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jeudi 2 mai 2024

Les anodontes pour quelques grains de folie

 

L'anodonte.





Loin de n'être que coquille vide

Elle fut jadis prisée par les humains

Lorsque les cours d'eau étaient limpides

Elle entrait dans nombre de leurs festins



De son nacre et parfois ses perles

Ils en firent de belles parures

Cachée sur la délicate berle

Elle avait alors fière allure



Reine de la filtration des eaux

Son labeur ne cessa de s’accroître

Nos rivières devenant des dépôts

Sa saveur ne fera que décroître



Quand un roman, la remit à l'honneur

Si bien que Pour quelques grains de folie

Les anodontes se mirent toutes en demeure

De nous libérer de la tyrannie


Parabole de la lutte des classes

Quand au bas de l'échelle sociale

Les anodontes dans la mélasse

Contre les silures portent un coup fatal



La moule demeure marinière

De la fiction à la gastronomie

De l'océan à la rivière

Afin de vous mettre en appétit



L'anticipation n'est que prétexte

À vous convier dans cette aventure

En partageant au fil du texte

La Loire et sa belle nature



Les ragondins sont ici les gros bras

Fidèles séides d'un pouvoir inique

Le sable semant bien plus que du tracas

De par sa nuisance satanique



De ce curieux polar ligérien

Seule la lecture de ce roman

Éclairera le falot riverain

En quête des enjeux de notre temps 

 

 



mercredi 24 avril 2024

Le mystère de Menetou.

 

Le virage, pour l’éternité.





Il est des régions où rien ne se passe comme ailleurs. Il semble que le pays soit voué aux mystères et aux croyances, aux légendes et aux superstitions. Ici, en Berry, les birettes sont les sorcières, les Jean-loup, les jeteux de sorts. On trouve encore des chouettes clouées aux portes des granges, et bien des choses échappent à la raison.


Une automobile roule à tombeau ouvert sur des routes sinueuses et incertaines. Un homme marche ; un homme venu de nulle part. Il porte une grande cape, un chapeau de feutre noir qui dissimule son visage. Il s’appuie sur une canne : un long bâton de noisetier qui eût pu être, tout aussi bien, celui d’un vacher ou d’un berger allant chercher ses bêtes.


Nous sommes entre chien et loup, le brouillard tombe sur les vignes et une petite pluie fine s'ajoute au décor. Comme toujours en Berry, des arbres se découpent au loin, isolés sur une parcelle de vignes ; ils sont tourmentés, majestueux, énigmatiques. Ils sont les témoins silencieux des sabbats et rondes de lutins. À les voir ainsi, perdus dans ce paysage fantomatique, même le mécréant se prend des envies de se signer et d’invoquer la protection du Seigneur des Cieux.


L’homme marche, ignorant les règles qui prévalent à la sécurité des piétons. Il avance fièrement, d’un pas décidé quoiqu’il paraisse courbé par le poids des ans. Il se trouve sur le côté droit de la chaussée, refusant, en bon Berrichon têtu qu’il est, de poser ses pas sur le bas-côté. Ses souliers ferrés résonnent sur le bitume.


C’est sans doute ce bruit qui l’a empêché d’entendre venir ce bolide qui a surgi dans son dos. L’automobiliste, emporté par sa vitesse, perturbé par le crépuscule, la pluie et le virage qui lui cache toute visibilité, va percuter le marcheur. Le choc est terrible, l’homme bascule dans la « bouchture » après avoir fait un long vol plané.


Le chauffard appuie désespérément sur les freins. Il dérape, finit par s’arrêter à plus de cent mètres de la zone d’impact. Il se précipite, fou d’inquiétude, pour porter secours à celui qui se trouvait sur son chemin. Il le cherche, examine la zone, ne trouve aucune trace. Il n’y a pas de sang sur la route, pas de corps dans le fossé.


Il revient vers son véhicule, en fait le tour. Aucune marque, pas le plus petit impact. Pourtant, il n’a pas eu la berlue : il a vu le bonhomme, il l’a aperçu quand il est passé au dessus de son pare-brise. Mais, c’est vrai, il n’a rien entendu, pas le moindre cri, pas le plus petit bruit au moment du contact. Il panique, s’interroge et, après avoir battu la campagne, s’en va, penaud, et la conscience pas tranquille.


