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mercredi 20 décembre 2023

Dans un livre

 

Dans un livre





Quelques mots qui deviennent des phrases

Et une histoire prend forme sous vos yeux

Vous voilà marin sur la mer d’Iroise

ou bien preux chevalier aventureux


L’épopée devient votre compagne

Vous combattez de terribles dragons

Pour les vaincre vous battez la campagne

Avant de les noyer dans un lagon


Une bergère tombe sous votre charme

Vous l’avez sauvée des griffes du loup

La belle demoiselle essuie quelques larmes

Avant de se pendre à votre cou


Poursuivant votre périlleux chemin

Il vous faut franchir le grand Océan

Vous devenez un courageux marin

Pour affronter pirates et ouragans


Lorsque soudain au milieu des flots

Une sirène vous invite à la suivre

Hélas ce n’est qu’un vilain cachalot

Et non pas la merveilleuse Vouivre


Trompé par cette étrange confusion

Vous nagez vers ce mirage hors d’haleine

Quand emporté par un grand tourbillon

Vous êtes avalé par une baleine


Croyant votre dernière heure arrivée

Vous ne vous imaginez pas survivre

Mais au terme d’une folle soirée

Vous refermez cet étrange livre


Quelques mots qui deviennent des phrases

Une histoire se déroule sous vos yeux

Vous voilà marin sur la mer d’Iroise

ou bien preux chevalier aventureux

•••

samedi 16 décembre 2023

Le sauvage blanc

 

Narcisse.




Quelque part en Bretagne

Un petit gars embarqua

On lui promit le bagne

Il récolta mieux que ça


À quinze ans il se fit mousse

S'embarquant sur le Saint-Paul

Il n'avait pas tant la frousse

Que des fourmis aux guiboles

En trois ans sur l'Océan

Découvrant les mers australes

Il fit des pas de géants

Se rêvant vite amiral


Hélas un jour de déveine

On l'oublia sur une île

Au tout début de sa peine

Ne se faisait pas de bile

Les années passèrent ainsi

Sans qu'il vît la moindre voile

Avec ses nouveaux amis

Il vivait sous les étoiles


Des sauvages qu'on nous dit

Allant nus sous le soleil

Lui offrirent une autre vie

Dans ce pays des merveilles

Il y eut femme et enfants

Oubliant tout du passé

Il vivait tranquillement

Toute mémoire effacée


Le temps s'écoula ainsi

Au rythme bien différent

De celui qu'on mène ici

Le paradis sûrement !

Quand bien des années plus tard

Un bateau vint débarquer

On le découvrit hagard

Il venait d'être sauvé


C'est ce que pensaient ceux-là

Qui lui tendirent la main

Pour qu'ainsi il embarqua

Et qu'au pays il revint

Jamais il ne retrouva

Le plaisir laissé si loin

C'est sûrement pour cela

Qu'il redevint un marin …


Quelque part en Bretagne

Un p'tit gars embarqua

On lui promit le bagne

Il retrouva mieux que ça

•••


Parler, c'est comme mourir…





Il me prend l'envie de m'emparer d'un livre : « Ce qu’il advint du sauvage blanc » de François Garde aux éditions Folio, pour en raconter son histoire. J'espère que je vous transmettrai l'envie de sa lecture sans trahir ni le récit ni l'auteur.


Il s'appelait Narcisse, né à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, il était le cadet d'une grande fratrie. Ce qui lui laissait que peu de chance de rester au pays. Son père, modeste sabotier, ne pouvait transmettre son métier qu'à son aîné. Narcisse étant de trop en ces temps difficiles d'avant la Révolution. Seuls les métiers de la mer ou ceux de la guerre pouvaient lui offrir une modeste place au soleil.


