vendredi 21 août 2020

Une hirondelle sans ambages


Comment faire son trou ?


Une hirondelle, oiseau très volage
Ne voulant pas se trouver en cage
Pour continuer de vivre son destin
Se mit en demeure de fuir les humains



Adieu fermes, étables ou bien granges
Partout où la pauvrette les dérange
Interdisant ce fameux colmatage
Qui de la chaleur fait son otage



Pour sa survie, il fallait dans l’instant
Dénicher un refuge pour le printemps
C’est en survolant la rivière
Qu’elle trouva où pendre sa crémaillère



La berge offre ainsi un refuge
Voilà un excellent subterfuge !
De son bec, dans la falaise fit son trou
« Ici sera notre merveilleux chez nous »



La femelle invita son compagnon
« Viens me rejoindre dans notre maison »
Sans plus attendre et sans bagage
Elle devint hirondelle des rivages



De cette histoire il nous faut convenir
Que les humains ne prêtent pas à sourire
À se couper sans cesse de la faune
Ils préparent une planète atone



Si l’hirondelle ne fait pas le printemps
Elle lui accorde son charme pourtant
S’en priver ainsi pour toujours serait
Pire qu’une faute un affreux forfait



Sur la planète sans nulle hésitation
Les bipèdes sont cause de dévastations
« Cessez dans l’instant tous vos ravages ! »
L’hirondelle nous adresse ce message


jeudi 20 août 2020

Chemins de traverse


Chemins de traverse




J’aimerais vous narrer ma misère en c’monde
Espérant y aura quelqu’un pour m’écouter un peu
Mais pour sûr personne ici saura me réponde
J’avons m’tourner vers l’gars Gaston, nom d’Dieu
Lui qu’a poussé pareil à d’la mauvaise graine
Qu’a tourné si mal qu’n’a ren pu donné
Moi tout pareil à lui je me démène
Comme un mauvais diable qu’a mal tourné



Quand j’étions tchiot gamin, mon maître d’école
M’a battu comme plâtre pour j’écrive au dret
J’me suis mis à l’ouvrage d’un main si main molle
Qu’j’avons toujours eu des nèfles sous sa dictée
M’a fait copier à plus soif des lignes
Sans qu’jamais j’ai su comprendre
Ces règles et exceptions indignes
Qu’à coups de triques fallu apprendre



J’avions des histoires plein la tête
Un jour j’ai cessé d’les garder dans ma caboche
Qu’importe si la forme en est défaite
J’vons les offrir aux gentils p’tis mioches
J’f’rons pas des livres par brassées
Les mots sont trop lourds avec du plomb
Ma langue suffira pour les faire voyager
Pour tous ceuses qui aiment écouter les larrons



Y’en a ben encore qui m’j’ttent la pierre
Me montrent au doigt comme un mauvais gars
Parce qu’j’m gausse d’monsieur not’ maire
Qu’j respecte en rien tous nos magistrats
Quand j’fons des ment’ries c’est ti unee’honte
J’les tourmente ces pauv’es bourgeois
La rancune au cœur me régl’ront mon compte
C’est sûr qu’ça les mettra tous en joie



Ce qui me console de toutes ces misères
Quand j’irons rejoindre le gars Couté
Y’aura ben queuuque homm’d’afffaire
Pour s’accaparer tout c’qu’j’ai bavé
Découvrant que j’avais dans la cervelle
De quoi faire du blé par grandes brassées
Enfin me l’a bailleront belle
Ceux qu’ont ren fait qu’à m’débiner



S’peut alors que là où qu’jsuis né
Leur vienne l’idée d’poser une plaque
Tandis monsieur not’ bon député
Fera discours d’vant la baraque
Déclarant qu’c’était ma gloire
D’avoir toujours voulu conter
Savent faire d’sacrées belles histoires
Ces canailles qu’ont trop ben tourné

Photographies à La Paillote d'Orléans
Patrick Pommier et Clodelle Claudine 

Vendredi 21 août
Gérard Denis &  Nabum
La Capitainerie de Meung sur Loire
Bœuf gourmand à la guinguette
19 h 30


À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

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