Il ne dit rien de son aventure. Il porte ce secret au fond de lui. Une semaine durant, l’homme épluche le journal, s’attend à ce qu’on annonce la découverte d’un cadavre. Le temps passe, rien ne se passe. Il vit, tant bien que mal, avec cette vision qui hante ses nuits. Il perd le sommeil puis l’appétit ; ce qui, avouons-le, est fort inhabituel pour un Berrichon.


Puis le temps cicatrise la douleur. Il oublie ce qui n’était sans doute qu’une hallucination ; quand, au détour d’une conversation de taverne, un homme raconte la même histoire que celle qu’il a vécue. Les détails sont troublants : c’est le même virage au sortir de Menetou, à la même heure, dans les mêmes conditions climatiques.


Plus le bavard poursuit son récit, plus notre homme sent ses poils se redresser ; il a la chair de poule, il devient blême. Son interlocuteur s’en aperçoit, interrompt son récit et lui demande ce qui se passe. L’homme avoue qu’il a connu pareille mésaventure quelques mois plus tôt dans ce virage. Les descriptions du marcheur coïncident. Que diable signifie pareil sortilège ?


Il est des propos qui ne doivent pas sortir du pays. Celui-ci est de ceux-là. Un fantôme hante le virage de Menetou : un chemineux qui, il y a bien longtemps, a été écrasé sans qu’on retrouve jamais le responsable de l’accident. La maréchaussée d’alors avait renoncé à mener plus avant les recherches : les moyens d’investigations n’étant pas ce qu’ils sont aujourd’hui. Le malheureux avait été tué sans que fût puni celui qui l’avait envoyé dans l’autre monde.


C’est sans doute pour cela que, de temps à autre, la scène se reproduit ; venant rappeler à chacun que la vitesse peut provoquer des drames sur les petites routes de nos campagnes. Ceux qui ont eu à croiser ce mystérieux fantôme s'en souviennent toute leur existence. C’est l’un d’eux qui m’a narré cette anecdote parce que j’étais venu raconter des histoires de birettes dans son cher Berry.


Il voulait sans doute se débarrasser d’un fardeau, d’une vision qui continuait de le hanter. Il avait trouvé un interlocuteur qui donnait crédit à des histoires dont beaucoup affirment qu’elles sont à dormir debout. Je n’ai pas souri ; je l’ai écouté avec le sérieux qui convient dans ce pays de légendes. En rentrant, j’ai roulé très prudemment. Je n’avais guère envie de croiser le marcheur fantôme.


 



lundi 5 juin 2023

Les mystères de TAVERS

 

Songe d'une nuit de brouillard.





Quand la Loire se recouvre de brouillard

Un manteau blanc nappe la rivière

C’est le moment choisi par les sorcières

Qui donneront leur grand Sabbat ce soir



Les animaux n’iront pas à ce bal

Le mystère sera maître des lieux

Chacun devine que ce n’est plus Dieu

Qui préside aux destinées de ce Val



Un cri déchirant vous glace le sang

Des remous à la surface de l’eau

Laissent entrevoir un curieux charriot

Surgi des profondeurs en un instant



Voici la princesse Houlippe en personne

Elle dirige son bel attelage

Deux cygnes noirs dans la force de l’âge

Emportent dans les airs notre luronne



C’est le signal attendu dans la nue

De toutes parts surgissent des balais

Les dames blanches et leurs galants valets

Se souhaitent joyeuse bienvenue



On entend un orchestre aux mille cordes

Qui entame une folle farandole

Quand la vallée s'éclaire de lucioles

Pour illuminer la sublime horde



Les danseurs dessous la voûte céleste

S’entremêlent en de furieux ébats

Tandis que Lucifer rit aux éclats

Réjoui de ce spectacle funeste



Cette nuit résonnera des murmures

Des âmes de tous les pauvres noyés

Qui une fois l’an sont ainsi choyés

En cette fête aux milliers de fêlures 


 

Quand au matin le calme revenu

Le Soleil se lève sur notre Loire

Aucune trace de la folle foire

Ne révèle ce qui est advenu


 


samedi 24 décembre 2022

Conte à rebours

 

Sous les sabots d'un cheval …





Il était une fois Irène, une très vieille femme, ni reine, ni riche, connue de tous comme la sorcière à cause de quelques dons secrets dont elle faisait profiter ceux qui se cachaient pour les lui réclamer. Elle allait de par les chemins confectionner des brassées de luzerne pour ses chèvres, des fagots pour le feu, des bouquets de fleurs sauvages qu’elle accrochait aux poutres de sa modeste masure. Elle était courbée par l'effort, tremblante et fragile. Elle n'avait ni amis ni famille et la vie, pour elle, s'achevait dans la peine et la misère.