Narcisse n'avait pas quinze ans quand il embarqua à bord du Saint-Paul, un bâtiment qui allait faire commerce vers les lointaines terres australes. Simple mousse au début, il franchit rapidement les échelons avant de devenir un barreur d'exception et un marin aussi solide que bon camarade. Trois années plus tard, il ne connaissait plus que la rumeur de la mer et parfois les aventures sordides des tavernes à marins pour de trop brèves escales.


Que gardait-il en mémoire de son enfance vendéenne ? Un effacement progressif puisque sa vie désormais serait la haute mer et la promiscuité du navire. C'est du moins ce qu'il croyait quand, en ce jour, le Saint-Paul avait tenté escale délicate sur une petite île pour y quérir de l'eau. Les malades à bord avaient besoin de boire une eau plus pure que celle qui croupissait dans les barriques.


Narcisse accosta à bord d'une chaloupe avec quelques camarades et le second-maître qui dirigeait les opérations. A terre, prétextant la recherche d'une source pour aller plus avant dans l'exploration, tout en se dégourdissant les jambes, il alla trop loin, insouciant du temps qui passe…


Quand il revint sur la plage, plus de chaloupe ! Ses camarades avait rejoint bien vite le Saint-Paul ; la baie était peu profonde, la marée risquait de faire échouer le navire. Narcisse s'en voulut d'être allé seul à l'aventure sans toutefois s'inquiéter outre mesure. Le capitaine n'abandonnerait pas un homme et demain au plus tard, il renverrait une chaloupe à sa recherche.


Dix-huit ans, Narcisse attendit dix-huit longues années ! La durée même de sa vie d'avant. Sa vie qu'il avait laissée du côté de Saint-Gilles et dont il avait voulu tout oublier. Il avait trouvé une autre famille, des compagnons qui allaient nus sous le soleil et partageaient une vie si différente. Après la surprise puis l'effroi de leur rencontre, il s'acclimata, apprit une langue étrange aux sonorités bizarres et fonda sans doute une famille, même si cette notion paraissait étrangère à son nouveau peuple.


Narcisse n'était plus. Il était devenu un sauvage blanc, celui qui avait cette étrange particularité de rougir sous le soleil. Il oublia sa langue, se fondit dans les coutumes de ceux qui lui avaient offert leur hospitalité. Il était des leurs sans distinction aucune, portant les mêmes tatouages, les mêmes parures et la même nudité impudique.


C'est sur cette même plage que dix-huit années plus tard, celui qui n'était plus tout à fait Narcisse s'approcha d'une chaloupe anglaise venue faire en cette île paradisiaque une petite halte. Pourquoi avait-il fait cette démarche ? Pourquoi monta-t-il de lui-même dans la frêle embarcation ? Il ne pourra jamais expliquer cet étrange comportement.


Jeune breton, il avait fait le chemin inverse ! Sauvage blanc il abandonnait ce qui était devenu son destin. Il s'embarquait pour une nouvelle aventure … Les Anglais ne surent que faire de ce passager, incapable de comprendre leur langue ni même de se conduire de manière conventionnelle. Il fut bien vite abandonné à Sidney où il déconcerta tout le monde. Comment traiter celui qui, bien que blanc, se comportait comme un homme primitif, un étrange aborigène venu d'ailleurs ? En cette époque les préjugés jouaient en sa défaveur. En serait-il différemment aujourd'hui ?


Hasard ou destinée, un Français, égaré en ces terres lointaines, croisa la route du gouverneur qui lui présenta Narcisse. Celui qu'on avait jeté dans une prison faute de mieux, réagit à quelques mots prononcés en français par ce visiteur. Le gouverneur saisit l'occasion de s'en débarrasser en le confiant à un compatriote supposé. Cet homme avait quelques prétentions scientifiques, il se mit en tête de déchiffrer l'énigme qu'était devenu ce sauvage blanc. C'est de lui que nous savons le peu que je vous livre de cette histoire.


