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dimanche 19 mai 2024

Confusions en série.

 

La rage de dent de Goupil.






Il advint que ce jour-là, notre brave Goupil, se levant du bon pied, d'humeur guillerette sans le moindre nuage à l'horizon, se hâta de se mettre en chasse. Une bonne traque vous ouvre l'appétit tandis qu'il n'est rien de plus agréable que de courir le campagnol dans une campagne verdoyante. Certains pourront s'indigner de pareil petit déjeuner quand d'autres estimeront qu'il convient toujours d'assumer sa nature.


Goupil donc ne tarda pas à trouver une proie à sa convenance. Il fit preuve, comme bien souvent de ruse et de rouerie pour parvenir à ses fins, le petit rongeur n'ayant que fort peu de chance d'échapper à son triste destin. Campagnol pourtant mit les gaz et prit ses petites pattes à son cou pour échapper au sort qui lui était promis. Lui qui avait su faire son trou dans ce territoire champêtre, entendait profiter encore longtemps de ce magnifique lieu de villégiature.


Pourtant dans sa course effrénée vers une issue de secours, il perdait du temps et du terrain sur son poursuivant. Il en était à devoir se résigner à la perspective d'une mort peu glorieuse quand dans un sursaut du désespoir, alors que le Renard ouvrait grand sa gueule, il projeta un petit caillou sur son prédateur.


Goupil d'un violent coup de mâchoire qui tomba dans le vide, écrasa le projectile entre les deux molaires aplaties qu'il avait au fond de la gorge. Il manqua s'en étouffer se rendant compte dans l'instant qu'il faisait une fausse route. Le chasseur renonça à son petit déjeuner afin de reprendre son souffle. Il rentrait la queue basse pour regagner l'arbre creux où il avait élu domicile quand il fut saisi d'une violente douleur dentaire.


Le renard, la chose peut prêter à confusion, était la malheureuse victime d'une terrible rage de dent. Il lui fallait consulter dans l'instant une personne de confiance. Il avait appris que non loin de son repère, dans le village tout proche, vivait un Pasteur. L'animal fit alors terrible et fâcheuse confusion entre le berger des âmes et le biologiste qui fit la mauvaise réputation de ceux de sa race. Les approximations sont légion chez les renards aussi.


C'est donc la mine déconfite que Goupil toqua à la porte du bon pasteur qui s'enquit tout naturellement de la raison de sa visite. L'homme étant des plus hospitaliers, voulut offrir à boire à son visiteur une bière, tout naturellement puisque nous étions en Alsace. Cette fois c'est le berger des âmes qui commit bourde en offrant une rousse à son convive.


Goupil en eut une dent contre ce maladroit hôte. Mais, reprenant ses esprits, il ouvrit sa gueule espérant non pas une intervention divine de laquelle sont exclus jusqu'à nouvelle révision du dogme nos amis les bêtes, mais bel et bien une intervention aussi salutaire que sanitaire. Le Pasteur de se récrier devant pareille sollicitation. Que dirait-on de lui si on apprenait dans le bourg qu'il avait soigné un animal réputé nuisible et fort mal vu des chasseurs de l'endroit ?


Le brave homme confia à Goupil qu'il ne souhaitait pas que ses paroissiens bavent à son propos suite à une intervention qui lui serait vertement reprochée. Se piquant pourtant d'humanisme le bon pasteur offrit un cachet d'aspirine à son visiteur pour calmer la douleur et lui laisser le temps de consulter un professionnel de la chose.


Goupil faute de mieux se contenta de cette offrande, bien décidé à consulter le vétérinaire le plus proche puisque désormais, il savait à qui s'adresser grâce aux bons conseils de l'homme du temple. Il s'en alla en quête de ce professionnel mais hélas, il ignorait qu'il vivait dans un désert médical. Sa requête demeura stérile, il s'y cassa justement la dent qui le faisait souffrir. C'est ainsi que sans rien coûter à la sécurité sociale des animaux, il venait de régler son problème.