Il était aussi Gaston un vieil homme, ni prince, ni fort, incapable du moindre prodige. Il avait toujours vécu d'expédients, brigandait un peu les gens de bien, blasphémait plus souvent qu'à son tour et avait la fâcheuse manie de mentir plus encore qu'un arracheur de dents. Il buvait au-delà du raisonnable, sentait mauvais des pieds et du reste. Sa vie se terminait dans la débauche, la malhonnêteté et la crasse.


Les dés étaient jetés pour eux. Gaston avait aimé Irène à la manière des hommes brutaux qui deviennent des démons sous l’emprise de l’alcool. Il l’avait battue comme plâtre jusqu’à ce que toute forme de compréhension disparaisse chez sa femme qui finit pour son salut par le mettre à la porte. De ce jour, le gredin vécut sur les routes le plus souvent, dans quelques prisons de basse-fosse quelques fois. Il avait disparu de la vie de sa femme pour son plus grand soulagement.

La vieille Irène, avait pour elle son énergie et ses pouvoirs dont elle usait avec parcimonie. Quant au vieux, Gaston, être d’aucune modération, il avait le profil du gibier de potence et ne pouvait aspirer à rien d'autre. Sentant sa fin proche, usé par sa vie de patachon en errance, Gaston, pris de remords, voulut avant de quitter cette vallée de larmes, revenir vers Irène pour s’excuser de toutes ses vilaines actions. Il s’approchait de la masure qu’il avait quittée il y avait bien des années de cela. Allait-il seulement la retrouver ? Il n’en savait rien, mû qu’il était par un impérieux besoin de rédemption.


C’est sur la route du pardon, marchant sur le bord d’un chemin empierré, qu’il croisa un étrange charroi, mené par un homme au regard glaçant. Gaston eut juste le temps d’esquiver l’attelage en sautant dans le fossé. Il venait de voir passer la mort de très près. Quand il se releva, il aperçut un fer à cheval étincelant. Il se pencha pour le ramasser, il était en or, incrusté de diamants. La fortune lui jouait un bien curieux tour lui qui ne disposait plus du temps pour en jouir. Ce vieux sacripant n’eut plus qu’une idée en tête, l’offrir à son Irène avant de se laisser partir pour l’autre rive. La providence venait de lui donner un merveilleux prétexte pour aller vers celle qu’il avait si mal aimée.


Étrange destinée de celui qui avait passé une bonne partie de son existence à couper les jarrets et vider des bourses jamais très opulentes, plus occupé à perdre son existence qu’à la gagner, il se retrouvait soudainement avec un trésor pour lequel il n'avait commis aucun forfait, pas la plus petite mauvaise action. Il y avait de quoi s'y perdre et douter de la destinée. Sa vieille, sa brave Irène allait enfin recevoir une offrande, elle qui n’avait jamais reçu de son bonhomme que coups et horions, ennuis et soucis. Gaston allait lui faire son premier et son dernier cadeau. Ce fer à cheval incrusté de diamants serait le plus digne des adieux. Appelons ça les remords, le repentir ou bien le réveil un peu tardif de la conscience… qu'importe, sa décision était prise. Le vieux se mit en route pour retrouver sa femme.


Irène n'avait pas déménagé, elle était restée dans ce qui leur servait de demeure : une masure, à la crasse repoussante, pauvre demeure ouverte à tous les vents, qui tenait encore debout par miracle. La vieille avait supporté ces années de solitude sans jamais se plaindre, vendant les fromages de ses chèvres pour survivre tout simplement. Elle avait voulu par son comportement obtenir le pardon pour son fripon de Gaston qu'elle ne parvenait pas à haïr comme il l’aurait mérité.


Quand elle le vit arriver au loin, vieilli tout comme elle, misérable plus encore par son apparence que par son âme qui pourtant ne valait guère, Irène eut pitié. Elle ignorait sans doute que son état à elle, était plus misérable encore, que sa santé pâtissait encore des coups, assénés autrefois par le méchant qui avait vécu un temps à ses côtés. Irène devait avoir encore un peu d'affection pour celui qu'elle avait choisi en dépit des avertissements de tous les siens.