Narcisse et son ange gardien pour rentrer en France durent s'embarquer pour l’Angleterre. Durant ce long voyage, le navire essuyant une terrible tempête, se trouva en perdition. Narcisse dans la panique générale s'empara de la barre et sauva l'équipage. Il avait donc été marin... Il finit par rentrer en France, son ange gardien lui ayant, petit à petit redonné la maîtrise de sa langue maternelle.


Il finit par se souvenir de sa famille et se rendit retrouver les siens. Ils ne lui firent cependant pas un excellent accueil ; en effet, quelques aspects de son comportement n'étaient pas ceux d'un bon chrétien de souche. Son histoire cependant ayant défrayé la chronique, les gazettes en parlèrent et cela éveilla la curiosité de l'impératrice en personne qui le reçut en grande pompe.


Devant cette belle et noble dame, dans un décor fastueux, celui qui fut le sauvage blanc dévoila à son corps défendant sans doute, une partie de son mystère. Subjugué par la solennité de la réception, il se lança dans quelques confidences. « Sur mon île, je m'appelais Ango, j'avais femme et nous avons eu deux enfants ! » Puis se rendant compte du secret qu'il venait de divulguer, il se tut.


Ce fut son seul aveu. Se tenant davantage sur ses gardes, il scella à jamais l'énigme de ses dix-huit années passées à vivre comme ceux que l'on prétendait ici des sauvages. À l'impératrice qui pestait de n'en savoir pas plus, à son bienfaiteur qui voulait tirer de cette histoire un récit brillant sur les mœurs des sauvages aborigènes, il confia une seule fois cette incroyable recette de survie : « Parler, c'est comme mourir ! »


Lui qui était mort à sa vie d'avant une première fois , lui qui avait perdu l'usage de sa langue maternelle à dix -huit ans, lui qui avait découvert une nouvelle existence, une autre langue, une autre conception du monde et des liens sociaux, il ne voulait rien dévoiler de cette parenthèse incroyable. Parler, c'était faire mourir ceux qu'il avait laissés sur ce coin de terre à l'autre bout du monde. Parler c'était les perdre une seconde fois, lui qui avait déjà perdu ses parents il y a si longtemps sans jamais vraiment les avoir retrouvés .


« Parler c'est comme mourir ». Personne n'en su davantage sur la vie du sauvage blanc. Narcisse après avoir pris épouse et être devenu gardien de phare au pays, un jour, disparut à nouveau, envolé sans laisser de trace. Sans doute reprit-il la mer, ce lieu idéal pour celui qui veut se perdre à lui-même. Pour un conteur tout au contraire, « Parler, c'est offrir une parcelle d'éternité ! » Narcisse méritait bien cette offrande.

 


 




samedi 9 septembre 2023

Là où les poissons passent …

 

Là où les poissons passent …

 




Serions nous donc moins adroits que les mulets

Qui, malgré les innombrables bancs de sable

Sans coup férir, en l’étiage de l'été

Remontent la Loire par tous les diables ?


Nous les tourmenteurs de bien des barriques

Le manque d'eau n'étanchera pas notre soif

Faudra-t-il être plus têtus que bourriques

Ô grand jamais nous n'avalerons notre coiffe


Le chapeau pour nous parer du puissant soleil

Nous emprunterons le sillage des poissons

S'ils passent là, pour nous ce sera pareil

Notre bateau les suivra sans autre façon


Rejoignant nos petits éclaireurs dans les flots

Nous retrousserons bien souvent la culotte

Afin de passer en dépit du manque d'eau

Nous les matelots mais aussi le pilote


L'obstination des mariniers de l'aval

Viendra à bout des plus terribles obstacles

Par la rivière rallieront le Festival

En proposant un formidable spectacle



Comme les mulets nous récolterons ainsi

Comme juste prix pour ce fabuleux exploit

Un triple ban de la part de tous nos amis

Les mariniers de l'amont en seront pantois


La Grande Remontée entrera dans l'histoire

Sans qu'elle ne tourne jamais en queue de poisson

Quant à nos mulets, les héros sans la gloire

Poursuivront leur éternelle migration

•••


 

samedi 26 août 2023

Descendre la Loire en canoë.

