samedi 23 septembre 2017

Tu te laisses couler


Tu te laisses couler



Tu te laisses couler
Tu finis par sombrer
Oubliant les virées
Effaçant le passé

Depuis le temps que nous étions ensemble
Des années à partager tous nos rêves
De si grands voyages qui nous rassemblent
De belles bordées sans repos ni trêve
Puis un matin, tu as jeté l'éponge
As repoussé de nouvelles histoires
C'était bien étrange refus j'y songe
Nous aurions dû nous en apercevoir

Tu te laisses couler
Tu finis par sombrer
Oubliant les virées
Effaçant le passé

Soudainement tu as viré de bord
Rêvant de filer sur ta propre route
Tu t'es égaré, t'as perdu le nord
Tu vas tant nous manquer sans aucun doute
Tu n'as même pas déclenché l'alarme
Pas le plus petit signe de détresse
Tu t'es résigné à ce prochain drame
Sans même nous lancer un SOS

Tu te laisses couler
Tu finis par sombrer
Oubliant les virées
Effaçant le passé

Des lézardes sont apparues en toi
C'est alors que tu partis en quenouille
Lorsque tu ne fus plus fait de ce bois
Qui évitait que nos pieds ne se mouillent
Tu as coulé sans un dernier regard
Tu as disparu par un triste soir
Nous laissant soudain hébétés hagards
Perdus au beau milieu de notre Loire

Tu te laisses couler
Tu finis par sombrer
Mon pauvre vieux bateau
Hélas au fond de l'eau !



vendredi 22 septembre 2017

Ceux d'la rivière...


Ceux d'la rivière...


Nous sommes les crève-la-faim
Gagne-petit, pauvres misères
Tout juste des bons à rien
Trimant au bord de la rivière
Que les marchands au ventre gras
Exploitent jusque z'à la trogne
Se nourrissant sur nos gros bras
Et sans pitié et sans vergogne

Nous sommes les cht'iots calfats
Les besogneux dessus le quai
Passant le goudron et la poix
Plus méprisés que vos laquais
Un travail juste pour les chiens
Que l'on paie d'un os à ronger
De quelques miettes de pain
Avant de nous donner congé

Nous sommes aussi les portefaix
Les costauds au pied des bateaux
Pour soulever tous vos effets
Et les porter sur les chariots
De nos vieilles mains calleuses
Nous soulevons ces lourdes charges
Que vos moqueries si honteuses
Alourdissent encore davantage.

Nous sommes encore les gobeux
Les haleurs du bout de nos ponts
Tirant aussi fort que des bœufs
Les trains de bateaux vers l'amont
La bricole nous scie les reins
Nous luttons contre le courant
Pour empocher just' trois fois rien
À la santé des commerçants

Nous sommes les tireux de sable
Et nous puisons dans la rivière
Les précieux grains si friables
Qui bâtissent votre chaumière
Tous les jours au milieu des flots
La queue de singe dans les mains
Nous remplissons notre bateau
En un labeur fort peu humain

Nous sommes les crève-la-faim
Gagne-petit, pauvres misères
Tout juste des bons à rien
Trimant au bord de la rivière
Que les marchands au ventre gras
Exploitent jusque z'à la trogne
Se nourrissant sur nos gros bras
Et sans pitié et sans vergogne


Chanson de Bâbord-Tribord
Festival de Loire 2017

Musique Dan Grall
Paroles C'est Nabum 

Peintures de Messemin 

À quoi rêvent les bateaux qui restent à quai ?

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