lundi 2 octobre 2017

Enfant de Loire ...


Enfant de Loire ...



Nous les enfants nés en bord de Loire, nous avons grandi parmi les poissons, les légendes et les oiseaux de nos rives. Nous avions toujours avoir un œil sur le fleuve, ses variations, ses petits chemins qui nous offraient de délicieuses cachettes. La Loire devint notre confidente, nous lui confiions nos chagrins, nos peines et nos bonheurs ! Elle fut le témoin de tant de scènes intimes qu’elle scella à jamais nos secrets. 

 

La Loire fut notre gardienne, elle veillait sur nous durant les vacances et les jours de congés. Elle était une merveilleuse amie en dépit des pièges et des dangers qu’elle recèle Discrète, elle n'ira jamais répéter ce qu'elle surprit dans dans ses bosquets, sur les plages de ses îles, dans les creux de ses digues. Elle nous cacha, nous protégea, nous dissimula. Elle se fit bienveillante à tous les amoureux qui cherchaient la douce discrétion de ses berges. Elle offrait à tous un territoire de liberté où nous pouvions tout à loisir chanter, boire, rire et dormir loin de nos parents.



Nous avons grandi et elle reste à jamais notre repère, notre compagne, notre passion. Ses colères, ses emportements, ses douceurs, ses langueurs, ses souffrances et ses errances sont autant de sujets d’inquiétude pour les gens des bords de la rivière. Ils la scrutent, inquiets ou bien émerveillés, ils surveillent ses écarts, ses sautes d’humeur, ils craignent ses emportements, ils s'impatientent de la voir mince filet d’eau durant l’été.


Elle se donne à nouveau à nos passions batelières. Nous nous glissons dans son lit, nous laissant porter par ses flots pour admirer à satiété le plus grandiose des spectacles. Ses lumières n'ont de cesse de changer, l'eau se pare de mille et une nuances, la berge se teinte de tous les reflets d'argent et d'or que l'on peut imaginer. Le ciel se mire en elle, fusionne avec elle pour magnifier un décor féérique.


La vie y devient spectacle. Les oiseaux y font la ronde en se sachant admirer. Ils sont en leur domaine. Ses berges sauvages offrent une myriade de cachettes, une multitude de niches bienfaitrices. Vous découvrirez, si vous prenez le temps de la flânerie, des nués de compagnons ailés, petits ou grands, d'eau ou bien de ciel, chasseurs ou pêcheurs, plongeurs ou planeurs.


Les poissons en ce territoire reviennent en nombre. Ils retrouvent à nouveau une eau fréquentable. Les hommes ont cessé d’y déverser leurs immondices. Il n'est pas un instant où la vie aquatique ne se signale, d'un plongeon ou de quelques remous, d'une reflet qui passe, d'une trainée qui se propage. Nos amis les castors sont revenus vivre en leur domaine. S’ils se font discrets c’est en suivant leurs traces que vous parviendrez à les pister. Les ragondins sont moins prudents et se laissent facilement observer.


La flore participe à la fête, laissez vous surprendre par sa diversité, ses couleurs et ses senteurs. Le vent se glisse dans les feuilles, elles bruissent, pleurent, chantent, murmurent selon sa force et sa direction. Vous serez enchantés ou envoutés,admiratifs mais un peu attrapé de ne savoir pas nommer toutes ces merveilles. Alors, vous vous contenterez de les admirer.


Venez en bord de Loire, suivez la remontée du Saumon qui passe devant chez vous ou le Festival de Loire. Le spectacle est magnifique ; quelques nostalgiques d’un passé révolu refont vivre la marine d’antan. Prenez date avec eux, venez à leur rencontre afin qu’à votre tour deveniez un enfant du fleuve.

Invitationnement vôtre. »


Merci à AB Photographe Région Centre


Ce texte est un extrait du roman
Règlement de Conte sur la Loire

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dimanche 1 octobre 2017

Le Bonimenteur au falot



La fable de toutes les fables.