 

Conseils d’un béotien pour les néophytes.





Une aventure au long cours en canoë sur la Loire ou un de ses affluents réclame quelques précautions préalables. L’hiver va arriver à propos pour vous laisser le temps de vous préparer à ces vacances originales.


La première consiste dans le choix de votre embarcation. Un compromis entre poids, taille, stabilité et maniabilité s’impose. Chacun trouvera midi à sa porte mais l’essentiel est d’essayer votre futur compagnon de route au risque d’un divorce ou d’un chavirement inopiné. Votre position à son bord doit être confortable, vous allez y passer des heures. À titre personnel, j’ai toujours pensé qu’une rame symétrique avec pagaie était préférable à la pelle du canoë même si en disposer d’une permet de varier les plaisirs. Les spécialistes et les puristes s’insurgeront contre cette hérésie.


Essayer votre canoé ou votre kayak suppose de le faire en conditions réelles avec tout le barda. Ce n’est qu’ainsi que vous jugerez de la faisabilité de votre projet. N’ayez aucune crainte, comme pour les grandes randonnées pédestres, vous embarquez toujours beaucoup trop et vous finissez par vous délester au fil du voyage. Pensez donc à user des conseils d’une personne ayant effectué un raid comme celui que vous envisagez.


Le matériel transporté doit supposer un examen rationnel de la chose. Non seulement il faut des bidons étanches mais vous devez apprendre à les repérer, à organiser un rangement dans cette étrange valise mal commode. Vous devez encore penser à l’amarrage des bidons afin de ne pas les voir disparaître en cas de chavirement. Pour moi, la chambre à air de motocyclette découpée en lanières est l’objet idéal à l’utilisation rapide et efficace.


Autre gros problème, la sécurité de vos trésors. S’éloigner du bateau c’est prendre le risque de tout voir disparaître. Il convient non seulement de trouver une chaîne et un cadenas pour votre destrier mais également un dispositif dissuasif pour les petits larcins. Pour les véritables actes de pirateries, vous serez totalement démunis, le mieux étant de ne jamais trop vous éloigner de votre compagnon.


Ce qui suppose donc des roulettes afin qu’il puisse vous suivre dans un terrain de camping ou bien un passage trop délicat qui nécessite une sortie de l’eau. Là encore le choix est primordial et la qualité en ce domaine très inégale suivant les modèles. À vous de penser la chose solide, efficace et surtout d’une mobilité aisée.


Maintenant, sur l’eau il convient de ne jamais oublier le gilet de sauvetage en dépit de la tranquillité supposée de la rivière. Choisissez un modèle confortable, seyant, capable de vous permettre d’aller dans les villages traversés sans passer pour un extra-terrestre. Ceci est une question d’esthétisme mais aussi de capacité à ne pas être repoussé par les autres.


Les chaussures étanches et sécurisées s’imposent. Aller pieds-nus pour une telle aventure est pure folie. Cailloux, verres, canettes et autres surprises sont là qui attendent sournoisement leur heure. Un pied blessé, c’est la fin du parcours. La crème solaire est également dans l’indispensable panoplie de l’aventurier ligérien. Méfiez-vous des ciels trompeurs et n’oubliez pas non plus les lunettes de soleil qu’il convient d’attacher.


Tout attacher, c’est la règle sinon tout finit immanquablement par tomber à l’eau. Chacun trouvera ses petites astuces qui vous viendront au gré des sorties préparatoires. Le sac à dos étanche est indispensable lui aussi pour avoir avec vous vos trésors personnels : carte bleue, argent liquide, appareil photo, ordinateur ou téléphone.