Gaston approcha, tendit le fer à cheval incrusté de diamants à la vieille femme, murmura un « Pardon » à peine audible puis s'en alla dans l’instant sans se retourner. Il avait l’air de vouloir fuir au plus vite ce lieu chargé de tant de souvenirs. Irène ne s'y trompait pas ; elle voyait ses épaules se soulever, ses mains se porter à son visage. Le Gaston, cet homme dur et souvent méchant, pleurait. C'était là, la seule marque d'affection qu'il ne lui eût jamais montrée. Il était bien tard ! Il se cachait d'elle pour exprimer ainsi un peu d’humanité.


L'homme marcha longtemps ainsi, le corps agité de cette convulsion étrange que provoque le chagrin, le plus grand et le plus profond des chagrins. Irène le suivit des yeux ; elle n'en revenait pas qu'il puisse ainsi marquer sa compassion, exprimer son repentir sur la fin de sa vie. Elle ne croyait pas si bien dire : tout au bout du chemin, le Gaston s'effondra pour ne plus jamais se relever.


Le bandit, le pitoyable chenapan était mort après sa seule bonne action. Il n'eut pourtant pas d'enterrement à l'église : le curé refusa catégoriquement la sépulture chrétienne à ce mécréant notoire, ce triste sire, ce maudit gredin qui n'avait pas hésité à vider les troncs de la maison de Dieu. Irène ne s'en offusqua guère, elle savait que son homme n'avait eu que la monnaie de toutes les pièces volées au cours de son existence lamentable.


Le fer à cheval incrusté de diamants lui brûlait les doigts. C'était le cadeau du diable, la tentation du malin. Il était trop tard pour elle aussi ! Profiter d'une richesse tardive, d'un mieux-être qui la tuerait à coup sûr, à quoi bon ? Elle se mit en chemin pour aller trouver dans le bourg voisin un jeune couple qui ressemblait à celui qui fut le leur à l'époque.


Elle observa longuement les comportements des uns et des autres, de ceux qui vivaient à la lisière de la place centrale. Elle remarqua un homme qui ressemblait à son Gaston quand il était jeune. Il buvait tout comme lui, avait la main leste et le verbe haut. Sa femme était encore belle : elle n'était pas encore marquée par les outrages de cette vie de chien qu'ils menaient tous deux.


Irène s'approcha et sans rien dire, elle aussi, fit offrande de ce trésor mystérieux. Elle partit courbée mais heureuse. Si ses épaules se secouaient elles aussi, c'était du rire qui l'étreignait. Elle venait de sortir ce couple des griffes du destin tragique que la misère impose : elle lui offrait une vie plus belle qui éviterait les travers qu'elle avait connus avec son Gaston. Laissons-la à ses illusions : l'argent ne fait ni le bonheur ni les honnêtes gens.


Quand elle arriva dans sa masure, elle se coucha. Elle était lasse, fatiguée comme jamais elle n'avait senti le poids des années sur ses épaules et son cœur. Elle pensa que le Très-Haut avait décidé de la rappeler à lui, que son heure était venue, peu de temps après son Gaston de malheur. Elle ferma les yeux ; elle s'abandonnait à cette fin qui était toute proche, elle en était certaine …


Quand elle se réveilla, elle sentit une présence à ses côtés. Elle s'étonna, tâta ce corps robuste et ferme qui reposait là. Elle ouvrit les yeux. Son Gaston d'autrefois, celui d'il y a si longtemps, le gars qui lui avait tant plu était juste à côté d'elle, jeune et beau, radieux et gentil. Il lui dit des mots d'amour dans l'oreille, lui promit de l'aimer toute sa vie. Madeleine se leva et vit son reflet dans le petit miroir de la chambre.


Elle n’en revenait pas, elle avait retrouvé elle aussi son apparence d'alors. Il lui semblait même qu’elle était plus belle encore que dans ses vieux souvenirs. Il est vrai qu’on n’y voyait guère dans ce vieux miroir dépoli. Sur la table de la cuisine, trois fers à cheval incrustés de diamants étaient posés là. Elle vit à la dérobée, s'enfuyant par la cheminée, un drôle de personnage tout vêtu de noir qui lui fit un clin d'œil avant de disparaître. Le diable lui rendait ainsi la monnaie de sa pièce.