Il était une fois un Ligérien qui, de par la rivière, allait son chemin en quémandant histoires et récits, témoignages et anecdotes. Il faisait son miel des aventures marinières, de l'histoire et des légendes qui parsèment notre Loire. Ne reculant devant aucune menterie, il brodait autour de quelques vérités qui finissaient immanquablement par devenir des mensonges à sa façon.

Il se fit, tour à tour, compagnon de Merlin, barde gaulois, ermite de la grotte Béraire, jeune mousse partant à l'aventure, marin revenant de l'enfer, historien approximatif ou tourneur de phrases alambiquées. Il cheminait d'un pas tranquille en suivant les rives, passant de l'une à l'autre pour humer l'air du temps et l'esprit de l'eau.

Le falot fut son blason, non pas qu'il en eût à ses armes ; il était bien trop maladroit pour disposer d'un bateau : l'expérience avait tourné au fiasco et failli virer au drame ! Non, tous les bateaux seraient les siens pourvu qu'il n'y fût que passager bavard et équipier qui ne fît aucun nœud. Le falot éclairait son chemin d’une flamme vacillante qui lui convenait bien 





Il se contenta d'un bateau de mots transportant quelques barriques de musique. Là encore, il ne connaissait guère la chanson, se contentant d'en écrire quelques paroles en suivant l'aiguille d'une boussole qui avait perdu le nord. Les vers de ce manant aux pieds nus ne pouvaient qu'être bancals. Qu'importe, puisqu'il fit de son double : un certain Nabum, un personnage de foire, le bouffon des cales, des tavernes et du pierré.

Ses écrits allaient au vent ou bien se laissaient glisser sur la rivière. Allant vers l'amont ou descendant vers l'aval, ils touchaient quelques oreilles. La vague lui fit bon accueil et d'autres surfeurs, ailleurs de par le monde, aimèrent à leur tour, la Loire et ses Ligériens. Vaste ambition qui n'était pas que la sienne, mais celle, partagée, d'une joyeuse bande de farfadets et de coquins, amateurs, avant tout, de vins de Loire et de bonne ripaille.

Arrière-petit-neveu de Rabelais, il descendait de la cuisse gauche de Galifon, le cousin germain de Gargantua. La farce était son domaine, le rêve son pays. Il fit tant et si bien qu'une oie vint voleter autour de lui et le pria de lui prendre quelques plumes afin de coucher ses délires sur un parchemin relié. Les Boniments du falot allaient naître de l'union improbable de la déraison et de sa passion Loire


Il allait avoir son double gravé sur le marbre. Une manière un peu prématurée, sans doute, d'entrer dans l'autre monde par une petite porte dérobée. Il y alla à reculons, doutant qu'on puisse perdre son temps à lire ses sornettes. C'est Méphistophélès en personne qui le reçut de l'autre côté du Styx. Il y avait belle lurette que Saint Nicolas, Saint Clément et Sainte Catherine ne voulaient plus entendre parler de ce diable de mécréant !

Un capitaine, autrefois l'avait poussé à raconter ses histoires ; leur aventure avait tourné court comme bien souvent sur la Loire. Certes, le risque est grand d'un nouveau naufrage et nous pouvons douter que nos deux lurons soient couverts par la moindre assurance. Je sais le cliché éculé ; il faut bien savoir se jeter à l'eau quand on est Ligérien de naissance …

Les Bonimenteries sont sans doute le mariage improbable de la carpe et du garenne, de la Loire et de l'Histoire, du récit et du mensonge. Si vous souhaitez participer à cette aventure, sachez que le risque est grand de n'y rien comprendre, de vous noyer sous le flot de mots tordus et abscons, tout droits sortis d'un muid ou plus sûrement d'un foudre mis en perce par temps d'orage. Vous aurez été prévenus ; faites ce que bon vous semble mais, si d'aventure vous tentez, à vos risques et périls, la lecture des contes sur ce blobg, n'oubliez pas-précaution indispensable : votre survie est à ce prix - de vous munir, de deux ou trois pichets d'un bon petit vin de chez nous ! C'est la plus sûre manière de supporter la redoutable épreuve.

Avertissement vôtre.




À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

  Partir À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ? Ces éternels prisonniers de leurs entraves Ils ont pour seules v...