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mardi 28 novembre 2023

Des cœurs sur la cale

 

Des vies au mouillage

 


 





Des vies au mouillage

Des cœurs sur la cale

La fin du voyage

Leur ultime escale

.


D’abord il y’a les vieux

Assis au bord de l’eau

Qui regardent les bateaux

Ce qui les rend heureux

Se souviennent du bon temps

De leurs folles années

Passées à naviguer

Sur ce bel océan

Ils revoient les amis

Ceux qui les ont quittés

Ceux qui se sont noyés

Et non plus de soucis

Se disant  maintenant

Nous serons les prochains

À partir c’est certain

Au pays des gisants



.


Il y a la plus vieille

Celle qu’a perdu son homme

Pour une bouteille de rhum

Une nuit sans sommeil

Un départ sans retour

La laissant sur le quai

Tandis qu’elle se pâmait

Du plus parfait amour

Lui préféra alors

La grande étendue bleue

La mer et tous les cieux

De ses côtes d’Amor

N’est jamais revenu

Elle a passé sa vie

Scrutant toutes les nuits

L’horizon et la nue


.


Il y a les oisifs

Qui s’ennuient sur le quai

Qui ne vont plus pêcher

Au delà des récifs

Ils sont pris dans la nasse

D’un métier sinistré

D’une passion oubliée

Dans les rêves d’une barquasse

Ils traînent leur misère

Le regard dans le vague

Riant d’une bonne blague

En buvant une bière

Ils sont privés d’espoir

Cloués sur la jetée

Sans jamais embarquer

Leur avenir est noir


.


Et puis il y’a Olga

Qui a donné son corps

À tous les gars du port

Les serrant dans ses bras

Pour quatre petits sous

Échangeant leur détresse

Contre une tendresse

Qui ne vaut pas un clou

Quand ils l’avaient séduite

Ils filaient sans un mot

Pour la fille de l’eau

Qu’ils oubliaient bien vite

Elle pleure tous ses baisers

Donnés sans désir

À ces gars du plaisir

Qui l’ont tous méprisée


Des vies au mouillage

Des cœurs sur la cale

La fin du voyage

Leur ultime escale

.

mardi 15 août 2023

Femmes de Loire : Véronique Popinet

 

Véronique Popinet 

Un regard sur les ligériens 




L’évocation du fleuve Loire renvoie communément aux « châteaux de la Loire », et aux « sources de la Loire » : images emblématiques, références incontournables et immuables des guides touristiques et des manuels scolaires. Et entre les sources en amont et le Val de Loire en aval, qu’y a-t-il ? La Loire comme « dernier grand fleuve sauvage » ne se résume pas à son histoire passée ? Le fleuve est pourtant bien habité de ligériens qui aiment et vivent la Loire.…




Véronique Popinet, photographe, et Thierry Moulat, phonographe, sont allés à la rencontre des hommes et des femmes qui vivent et travaillent en bord de Loire, partant du constat que la Loire est en général appréhendée sous ses aspects environnementaux ou techniques, mais rarement sous l’angle social. Véronique Popinet a voulu aussi aller à la rencontre d’une « autre Loire » dans sa région natale, le bassin roannais, et rapporter des images plus contemporaines et familières de ce fleuve et de la vie sur ses rives. Les auteurs tentent de comprendre les liens, s’ils existent, entre les habitants et leur fleuve, proche et lointain à la fois, à travers les usages. Questionner aussi notre identité ligérienne et au-delà, le rapport actuel de l’homme au fleuve.



Véronique Popinet a longé à pied ou en voiture les rives de cette Loire trop peu connue. Elle y a rencontré des pêcheurs, observateur de castors, pompiers plongeurs, promeneurs, horticulteur, ouvrier, agriculteur, chasseurs, technicien, vannier, ados en scooter, jardiniers, simples riverains… qui ont bien voulu poser pour elle. Chaque jour pendant un an, elle a aussi photographié son paysage ligérien et projette de lancer un "observatoire participatif des paysages" des bords de Loire à partager en ligne avec des riverains.



L’exposition « Portraits de Loire » a connu un vif succès au Cloître des Cordeliers à Saint Mizier-sous-Charlieu l’été dernier. L’association Fleuve de Loire Fertile cherche des lieux pour la proposer à l’admiration des ligériens. Exilée du côté de Roanne, il n’est pas simple de se faire connaître sur le parcours aval de la rivière, Rendez-vous au Parle-Loire se fait ainsi le porte parole de l’association et de sa photographe.



Véronique Popinet inscrit son travail dans la lignée humaniste du reportage social et du documentaire. Le but est de tenter de voir, et de donner à voir, la société de l’intérieur, au-delà d’une vision folklorique, exotique ou ethnocentrique, même si l’influence de sa propre culture et de ses expériences est nécessairement présente. Ses reportages sont d'abord sociaux. Ses sujets de prédilection sont les gens «ordinaires» (ordinaires dans une société donnée), dans la vie de tous les jours et de préférence en bord de Loire. Sa photographie est porteuse de sens plus que d'esthétique.


 

Sur le terrain, elle ne photographie pas des modèles ou des personnages mais des individus avec lesquels elle a au préalable établi des rapports authentiques. Son appareil photo ne doit pas installer une distance dans la relation. Elle joue franc jeu : «la photo ? c’est mon métier».

Le dialogue peut alors s’engager afin que reconnaissance et confiance soient réciproques. Elle participe, partage le même espace, la même activité. Entre l'opérateur et son sujet, la présence intrusive de l’appareil photo doit s’estomper. Cette attitude interactive, à la fois discrète et participante, lui permet de retrouver la spontanéité d’une scène, d’une expression prise sur le vif, tout en respectant la personne et son droit de dire non.


 

Son ouvrage « Portraits de Loire, récit d'un bord de fleuve » fait d'elle indubitablement une femme de Loire. Elle est allée à la rencontre des hommes et des femmes qui vivent et travaillent en bord de Loire, partant du constat que la Loire est en général appréhendée sous ses aspects environnementaux ou techniques, mais rarement sous l’angle social. L’auteure a rencontré une « autre Loire » dans sa région natale, le bassin roannais. Elle questionne ainsi notre identité ligérienne et nos rapports d'humains avec le fleuve. Elle a toute sa place dans ce présent ouvrage.



 

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