Maintenant place à la navigation. Ne soyez pas galérien. Donnez-vous un programme qui laisse le temps aux rencontres, à la flânerie et aux visites. Ce n’est pas une épreuve sportive. Six heures de navigation sont assez, au-delà ce n’est plus du plaisir surtout si c’est ainsi des semaines durant. N’oubliez pas non plus que toutes les opérations de la vie quotidienne demandent dans pareille aventure plus de temps, de la toilette aux besoins pressants, des repas aux achats pour le ravitaillement. Un véhicule d'assistance vous simplifiera la vie mais vous fera sortir du cadre aventureux. C’est à vous de voir.


L’hébergement réclame une grande capacité d’adaptation. Des opportunités se présenteront à vous pour un hébergement, une nuit sur une toue, un campement sauvage ou bien une proposition insolite. Il convient de ne pas se couper de tels bonheurs par un plan de route trop rigide. Les campings sont pour autant des points de chute très convenables.


Dormir sur une île n’est pas toujours recommandé ni même autorisé. Vous risquez encore de déranger la faune et de provoquer quelques désagréments. Vos besoins naturels supposent alors respect et organisation. Je doute que chacun soit disposé à faire ce qui convient en ce domaine. Même si le sujet peut prêter à rire, il est fondamental et ne pas y songer c’est devenir à votre tour un souilleur de rivière.


La navigation demande connaissances et prudence. Des guides existent, nous pourrions vous les conseiller mais nous préfèrons que vous alliez vous renseigner auprès d’un club de canoë Kayak. C’est ainsi que vous aurez en plus des conseils bien plus précis que ce bref petit texte. La distance que vous allez parcourir est si grande que bien peu pourront vous enseigner tous les pièges qui seront sur votre trajet. C’est ainsi qu’il vous faudra souvent interroger ceux qui connaissent les lieux.


Le passage des ponts est parfois périlleux. Un repérage s’impose quand ceux-ci sont anciens. N’hésitez jamais à accoster en amont et vous rendre sur le pont pour voir d’en haut ce qui vous attend en bas. Si le passage vous parait trop dangereux, les roulettes vous sauveront la mise car un chavirement dans pareil cas peut tout remettre en cause.


Voilà, vous pouvez préparer votre aventure. Elle mérite d’être vécue. Nous sommes de ceux qui pensent qu’elle mérite d’être réalisée en solitaire. Si vous préférez un compagnonnage, choisissez bien votre ami et disposez d’un bateau chacun. Pensez à votre confort. Bien dormir est nécessaire, pouvoir s'assoir confortablement durant les repas et les pauses aussi. N’oubliez pas de nous raconter votre périple, de partager clichés et sensations, rencontres et anecdotes. Votre voyage deviendra alors une occasion d’évasion pour ceux qui n’ont ni la possibilité ni les moyens de le faire. Le partage sera un cadeau que vous leur ferez.

 