Il n'est nulle morale à tirer de cette histoire quelque peu tirée par la queue d'autant que le pauvre animal se contenta désormais de ne manger que du fromage.

dimanche 16 avril 2023

Pistolet

 

Un drôle de pistolet





Une femme tout de blanc vêtue

Voulant répondre à ma requête

Me tendit une étrange cornue

Afin d'y glisser ma bistouquette


Perdant soudain toute contenance

Je m'enquis de la bonne manière

Qui s'imposait à ma délivrance

En interrogeant l'infirmière


Les lois de la gravité ici bas

Ne facilitent pas l'écoulement

Pour celui que l'ordre condamna

À ne pas se lever présentement


Qui prend sa vessie pour une lanterne

Se retrouve fort dans l'embarras

Quand le pistolet devient citerne

Sans qu'il faille en mouiller les draps


Ne disposant pas d'un braquemart

Pour ce duel à armes inégales

Le pauvre patient broyait du noir

Dans sa modeste chambre d'hôpital


Dans une confusion extrême

Se braqua l'engin sur la tempe

Après cette journée de carême

Ne se voyait pas passer la rampe


Sans tarder on vint à son secours

Pour rétablir le bon ordre des choses

Des soignantes apportèrent leur concours

Dans le pistolet y glissèrent ses choses


L'opération de la sainte vessie

Ainsi, se déroula sans encombre

Comme dans la crèche du messie

Un bel âne était du nombre


Devant tant d'ignorance sans calcul

L'innocent sauva les apparences

Sans nul recours à une canule

Il soulagea ses impatiences


De cette dérive de l'incontinent

Il n'est qu'une morale à retenir

Face à des homonymes bien souvent

Il est prudent de se contenir

•••

samedi 8 avril 2023

Chamade

 

Chamade





À force de battre la chamade

Le malheureux se trouva en rade

Non pas qu'on le mit en cale sèche

Au contraire, à trop brûler la mèche

Inconsidérément par les deux bouts

Il connut un grand coup de mou


Sans aucun vent dans la grand-voile

Dans ses yeux il vit des milliers d'étoiles

Loin de se trouver dans la pétole

La tempête ne provint pas d'Éole

Mais d'un organe de navigation

Qui mit son parcours en suspension


Toutes les drisses se tendirent méchamment

Quand son navire tangua dans l'instant

Une voie d'eau menaça la soute

Promettant le terme de sa route

Il fit appel à des sauveteurs

Qui répondent présents quelle que soit l'heure


On vint sans plus tarder à son secours

Lui qui manqua périr de trop d'amour

On le remit sans plus tarder à flot

En désobstruant une voie d'eau

Opération des plus salutaires

Quand la rivière se fait artère


Si l'on dit que le cœur a ses raisons

Celui-ci reprit une cargaison

Afin de se retrouver en chemin

Voguant vers de nouveaux lendemains

L'incident ne fut pas un naufrage

Mais le début d'un autre voyage


Si un changement de régime s'impose

Désormais il en connait la cause

Il n'entend pas battre en retraite

Ni même avouer sa défaite

Soucieux de la prophylactique

Il se refuse à l'arrêt public


Il battra encore la chamade

Ne se mettant jamais en rade

Foin d'amours en cale sèche

Il brûlera toujours la mèche

Jusqu'au plus diablotin des deux bouts

Qui comme la corde ne connait pas de mou

•••




vendredi 7 avril 2023

Urémie Fa Sol La Si Do

 

Urée

 



Ça n'a que trop duré

Avec ce taux d'urée

L'orteil vous titille

Et la jambe vacille


Vous voilà tout gonflé

Démarche mal assurée

L'abstinence s'impose

Le temps d'une pause

 



Le verre est prohibé

Vous trinquez sans le pied

Assurez la prose

En respectant la dose


En changeant de régime

Conservez donc la rime

De la sobriété

Adieu l'ébriété

 



Un traitement de chien

Qui ne fait pas de bien

La santé en rade

Et bientôt l'Ehpad


Sans articulation

Trop de confusion

Les mots se confondent

Quand les maux abondent

 



Faute d'analyse

Le patient qui balise

La chimie se régale

Ça lui est bien égal


La sécu s'interroge

Le budget qui déroge

Quand les comptes dévissent

Et oublient le service

 



Le serment illusoire

D'hypocrites sans gloire

Curieuse médecine

Reine de la rapine


Pour le dépassement

Pensez au virement

Lorsque la guérison

Devient une trahison

 



De la perfusion

Sans modération

Puisque la pharmacie

Toujours vous remercie

 ••• 



jeudi 1 décembre 2022

Virale ou carcérale.

