Affichage des articles dont le libellé est Adélaïde Dufrénoy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Adélaïde Dufrénoy. Afficher tous les articles

vendredi 28 juillet 2023

Femmes de Loire : Adélaïde Dufrénoy

 

Adélaïde Dufrénoy

 

 


 Née à Nantes en 1765, elle devient de ce fait une femme de Loire qui dans les siècles passés écrivit de la poésie. Il convient de déplorer le peu d'écrits attribués à des femmes disponibles en ces temps lointain, comme si les femmes n'étaient qu'amante ou princesse.



L'Amour



Passer ses jours à désirer,
Sans trop savoir ce qu'on désire ;
Au même instant rire et pleurer,
Sans raison de pleurer et sans raison de rire ;
Redouter le matin et le soir souhaiter
D'avoir toujours droit de se plaindre,
Craindre quand on doit se flatter,
Et se flatter quand on doit craindre ;
Adorer, haïr son tourment ;
À la fois s'effrayer, se jouer des entraves ;
Glisser légèrement sur les affaires graves,
Pour traiter un rien gravement,
Se montrer tour à tour dissimulé, sincère,
Timide, audacieux, crédule, méfiant ;
Trembler en tout sacrifiant,
De n'en point encore assez faire ;
Soupçonner les amis qu'on devrait estimer ;
Être le jour, la nuit, en guerre avec soi-même ;
Voilà ce qu'on se plaint de sentir quand on aime,
Et de ne plus sentir quand on cesse d'aimer.





Le Besoin d'aimer

Pourquoi depuis un temps, inquiète et rêveuse,
Suis-je triste au sein des plaisirs?
Quand tout sourit à mes désirs,
¨Pourquoi ne suis-je pas heureuse?

Pourquoi ne vois-je plus venir à mon réveil
  La foule des riants mensonges?
Pourquoi dans les bras du sommeil
Ne trouvé-je plus de doux songes?

Pourquoi, beaux-arts, pourquoi vos charmes souverains
N'enflamment-ils plus mon délire?
Pourquoi mon infidèle lyre
S'échappe-t-elle de mes mains?

Quel est ce poison lent qui pénètre mes veines,
Et m'abreuve de ses langueurs?

 Quand mon âme n'a point de peines,
Pourquoi mes yeux ont-ils des pleurs ?

 


 

À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

  Partir À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ? Ces éternels prisonniers de leurs entraves Ils ont pour seules v...