Ce que devint leur nouvelle vie ? C’est à vous de l’imaginer. Je ne puis prétendre que l’argent fera leur bonheur, la formule est fort trompeuse même s’il est plus aisé de connaître bien des tourments dans la pauvreté. Contentons-nous de croire qu’il est peut-être possible de trouver le bonheur sous les sabots d’un cheval. Il suffit d’y croire très fort ! 

 


https://www.tuconnaislanouvelle.fr/concours-de-nouvelles-tout-public

Naturellement ce sera sans moi 


mercredi 12 octobre 2022

Le vent en question

 

Le vent en question




Le vent a-t-il lui aussi des flatulences ?

Où souffle le vent quand il perd la tête ?

Le vent peut-il encore gonfler les voiles quand il est crevé ?

Que se passe-t-il quand le vent a un point cardinal de côté ?

Une girouette qui a mal tourné a-t-elle perdu le nord ?

 



Le vent a-t-il abattu toutes ses cartes ?

Le vent mérite-t-il la palle d'Or ?

Un vent peut-il avoir un coup dans l'aile ?

Un instrument à vent peut-il se prendre de bec avec son interprète ?

Une girouette qui grince annonce-t-elle de l'humidité ?

 



Un vent qui tombe peut-il se relever tout seul ?

Etait-ce toujours mieux à vent ?

Qu'arrive-t-il quand le vent de la révolte se déchaîne ?

Le vent et la pluie font-ils le ménage ?

 

Le prix des girouettes monte-t-il en flèche ?



Que se passera-t-il quand le vent aura rendu son dernier souffle ?

Peut-on vous évoquer le vent sans fondement ?

Le vent pousse-t-il parfois un peu trop fort ?

Le vent a-t-il subit des tuiles dans son existence ?

La girouette fait-elle bon ménage avec les antennes ?

 



Peut-on souffleter un vent violent ?

Le vent coupera-t-il la chique à l'atome ?

Le vent a-t-il plus d'un tour dans sa manche à air ?

Auparavant le contre-vent était-il en relation avec le paravent ?

Peut-on trouver des girouettes sur la mitre des cardinaux ?

 



Le pet de nomme est-il un vent céleste ?

La bise jette-t-elle un froid sur la réputation des autres vents ?

Le coupe vent est-il l'ennemi juré des éoliennes ?

Le vent est-il une source d'inspiration ?

Peut-on imaginer une girouette sur le toit du parlement ? 

 



Peut-on accorder un instrument à vent qui manque d'air ?

Un vent du nord aura-t-il besoin d'une couverture ?

L'aspirateur produit-il un vent qui a d'autres aspirations que de souffler ?

Le vent soulève-t-il aussi bien des interrogations ?

Une girouette sur son toit connait-elle des émois ? 

 



Le vent est-il vénal ?

La couche d'ozone a-t-elle à se plaindre du vent ?

Autant emporte-il toujours le vent ?

Peut-on être dans le vent à tout âge ?

Faut-il offrir une rose à qui vous donne une girouette ?

 



Faut-il établir un constat quand on se prend un vent en pleine face ?

Seul le vent peut-il expliquer que j'ai mon aile froissée ?

Le vent peut-il partir sur un coup de tête ?

Les moulins à vent sont-ils les témoins d'un passé révolu ?

La girouette a-t-elle conservé ses lettres de noblesse ?


 

samedi 27 août 2022

Une légende ligérienne.

Pourquoi y a-t-il des étoiles dans le ciel ?




Il est des mystères insondables qui engendrent les questions les plus compliquées qui soient quand un enfant vous la pose, les yeux pleins de l’espoir d’avoir une réponse. C’est durant une nuit douce et calme que je me promenais en bord de Loire avec Pitchoune, le pantin de Victor, que celui-ci me posa cette surprenante question : « Pourquoi y a-t-il des étoiles dans le ciel ? ». Je tombais de nues, j’ignorais jusque là que les pantins peuvent eux-aussi avoir des questions existentielles.


Il importe dans pareil cas de ne jamais être pris au dépourvu, d’avoir l’esprit vif et la réponse prompte au risque de perdre votre aura auprès de celui qui vous met en échec. Je ne souhaitais pas non plus lui mentir et comme bien souvent dans pareil cas, le conte permet de se sortir d’une situation embarrassante. Il se trouve que la Lune était pleine et qu’elle illuminait la rivière qui était couverte d’éclats d’argent. Je pris la parole devant un Pitchoune attentif.