Avalaison ligérienne





Pour qui veut se changer les idées

Rien n'est plus plaisant que d'embarquer

Se laisser guider par le courant

Pour naviguer jusqu’à l’Océan


Un canoë ou bien un radeau

Qu'importe votre embarcation

Tout ce qui flotte ira sur l'eau

Jusqu'à votre destination


Tout au long de ce beau voyage

Faudra se passer de bagage

Les amis de la rivière

Vous recevront sans manière


Intégrant alors la confrérie

Des seigneurs de la rivière

Vous trouverez belle compagnie

Lors de vos pauses portuaires


À toutes les étapes c’est certain

Il y aura un morceau de pain

De bonnes et grasses cochonnailles

Afin de pouvoir faire ripaille


Tout en honorant leur compagnon

Les riverains se feront devoir

De lui octroyer réception

À la hauteur des gens de Loire


Avec dans un panier d’osier

Pour se mettre dans le gosier

Quelques délicieux vins de Loire

Des plus agréables à boire


Il n'est plus belle hospitalité

Que celle des amoureux du fleuve

Reconnaissant en fraternité

L'ami qui affronte l'épreuve


Vous trouverez à n’en point douter

Un bateau où vous réfugier

La pratique de joyeux lascars

Des mariniers, tous grands fêtards


La Loire pour seule compagne

Durant votre longue avalaison

Vous filerez jusqu’en Bretagne

Gardant la ligne de flottaison


Tout au bout de cet aventure

Le cœur gonflé par la nature

Vous reviendrez en votre maison

Avec des histoires et des chansons


L'épopée n'a pas besoin d'ailleurs

L'exotisme s'exprime au quotidien

Pour des souvenirs bien meilleurs

Osez le périple ligérien

•••


 


mercredi 9 novembre 2022

Il voyage dans sa tête

 

Haut et court ...






Il voyage dans sa tête

Depuis sa venue sur terre

Refusant c'est plus honnête

Les promesses délétères

Il rêve ses aventures

En se coupant de ce monde

Pour repousser les morsures

Des illusions infécondes

Il deviendra flibustier

Naviguant sur toutes les mers

Exposant sa vie au danger

Pour vaincre ses adversaires

Sortant toujours victorieux

Lui le prince des chenapans

Un grand capitaine glorieux

La vraie terreur de l'Océan

 



Il saborde les galions

Qui transportent à fond de cale

Du bois d'ébène, quel jargon

Pour nommer de pauvres diables

Commerce de la noirceur

Pour le marin des opprimés

Qui se fera un point honneur

En leur rendant la liberté

 



Il pille tous les navires

Revenant du nouveau monde

Comme d'étranges vampires

Cavés d'richesses immondes

Il redistribuera alors

Aux plus humbles tout son magot

Simple redresseur de tort

Tel un justicier des flots




Il terminera son parcours :

Le point d'orgue de son destin

Jugé par une haute-cour

Pour ses innombrables larcins

Condamné alors à mort

Lui qui chérit l’existence

Au beau milieu de ce port

Là où se dresse la potence 

 



Il voyagea dans sa tête

Tel un vertueux corsaire

Repoussa, c'est plus honnête

Les promesses délétères

Il rêva ses aventures

En s'évadant de ce monde

Pour repousser les morsures

Des illusions infécondes


 

samedi 10 septembre 2022

Quelque part en Bretagne, un petit gars embarqua

 

Narcisse.






Quelque part en Bretagne

Un petit gars embarqua

On lui promit le bagne

Il récolta mieux que ça


À quinze ans il se fit mousse

S'embarquant sur le Saint-Paul

Il n'avait pas tant la frousse

Que des fourmis aux guiboles

En trois ans sur l'Océan

Découvrant les mers australes

Il fit des pas de géants

Se rêvant vite amiral


Hélas un jour de déveine

On l'oublia sur une île

Au tout début de sa peine

Ne se faisait pas de bile

Les années passèrent ainsi

Sans qu'il vît la moindre voile

Avec ses nouveaux amis

Il vivait sous les étoiles


Des sauvages qu'on nous dit

Allant nus sous le soleil

Lui offrirent une autre vie

Dans ce pays des merveilles

Il y eut femme et enfants

Oubliant tout du passé

Il vivait tranquillement

Toute mémoire effacée


Le temps s'écoula ainsi

Au rythme bien différent

De celui qu'on mène ici

Le paradis sûrement !

Quand bien des années plus tard

Un bateau vint débarquer

On le découvrit hagard

Il venait d'être sauvé


C'est ce que pensaient ceux-là

Qui lui tendirent la main

Pour qu'ainsi il embarqua

Et qu'au pays il revint

Jamais il ne retrouva

Le plaisir laissé si loin

C'est sûrement pour cela

Qu'il redevint un marin …


Quelque part en Bretagne

Un p'tit gars embarqua

On lui promit le bagne

Il retrouva mieux que ça



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À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

  Partir À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ? Ces éternels prisonniers de leurs entraves Ils ont pour seules v...