans règle, sans valeur, sans honnêteté. Le tricheur est encouragé, l'irresponsabilité est élevée en principe. Quand une équipe perd ce ne peut être que de la faute d'un entraîneur ou bien d'un arbitre. Il faut des lampistes, des fusibles pour toujours exonérer les acteurs intouchables. Ensuite, on s'étonne que dans les classes, les élèves disent toujours que ce n'est pas de leur faute …

 

Pour des raisons mercantiles et politiques, le sport et le football en particulier sont devenus des modèles sociétaux. Belle société que voilà qui met en avant ce qui se fait de pire, de plus misérable, de moins glorieux. Honte à ces médias qui ne cessent de mettre en avant le pire de nous-même, la plus repoussante des aventures humaines. Le football est le paradigme de notre société, cela en dit long sur l'état de décrépitude de celle-ci.



mercredi 23 novembre 2022

Catharsis pour un ballon

 Catharsis pour un ballon

 


 

Prendre des vessies pour des lanternes.



De l'harpastum à la soule

Il a remué les foules

Référentiel désolant

Causant des combats de titans

Il a toujours su rebondir

Afin de nous divertir

En entraînant à sa suite

Qui s'inscrit dans ses limites


Éteuf ou modeste slot

Les chats lui donnèrent leurs boyaux

Puis désirant qu'on fut perplexes

Il se revêtit de latex

Pour rouler alors sa bosse

Sur des prairies qu'il cabosse

Désirant atteindre son but

Du pied ou bien de l’occiput


Il n'oublie jamais cependant

Qu'une vessie fut son parent

Se laisse gonfler pour avoir l'air

De toujours la satisfaire

Fort étrange artifice

Loin de certains sacrifices

Quand il revendique haut et fort

Qu'il provient d'un gentil porc


Le ballon rond ou ovale

Ne supporte pas la cabale

Si fier de ses origines

Qu'on qualifie de porcines

Quoiqu'en pleine compétition

Sans la moindre affectation

Il change très souvent de camp

Allant sans relâche vers l'avant


Me semblait bon de rappeler

Ce qu'il ne faut pas évoquer

Si tout est bon dans le ballon

Il le doit au brave cochon

N'oublions jamais d'où il vient

Cette faribole lui va bien

« De la vessie à la lanterne

Pour une catharsis vilaine !»

••


 

dimanche 20 novembre 2022

 Ouverture de la coupe du monde de la Honte

 Qatar strophes


 

 



Si le vers est dans l'usufruit

Le pied sent la frime à plein nez

D'une épopée qui fait grand bruit

Dans un décor à condamner


Les maux pris dans un filet

Sous l'œil d'une petite lucarne

Qui n'osera pas se défiler

Malgré l'insupportable vacarme


Sous ce gazon plus que maudit

Reposent les malheureux esclaves

Qui ont payé de leurs modestes vies

Les frasques des vedettes en conclave


Le monde ne tourne plus rond

Quand l'indécence s'exhibe ainsi

Avec la complicité des félons

Présidents de nos honteuses démocraties


Se courbent devant les dollars

Des mauvais génies du pétrole

Quand Aladin voit tout en noir

Malgré l'étalage des pactoles


Le sport, les pieds dans le tapi

Se vautre dans le fric roi

Le foot est l'unique thérapie

Pour les peuples aux abois


Les bleus à l'âme perdue

Iront tous se déshonorer

En une vaine quête éperdue

D'une couronne dénaturée


Vedettes de pacotille

Enfants qui ne sont pas de la balle

Vous participez pour des broutilles

À une comédie mondiale


Coup de pompe pitoyable

Qui épuise dans le désert

Une énergie exécrable

Pour ceux qui sont dans la misère


L'honneur enfoui sous le sable

Vous n'avez d'autre but

Que de mettre carte sur table

En compagnie de Belzébuth


Les étoiles brûleront sous le soleil

Les ultimes ressources d'un terre

Quand un Prince sans pareil

Du bouton rouge déclenchera l'arbitraire

À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

  Partir À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ? Ces éternels prisonniers de leurs entraves Ils ont pour seules v...