Il était une fois un enfant qui aimait par dessus tout que le ciel fut bleu et limpide. Il s’extasiait sans cesse de ce spectacle quand il se produisait. Il appréciait cette vaste étendue unie, la promesse d’un temps clément et de belles journées. Il était souvent d’humeur maussade quand le gris ou bien les nuages noirs prenaient la place de son décor de rêve.


C’est un jour de ciel bas et annonciateur d’orage qu’il s’étonna que la nuit, le ciel restât uniformément noir, sans autre variation que les nuages les soirs comme celui-ci. C’est vrai que personne n’avait jusqu’alors songé à habiller la nuit de quelques lampions mystérieux. Les humains avaient la Lune et s’en contentaient.


L’enfant demanda à un mage qui était son parrain de faire quelque chose pour lui, d’habiller le ciel des nuits sans nuage. Merlin, puisque c’est de lui qu’il s’agit, savait commander aux animaux et aux plantes de cette terre. Pour le ciel, il manquait d’expérience, il avait tant à faire à rendre ce monde plus agréable encore.


Mais Merlin n’est pas un magicien sans ressource. Il a toujours une astuce au bout de sa baguette magique. Il promit à l’enfant de revenir avec lui en bord de Loire un soir de ciel dégagé et de pleine lune. Cela lui donna assez de temps pour mettre au point un stratagème susceptible de satisfaire le bel enfant.


Enfin survinrent les conditions idoines pour que la magie de Merlin puisse opérer. Il y avait une Lune brillante comme jamais, un ciel totalement dégagé et une Loire parfaitement calme. La Lune faisait des éclats d’argent sur l’eau, elle se reflétait en une myriade de scintillements magnifiques. Sur l’eau, le bal des mouettes avait commencé. Elle se laissaient porter par le courant avant de s’envoler pour revenir à leur point de départ et recommencer leur étrange danse.


Merlin appela les mouettes qui volèrent au dessus de lui. Il leur parla dans la langue des oiseaux, demandant s’il y avait des volontaires pour le plus grand le plus beau des voyages. Il se trouve toujours des êtres plus intrépides que les autres. Quelques mouettes levèrent l’aile gauche pour indiquer au mage qu’elles étaient partantes.


Merlin appela l’enfant et lui demanda de regarder attentivement ce qui allait se passer sous ses yeux. Les mouettes reprirent leur ballet, se laissant glisser au fil des flots. Au bout de la course, toutes, dans le même mouvement s’envolèrent pour reprendre leur ronde. Toutes ? Non ! Quelques unes avaient accroché un éclat de Lune à leur bec et montèrent, montèrent, montèrent si haut dans le ciel que bientôt on le les vit plus.


Bien plus tard, dans le ciel tout noir, apparurent les premières étoiles. Mouettes rieuses et éclats de Lune s’étaient transformées pour le plus grand bonheur de l’enfant d’abord, puis de tous les marins, les poètes et les rêveurs ensuite. Merlin trouva cette idée si jolie que souvent il revint pour augmenter sans cesse le nombre des étoiles dans le ciel.


Certaines finissent par disparaître quand leur mouette est devenue trop vieille pour continuer son vol sans fin. Il y a toujours plus d’oiseaux disposés à prendre la relève que de pauvres mouettes célestes au bout de leur existence. C’est pourquoi, le ciel, les nuits dégagées, est couvert d’une myriade d’étoiles pour le bonheur de tous ceux qui croient aux belles histoires.


Pitchoune m’avait écouté avec un grand sourire. « Celle-ci tu pourras la raconter à Victor, je suis certain qu’il appréciera ton explication. Lui qui comme le lui reproche souvent ses parents, n’a jamais les pieds sur terre, il va aimer ce récit merveilleux ». Avec Pitchoune nous rentrâmes bien après la fin de la nuit quand la brume se lève doucement sur la rivière. Le soleil au loin faisait un halo magnifique, il n’y avait plus d’étoiles dans le ciel, elles étaient toutes dans nos yeux émerveillés et fourbus de fatigue. Nous pouvions aller dormir un peu.


Stellairement vôtre.

 


 


À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

  Partir À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ? Ces éternels prisonniers de leurs entraves Ils ont pour seules v...