 La Santé.

 


 



    Jamais notre Santé n’aura autant préoccupé ceux dont la principale activité fut jusqu’alors de fermer des lits d’hôpitaux, réduire le nombre de médecins sur le territoire, supprimer les emplois d’infirmières scolaires et de médecins du travail. Soudain, les mêmes ont tellement souci de nous qu’ils nous empêchent de vivre pour que nous puissions survivre sans satisfaire aux statistiques exposées complaisamment chaque jour à longueur d’antennes, absorbant de manière magique toutes les autres formes de décès par maladie.

    La médecine en générale a découvert un nombre incroyable de spécialistes capables de consulter sans porter de blouses blanche sur tous les plateaux médiatiques. Compte tenu des carences en praticiens, les différentes chaînes n’ont fait qu’aggraver une situation de pénurie attestée par de très nombreux témoignages.

    Une branche de la médecine à ce titre n’a pas été à la fête. Les radiologues n’ont pas eu l’honneur des micros, eux qui en toute logique auraient dû monopoliser la modulation de fréquence. Même les cardiologues ont été boudés en ce domaine, tandis que leurs confrères épidémiologistes devenaient les véritables vedettes des ondes.

    D’autres spécialistes furent à l’honneur. Ceux qui émettent des interdits susceptibles de permettre aux réfractaires de retrouver la Santé, non pas la forme mais la prison. Entre le viral et le carcéral, mon cœur balance de manière viscérale. Il y a de quoi y perdre son latin d’apothicaire aurait soufflé Molière s’il avait accepté à cette querelle des Diafoirus et des Carriers même si les personnes en réanimation n’ont malheureusement pas les moyens de jouer les filles de l’air.

    Une poule n’y retrouverait pas ses poussins dans ces batailles de basse-cour pharmaceutique où chacun défend non la science mais le commerce international des grands laboratoires. Nous découvrons alors que notre bien-être est parfaitement secondaire, que les enjeux sont ailleurs tandis que les vraies crapules, qui devraient se retrouver à la Santé, touchent des pots de vin pour mentir sous le serment d’Hippocrate.

    Dans ce jeu de dupes, les patients doivent faire preuve d’encore plus de patience que les citoyens qui quant à eux ont perdu toutes leurs libertés. Nous découvrons ainsi que la contrainte est la clef de notre bien-être. La prison risque fort d’être le nouvel idéal sanitaire quand soignant et surveillant ne feront plus qu’un. C’est la grande farce de cette crise où le pouvoir confie à la Police le soin de nous soigner à coup d’amendes honorables et de régimes draconiens par de nombreuses ponctions sur notre budget.

    Les analyses de mauvais sang se mesurent quant à elles à la terreur qui infuse dans la population à coup d’annonces morbides, de statistiques effrayantes, d’alertes anxiogènes et de faces blêmes ou couvertes. Le mal absolu est devenu le sujet essentiel pour nos journaux, les diffuseurs de mauvaises nouvelles ayant remplacé les chiens écrasés par les vieillards étouffés.

    Pauvres bêtes qu’on a enfermées dans des EHPAD pour engraisser des actionnaires indélicats qui eux aussi mériteraient de faire un séjour à La Santé, celle qui n’assure pas à ceux qui les enrichissent honteusement. Si la fièvre monte, c’est uniquement celle des marchés qui préoccupe notre bon gouvernement qui s’entoure d’une cellule de crise, autre forme de l’option carcérale renforcée par ce conseil de défense qui pue la mort.

    Je sais que tout ceci n’a ni queue ni tête. Pensez-vous que jusqu’alors, la communication officielle a été plus claire que cet exposé délirant certes mais pas plus absurde que ce qui vous est servi quotidiennement. J’ai simplement voulu vous offrir une petite piqûre de rappel avant que la lumière ne vienne, au bout de ce tunnel de la raison, par un vaccin sans garantie qui enrichira ceux qui arrosent nos élus.




À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

  Partir À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ? Ces éternels prisonniers de leurs entraves Ils ont pour seules v...